La question des nouvelles sanctions contre l'Iran "sera abordée le 23 janvier" lors de la prochaine réunion des ministres européens des Affaires étrangères, initialement prévue le 30 janvier mais qui a été avancée, a déclaré le chef de la diplomatie danoise, Villy Soevndal, lors d'une rencontre avec la presse étrangère.
"Nous irons plus loin à la fois concernant les sanctions pétrolières et contre les structures financières" du pays, a-t-il ajouté, en réponse à une question sur le fait de savoir si la banque centrale iranienne serait aussi visée.
Les récents développements du programme nucléaire iranien, avec le lancement controversé de la production d'uranium enrichi à 20% sur le site de Fordo --enfoui sous une montagne et difficile à attaquer-- "ajoutent à l'impression qu'ils ne veulent pas respecter les règles internationales", a jugé le ministre danois.
"Nous devons accroître la pression pour qu'ils reviennent à la table des négociations", a-t-il dit.
Les pays de l'UE ont décidé sur le principe au début du mois d'instaurer un embargo pétrolier contre l'Iran. Mais de nombreux détails restent à régler. Les pays européens qui dépendent en partie des importations pétrolières iraniennes, comme la Grèce, l'Italie et l'Espagne, recherchent des sources d'approvisionnement de rechange et souhaitent pour certains retarder au maximum l'entrée en vigueur des sanctions.
Le chef de la diplomatie danoise s'est toutefois voulu rassurant sur ce point.
"Des pays du Golfe, comme les Saoudien, le Koweït, auraient un grand intérêt dans une telle situation à augmenter leur production", a-t-il dit.
"Nous savons aussi que la Libye est en voie d'accroître sa production" pétrolière, ce qui pourrait fournir une source supplémentaire, a ajouté le ministre.
"La communauté internationale travaille avec intensité sur le sujet", a ajouté M. Soevndal.
Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, avait aussi dit mardi que plusieurs pays producteurs de pétrole se tenaient prêts à augmenter leurs exportations. "Nous avons pris des contacts discrets en ce sens. Les pays producteurs ne veulent pas trop qu'on le dise, mais ils se tiennent prêts", a-t-il dit.
La question des sanctions contre la banque centrale iranienne, avec un gel des transactions avec elle en vue d'assécher les sources de financement du pays, n'est pas encore définitivement tranchée.
"On se dirige vers cela, mais il y a encore des discussions sur les modalités", signale un diplomate européen.
Par ailleurs, le ministre danois a indiqué que des sanctions supplémentaires contre le régime syrien seraient aussi prises face à la poursuite de la répression de la contestation populaire dans le pays.
"En Syrie, la répression violente de la population est inacceptable, nous allons maintenir et étendre les sanctions, tant que le régime ne mettre pas fin aux violences contre son peuple", a souligné M. Soevndal.
L'Europe a déjà décidé de plusieurs trains de sanctions contre le pays, le dernier en date le 2 décembre. Il a notamment visé le secteur pétrolier.
Ces sanctions de l'UE prévoient notamment l'interdiction d'exporter vers la Syrie des équipements à destination de l'industrie gazière et pétrolière.
Le nouveau train de mesures --le dixième à l'encontre de Damas-- comportait également un important volet de sanctions financières.


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