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À La Une - Exposition

L’appel de l’eau pour Afaf Zurayk et Cornelia Kraft

« Scripted on Water » (Inscrit sur l’eau) est une installation qui se déroule à la galerie Janine Rubeiz* jusqu’au 31 janvier et où Afaf Zurayk et Cornelia Kraft mêlent, dans une harmonie presque musicale, leurs deux langages et leurs visions similaires de l’art.

Débris de bois rejeté par la mer et repeint par Afaf Zurayk.

Deux œuvres artistiques, deux techniques différentes, mais tellement en osmose, se répondent en écho dans cet espace lumineux. Deux artistes aux parcours et vécus différents se sont retrouvées dans l’enceinte de l’Université américaine où elles donnaient des cours d’art. C’est là qu’elles se sont échangé leurs propres visions de la vie. Afaf Zurayk et Cornelia Kraft ont décidé de croiser leur imaginaire, leurs talents en travaillant sur le thème de l’eau, du temps, de la vie à jamais reproduite. Un va-et-vient comme les vagues qui aura duré quelque temps avant de donner naissance à cette œuvre aboutie.

La re-création
Afaf Zurayk est une habituée de la galerie Rubeiz. Diplômée de beaux-arts à l’AUB en 1970, elle obtient son master à l’Université de Harvard, Cambridge Massachussetts en 1972. Après avoir exposé durant plusieurs années successives dans cette galerie, elle enchaîne par la suite les expositions collectives à Washington DC où elle habitera. De retour à Beyrouth, elle enseigne à l’AUB et partage sa vision personnelle d’un art «vivant». C’est sur la côte de la baie de Chesapeake (Maryland) que l’artiste, en compagnie d’une amie, a ramassé des bouts de bois que la mer a rejetés. «Je les recueille, les assemble dans mon atelier pour les sécher. Entre-temps, poursuit-elle, je me familiarise avec ce bois mort et me mets à le peindre au son de la musique en me laissant entraîner par ces débris d’arbres qui me dictent le geste à faire.» Dans ses dessins, en continuité avec son œuvre, c’est l’intérieur de l’arbre qui est reproduit avec ses veines et ses veinules. Sous la main de l’artiste, le bois repeint devient oiseau, dragon, dinosaure, ou encore tronc d’homme. Une ode à la nature sans cesse renouvelée.
L’art, pour Afaf Zurayk, est une manière de recréer, de redonner vie, en étant un maillon de la chaîne de l’humanité et, dans ce cycle de mort et de vie où l’homme intervient en tant que médium, l’acte artistique complète celui de la création pour ne devenir qu’un tout.

Réinterpréter les mythes
Cette même chaîne d’humanité est également magnifiée dans l’œuvre de Cornelia Kraft qui revisite à sa manière le mythe d’Europe. Enlevée par le taureau, recherchée par ses frères, Europe, sœur de Phoenix, a toujours représenté ce trait d’union entre l’Occident et l’Orient. C’est d’une manière féminine et non violente, en usant de matériaux naturels comme le sel, le henné, des filaments de cheveux, les coquilles, les plumes ou la cire et le luffa («pour vêtir, écorcher et purifier», dit-elle) que l’artiste, née à Munich et établie depuis 2009 à Beyrouth, traduit sa pensée à la fois littéraire et philosophique. «Je peins pour préserver les rêves, ajoute-t-elle, je prends des photos pour comprendre la réalité autour de moi et crée des installations pour provoquer les limites ainsi que la texture de l’espace, des performances pour découvrir des moments physiques inconnus et des chorégraphies pour dépasser mon propre langage.» Titulaire d’une maîtrise de beaux-arts à Vienne, Kraft expose en solo à Vienne, Londres, Munich, Berlin, Venise et Norvège avant de s’installer au Liban. C’est pour la première fois qu’elle expose à Beyrouth, à la galerie Janine Rubeiz, et se dit reconnaissante à Afaf Zurayk de lui avoir offert cette opportunité.
Débris de bois à visage animalier et humain chez l’une, images évanescentes d’un imaginaire en mouvement chez l’autre, Afaf Zurayk et Cornelia Kraft réinterprètent les mouvements de la vie, recomposent à leur manière les mythes qui régissent la planète avec un énorme respect pour la nature. Dans cette installation, il est important de toucher cette œuvre tactile pour entrer en contact avec les ondes passées et futures car, selon ces deux artistes habitées et investies d’un rôle créatif, rien ne se meurt, mais tout se recrée dans l’unicité et dans des moules à jamais réinventés... dans cet appel de l’eau où le voyage ne fait que recommencer.

* Galerie Janine Rubeiz (imm. Majdalani, Raouché). Ouverte du lundi au vendredi de 10h à 19h et les samedis de 10h à 14h. Tél. : 01/805061.
Deux œuvres artistiques, deux techniques différentes, mais tellement en osmose, se répondent en écho dans cet espace lumineux. Deux artistes aux parcours et vécus différents se sont retrouvées dans l’enceinte de l’Université américaine où elles donnaient des cours d’art. C’est là qu’elles se sont échangé leurs propres visions de la vie. Afaf Zurayk et Cornelia Kraft ont décidé de croiser leur imaginaire, leurs talents en travaillant sur le thème de l’eau, du temps, de la vie à jamais reproduite. Un va-et-vient comme les vagues qui aura duré quelque temps avant de donner naissance à cette œuvre aboutie. La re-création Afaf Zurayk est une habituée de la galerie Rubeiz. Diplômée de beaux-arts à l’AUB en 1970, elle obtient son master à l’Université de Harvard, Cambridge Massachussetts en 1972....
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