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À La Une - Rencontre

Pour Hala Kawtharani, écrire c’est contrer le temps...

« Écrire. Depuis toujours j’ai voulu écrire » dit Hala Kawtharani, romancière de trente-cinq ans, épouse et mère de deux enfants. Aujourd’hui, elle publie son troisième récit, toujours un hymne et une interrogation à Beyrouth. Un récit qui a pour titre « Ali al-Amricani »* (Ali l’Américain, éditions al-Saqui, 174 pages). Rencontre pour parler fiction, littérature et réalité.

Kawtharani: « Les lieux m’habitent plus que je n’habite les lieux... »  (Michel Sayegh)

Un rideau de cheveux à la Françoise Hardy à ses débuts, des traits fins, un regard mobile, une silhouette fine et un pull-over noir. Éditrice en chef du magazine féminin Laha, diplômée en sciences politiques et littérature arabe de l’AUB, Hala Kawtharani avoue sans détours sa passion pour les lettres. Depuis longtemps. Elle en sourit comme pour une formule consacrée ou d’une complicité qu’on ne saurait cacher.
Originaire du Liban-Sud (Zahrani-Marwanié), elle confesse avoir aimé très tôt les livres. À travers les lectures d’une riche bibliothèque familiale d’abord: Mahmoud Darwich, Gibran, al-Moutanabbi, Naguib Mahfouz et, bien sûr, actuellement, la littérature étrangère dont Elif Shafak, Amélie Nothomb, Orhan Pamuk... Par ailleurs, la musique, ses cadences, ses mélodies, ses soupirs (qu’on retrouve toujours dans l’écriture d’un auteur) ne lui sont pas étrangers. Dans la case des favoris, Astor Piazzolla, Diana Krall et Bach.
Ses deux premiers romans, Al-Ousbou3 al-Akhir (La dernière semaine) et Studio Beyrouth, retracent l’éclatement, l’instabilité, l’insécurité et la frénétique mouvance de la capitale libanaise. Une ville tentaculaire qui n’a pas fini d’intriguer, de méduser, de séduire et de terrifier une jeune femme qui a quand même en mémoire quelques grands éclats et chambardements d’une «médina» pas comme les autres.
«Et ce troisième roman, dit-elle, est comme une suite aux deux autres avec, toutefois, des thèmes nouveaux qui viennent se greffer sur l’image de Beyrouth. Des thèmes divers, dont la quête pour une identité et la notion d’appartenance. Notamment celle de Ali, qui rentre d’Amérique après un long exil. Est-il américain ou libanais? Où se situe sa réalité? Nombreuses interrogations dans ce récit sans qu’il n’y ait forcément des réponses! Il y a aussi le rapport à la mère, à l’amour, à la tendresse qu’on porte aux lieux familiers, à ceux de l’enfance. Cette obsession des lieux, je la vis avec intensité. Les lieux m’habitent plus que je n’habite les lieux...»
Pour ce récit, à travers une narratrice du nom de Chirine Darwich, en psychologue avisée l’auteur fouille les êtres et livre lentement et progressivement le vrai visage de ses personnages au gré des pages. À travers une langue arabe fluide, simple, loin de toute recherche inutile, mais avec maîtrise de la syntaxe et concision dans les phrases. Phrases courtes, nerveuses, sans oublier, toutefois, un lyrisme de bon aloi saupoudré d’un grain de poésie. De toute évidence, il y là un amour des mots, un attachement à la musicalité du verbe, un sens pointu d’une composition qui se veut avant tout littéraire. Et pourquoi donc écrit Hala Kawtharani?
«J’écris pour contrer le temps qui passe. Pour une sorte de résistance. Pour dire que je suis là et que je fais quelque chose... D’ailleurs, je me lève très tôt pour écrire. Avec mes obligations professionnelles et familiales, j’essaie de trouver du temps pour écrire et c’est une chose que j’aimerai continuer à faire : écrire...»

« Ali l’Américain » de Hala Kawtharani est en vente à la librairie al-Bourj.
Un rideau de cheveux à la Françoise Hardy à ses débuts, des traits fins, un regard mobile, une silhouette fine et un pull-over noir. Éditrice en chef du magazine féminin Laha, diplômée en sciences politiques et littérature arabe de l’AUB, Hala Kawtharani avoue sans détours sa passion pour les lettres. Depuis longtemps. Elle en sourit comme pour une formule consacrée ou d’une complicité qu’on ne saurait cacher. Originaire du Liban-Sud (Zahrani-Marwanié), elle confesse avoir aimé très tôt les livres. À travers les lectures d’une riche bibliothèque familiale d’abord: Mahmoud Darwich, Gibran, al-Moutanabbi, Naguib Mahfouz et, bien sûr, actuellement, la littérature étrangère dont Elif Shafak, Amélie Nothomb, Orhan Pamuk... Par ailleurs, la musique, ses cadences, ses mélodies, ses soupirs (qu’on retrouve...
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