Désormais, les Conseils des ministres se reconnaissent les uns des autres par les sujets qu’ils n’ont pas traités. La réunion d’hier était celle qui n’a examiné ni le dossier des nominations (dans certaines administrations, 70 % des postes sont vacants), ni celui de salaires (on en est déjà à trois essais manqués).
Par contre, le Conseil des ministres s’est rattrapé – façon de parler – en examinant le grave dossier des avances du Trésor, qui a débordé – contrairement aux bonnes résolutions de fin d’année – de l’année 2011 à l’année 2012, et dont les chiffres ont dépassé de loin le plafond du dernier budget voté... celui de 2005.
Le débat sur les avances du Trésor s’est étiré en longueur. L’un des aspects les plus aberrants de l’affaire étant que le budget de 2005, qui sert d’étalon aux dépenses annuelles sur la base du douzième provisoire, est insuffisant pour payer les fonctionnaires de l’État !
Pour combler cette insuffisance, le ministre des Finances, Mohammad Safadi, a préparé un projet de loi autorisant son département à emprunter 1 900 milliards de livres à la Banque du Liban. Mais ce projet de loi se heurte au même type de blocage politique que des projets similaires préparés sous les gouvernements de Fouad Siniora et Saad Hariri.
Comme de juste, le dossier a fini par être renvoyé à une séance ultérieure, qui se tiendra lundi à Baabda.
Aussi risible que cela soit, l’examen de cette question renvoyée à plus tard a provoqué le renvoi – pour la quatrième fois – de l’examen d’un autre dossier, celui du budget du ministère du Tourisme, qui sera reprogrammé dans un nouvel ordre du jour. En quittant la réunion, le ministre concerné, Fadi Abboud, semblait d’évidence contrarié. Selon le ministre Waël Abou Faour, qui rendait compte de la séance du Conseil des ministres, ce point sera examiné en priorité lundi.
Les redevances aux municipalités
En fin de compte, la seule décision positive prise hier en Conseil des ministres a été celle de payer aux municipalités les redevances auxquelles elles ont droit, des budgets du téléphone. Les redevances, qui seront réglées en principe dans un délai de deux mois, sont celles de... 2010
On apprenait par ailleurs, de sources ministérielles, que le renvoi des deux dossiers des nominations s’est fait à la demande des ministres des Finances, Mohammad Safadi, et des Affaires étrangères, Adnane Mansour.
M. Safadi a réclamé plus de temps pour mieux « équilibrer » la composition du conseil des marchés financiers, tandis que M. Mansour cherche, dans le même esprit, à promulguer un train de nominations et de permutations entier, afin de ne pas frustrer ceux à qui n’ira pas le poste de secrétaire général du palais Bustros, et celui de secrétaire des affaires politiques. Ces dossiers seront donc examinés, « lundi ou mercredi », a promis M. Mansour, oubliant que la séance de lundi a déjà été réservée aux finances, et celle de mercredi à un ordre du jour ordinaire.
Salaires et environnement
Quant au dossier des salaires, que le chef de l’État a soulevé en demandant qu’il soit prioritaire, il semble que son renvoi ait été tacitement décidé par un certain nombre de ministres conscients des contraintes que son adoption imposera au Trésor. En fin de compte, il pourrait faire l’objet d’un accord indépendant entre les travailleurs et le patronat, selon certaines sources, en attendant aussi le bon vouloir du CPL et de son ministre boudeur Charbel Nahas.
L’une des principales décisions prises hier par le gouvernement a été l’approbation de projets de loi portant création d’un parquet pour l’environnement, définissant le cadre administratif et légal des réserves naturelles, de la procédure de traitement des déchets solides et de la protection de la qualité de l’air.
Le Conseil des ministres a également approuvé le pourvoi, par voie de concours, à 600 postes vacants à l’EDL ; un concours auquel pourront participer les vacataires de l’EDL.
Enfin, le chef de l’État a attiré l’attention des ministres sur la nécessité de mobiliser les services publics adéquats pour faire face aux conséquences de la tempête de trois jours prévue à partir d’aujourd’hui.
Par contre, le Conseil des ministres s’est rattrapé – façon de parler – en examinant le grave dossier des avances du Trésor, qui a débordé – contrairement aux bonnes résolutions de fin d’année – de l’année 2011 à l’année 2012, et dont les chiffres ont dépassé de loin le plafond du dernier budget voté... celui de 2005.
Le débat sur les avances du Trésor s’est étiré en longueur. L’un des aspects les plus aberrants de l’affaire étant que le budget de 2005, qui sert...

