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Liban - Éclairage

Wadi Khaled vit au rythme des développements en Syrie...

Des soldats libanais sécurisant, le 28 décembre dernier, la zone où trois Libanais venaient d'être tués par des tirs venant de Syrie. Omar Ibrahim/Reuters

Pendant des années, Wadi Khaled n’intéressait personne. C’est au mieux si on entendait de temps à autre parler de cette région lointaine lorsqu’un fait divers s’y produisait, mais bien peu savaient où elle se situait exactement.

 

Aujourd’hui, à la faveur de la crise syrienne, Wadi Khaled est entrée dans l’actualité libanaise. Non seulement les Libanais, mais aussi les médias du monde entier, ont (re)découvert son existence et s’y rendent de plus en plus.
Large d’une dizaine de kilomètres, Wadi Khaled regroupe au total 22 localités, pour la plupart sunnites avec un seul village chiite, Karha, et quelques alaouites inscrits sur les listes électorales libanaises mais résidant en Syrie, ainsi que de rares résidents chrétiens, même si le village chrétien de Chadra en constitue l’une des entrées. Au total, quelque 30 000 habitants, qui forment un gros réservoir électoral depuis qu’ils ont obtenu la nationalité libanaise à la faveur du décret de naturalisation de 1994.

À l’époque d’ailleurs, de nombreuses voix s’étaient élevées pour critiquer l’octroi de la nationalité libanaise à des résidents qui se sentent généralement plus proches de la Syrie que du reste du Liban. De fait, Wadi Khaled se trouvait sur la route principale de Homs avant que l’État syrien ne construise une autoroute reliant Damas à cette grande ville. Mais l’ancienne route existe encore et constitue une manne pour tous les trafics de contrebande qui constitue la plus importante ressource des habitants de la région. Pour avoir une idée des activités des habitants de Wadi Khaled, il faut savoir que la masse salariale versée par l’État dans cette région s’élève à 400 millions de livres libanaises par mois (pour les fonctionnaires civils et militaires), alors qu’elle est de 1,3 milliard de livres libanaises à Kobeyat qui compte beaucoup moins d’habitants.


C’est dire combien cette région est oubliée de l’État libanais et de ses infrastructures, les habitants ayant appris à se débrouiller tout seuls et à se tourner vers la Syrie pour les achats importants, les soins médicaux et autres nécessités. De leur côté, les partis politiques ne se souviennent de l’existence de Wadi Khaled qu’une fois tous les quatre ans avant les élections législatives. Le courant du Futur y est ainsi très présent, mais aussi les mouvements wahhabites en général, ainsi que la Jamaa islamiya. Mais c’est surtout sa proximité avec la Syrie et plus particulièrement avec la région de Homs qui a mis Wadi Khaled à la une de l’actualité. Un de ses villages, Knayssé, situé à la frontière syrienne, abriterait ainsi un noyau des officiers syriens libres, alors que les autres villages accueillent régulièrement des déplacés syriens. Il est toutefois très difficile de recenser ces derniers car ils viennent souvent s’installer chez leurs proches, des liens familiaux existant entre les habitants des deux côtés de la frontière. Knayssé est d’ailleurs le village le plus proche de Homs et les liens entre la ville syrienne et le village libanais sont très étroits.


Depuis l’éclatement de la crise en Syrie, Wadi Khaled vit donc au rythme des développements dans ce pays, devenant une sorte de caisse de résonance de ce qui se passe au-delà de la frontière. Le climat confessionnel en Syrie se répercute dans les localités frontalières qui vibrent désormais au diapason de Homs. Les habitants de Wadi Khaled suivent de près l’évolution de la situation dans cette ville et la plupart d’entre eux se sentent solidaires de l’opposition syrienne, en grande partie à cause de la fibre confessionnelle. Toutefois, les tentatives de créer un camp pour les déplacés syriens ont échoué, ces déplacés préférant s’installer chez leurs proches ou louer eux-mêmes des locaux pour y vivre. En réalité, les habitants de Wadi Khaled considèrent que la crise syrienne leur est bénéfique. S’il est vrai que l’afflux de déplacés a provoqué des problèmes sociaux, comme le déboisement, le bois des arbres étant utilisé pour le chauffage, ou encore la multiplication des larcins, il est aussi vrai que l’arrivée en masse des ONG internationales et du HCR a permis la circulation de fonds dans la région ainsi que la multiplication des aides internationales. Pourtant, selon une ONG établie à Wadi Khaled, le nombre de déplacés syriens ne dépasserait pas les 2 500, dont près de 500 élèves inscrits dans les écoles libanaises qui ont toutefois du mal à s’intégrer au niveau scolaire libanais. Les efforts du HCR (Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés) cherchent à leur donner le statut de réfugiés au lieu de celui de déplacés pour faciliter leurs mouvements à travers l’ensemble du territoire libanais.

Mais, en général, les déplacés syriens préfèrent rester à Wadi Khaled là où ils se sentent proches de leur pays et de leur ville. Ils traversent d’ailleurs souvent la frontière dans les deux sens, sans être capturés par les soldats de l’armée libanaise installés sur certains points frontaliers et à Chadra. Cependant, l’armée n’a pas les moyens pratiques de contrôler toute la frontière dans ce secteur où la géographie favorise les passages clandestins. Sans oublier le fait qu’il faut aussi une décision politique claire pour accomplir ce genre de mission.


Pour toutes ces raisons, Wadi Khaled reste le bastion favori de l’opposition syrienne au Liban, car elle y profite d’un environnement favorable, à la fois humain et géographique, alors que dans la Békaa, le long de la frontière avec la Syrie, les villages chiites sont plus nombreux que les villages sunnites et ne sont donc pas nécessairement favorables à l’opposition syrienne. C’est aussi la raison pour laquelle l’idée de créer une sorte de bastion de l’opposition syrienne à Wadi Khaled continue de trotter dans les esprits. En tout cas, selon un instituteur dans le village de Amaër, les déplacés syriens comptent rester sur place jusqu’à l’été. D’ici là, beaucoup de choses peuvent arriver et Wadi Khaled est aux premières loges.

Pendant des années, Wadi Khaled n’intéressait personne. C’est au mieux si on entendait de temps à autre parler de cette région lointaine lorsqu’un fait divers s’y produisait, mais bien peu savaient où elle se situait exactement.
 
Aujourd’hui, à la faveur de la crise syrienne, Wadi Khaled est entrée dans l’actualité libanaise. Non seulement les Libanais, mais aussi les médias du monde entier, ont (re)découvert son existence et s’y rendent de plus en plus. Large d’une dizaine de kilomètres, Wadi Khaled regroupe au total 22 localités, pour la plupart sunnites avec un seul village chiite, Karha, et quelques alaouites inscrits sur les listes électorales libanaises mais résidant en Syrie, ainsi que de rares résidents chrétiens, même si le village chrétien de Chadra en constitue l’une des entrées. Au...
commentaires (6)

Tous les chemins menent à Jerusalemme, Christian! Tant pis pour Rome.

Ali Farhat

10 h 19, le 07 janvier 2012

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Commentaires (6)

  • Tous les chemins menent à Jerusalemme, Christian! Tant pis pour Rome.

    Ali Farhat

    10 h 19, le 07 janvier 2012

  • Ah,vivement la "grande "armée syrienne...ils nous manquaient tant...bon pour mémoire,on leur rappelle quand même que la route de Jérusalem ne passe pas par Jounieh...on ne sait jamais!

    GEDEON Christian

    09 h 19, le 07 janvier 2012

  • Comme j'avais déjà dit, ce qui se passe en Syrie est sérieux. Si le terroriste continuent à affluer de ce wadi et que notre armée et ses habitants n'arrivent pas à les en empêcher, il ne nous sera pas possible de retenir la grande armée Syrienne d'y faire le nettoyage par elle-même. Avis aux habitant que je veux croire "honnêtes" de wadi khaled.

    Ali Farhat

    16 h 46, le 06 janvier 2012

  • C'est çà..allons y les gars...on nettoie tout au lance-flammes et plus vite que çà,s'il vous plaît!!!Comment?les trente mille terroristes de Wadi Khaled n'ont pas encore été exécutés!!!???Quelle honte...!Des terroristes,hommes femmes et enfants,vous dis-je!et adoptés en plus...en 1994...euh,en 1994,par qui étions nous occupés???je ne me rappelle pas bien!Basta les discours va-t-en-guerre,basta...c'est d'êtres humains que vous parlez!

    GEDEON Christian

    08 h 52, le 06 janvier 2012

  • Heureusement que Scarlett est là pour nous apprendre sur un plan géographique que le Liban compte un village par adoption par une loi de 1994, sur un plan économique que des trafics en tout genre s'y pratiquent et sur un plan politique qu'un nid de terroristes en voie de formation a été localisé . Sûrement à l'heure où on lit et écrit sur ce village, les forces de la vigilance nationale ont pris les mesures qui se doivent.

    Jaber Kamel

    04 h 56, le 06 janvier 2012

  • - - L'armée Syrienne n'attendra pas une décision " claire " politique Libanaise , qui ne viendra jamais , pour s'occuper de ce bastion et refuge de terroristes appelé Wadi Khaled . Elle s'en occupera bientôt et fera le nettoyage pour nous à la place notre armée , ou avec elle .

    JABBOUR André

    01 h 13, le 06 janvier 2012

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