Sur cette photo tirée d'une vidéo YouTube, des observateurs arabes en mission lors d'une manifestation anti-régime le 30 décembre à Edleb.
"Les déclarations américaines (...) sont une ingérence flagrante dans la mission de la Ligue arabe, et une tentative injustifiée pour internationaliser" la crise, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères Jihad Makdessi.
Alors que la controverse enflait autour de la mission des observateurs arabes en Syrie, la Maison Blanche a estimé mardi que Damas n'avait pas respecté ses engagements vis-à-vis de la Ligue arabe et qu'il était "largement temps" pour le Conseil de sécurité de l'ONU d'agir pour "accroître la pression" sur le régime de Damas.
"La Syrie ne va pas rendre compte aux Etats-Unis du niveau de son engagement dans le protocole de la Ligue arabe", a ajouté M. Makdessi accusant Washington d'"attiser la violence". Les déclarations américaines qui "interviennent avant le rapport de la Ligue arabe" sur les résultats de la mission arabe, qui doit être examiné samedi, "nuisent à l'action des observateurs arabes", a-t-il poursuivi.
Le sous-secrétaire d'Etat aux Affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, se trouvait mercredi au Caire pour des entretiens à la Ligue arabe sur le dossier syrien. "Nous voulons nous enquérir (...) en personne de leur évaluation" (des observateurs, NDLR) de la mission et "nous n'allons pas porter de jugement sur cette mission avant la réunion de la Ligue arabe samedi", a dit la porte-parole Victoria Nuland.
Selon les Comités locaux de coordination, qui organisent les manifestations sur le terrain, 390 personnes ont été tuées depuis le début le 26 décembre de la mission des observateurs. Le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a admis que les tirs sur les manifestants anti-régime se poursuivaient.
Aujourd’hui, sur le terrain, la répression se poursuit au su et au vu des observateurs faisant au moins trois morts.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), deux civils ont été tués et quatre autres ont été blessés à Homs (centre), haut-lieu de la contestation contre le régime, lorsque des coups de feu ont été tirés d'une voiture appartenant probablement à des milices pro-régime. Un autre a été tué à Hama (centre), selon l'OSDH, basé en Grande-Bretagne.
Les observateurs de la Ligue arabe se sont rendus mercredi dans ces deux villes dans le cadre de leur mission. Ils se trouvaient également à Daël (région de Deraa) et à Harasta, près de Damas, selon la télévision publique.
Des militants pro-démocratie les ont appelés à se rendre sur la place Sabaa Bahrat, au coeur de Damas, où ils avaient prévu de manifester contre le régime. "Nous invitons les observateurs de la Ligue arabe à assumer leur responsabilité en protégeant les manifestants pacifiques. Nous disons au régime que nos droits sont violés et que nous luttons pour les récupérer", ont écrit les militants sur Facebook. Mais ce sont des centaines de partisans du régime qui se sont rassemblés sur cette place, arborant des drapeaux syriens et scandant des slogans pro-Assad, selon une journaliste de l'AFP.
L'opposition doit également faire face à ses propres divisions.
Mardi, le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des courants de l'opposition, a démenti avoir conclu un accord avec le Comité national pour le changement démocratique (CNCD), un autre groupe de l'opposition.
Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, le CNS a expliqué avoir signé le 30 décembre au Caire un texte qui "ne constituait pas un document politique" comme il avait été présenté par le CNCD. "Les membres du bureau exécutif ont appelé à l'unanimité à l'adoption d'un nouveau document qui sera présenté par le CNS aux forces et personnalités politiques", ajoute le communiqué. Samedi, le CNCD avait annoncé dans un communiqué la signature d'un accord politique "définissant les principes de la lutte démocratique pour la période de transition" en Syrie.
Selon le CNCD, cet accord, signé par le chef du CNS Burhan Ghalioun et un membre du CNCD, Haytham Manaa, "rejette toute intervention militaire qui porte atteinte à la souveraineté et à l'indépendance du pays".
Selon des analystes syriens et arabes, les principaux points de désaccord entre ces deux formations portent sur une éventuelle intervention militaire étrangère en Syrie et sur le soutien à l'ASL.
Le CNS est une coalition des plus importants partis de l'opposition dont des partis islamistes, notamment des membres des Frères musulmans, libéraux et nationalistes. Le CNCD, dirigé par Hassan Abdel Azim, regroupe des partis "nationalistes arabes", kurdes, socialistes et marxistes ainsi que des personnalités indépendantes comme l'économiste Aref Dalila.
Une personnalité de l'opposition a déploré mercredi "les divisions" au sein de l'opposition. "Il faut du temps avant de voir l'opposition s'unir. Si elle l'était, le régime serait tombé l'été dernier", a-t-il affirmé à l'AFP sous couvert d'anonymat.
Par ailleurs, l'Iran a réclamé mercredi la libération de ses ingénieurs iraniens enlevés en décembre près de la ville de Homs. Mardi soir, un groupe jusque-là inconnu, le Mouvement contre l’expansion chiite en Syrie a revendiqué l’enlèvement en décembre de cinq ressortissants iraniens en Syrie, affirmant qu'il s'agissait là d'une "première mise en garde à l’Iran et au Hezbollah contre la poursuite de leur soutien au régime syrien".
Alors que la controverse enflait autour de la mission des observateurs arabes en Syrie, la Maison Blanche a estimé mardi que Damas n'avait pas respecté ses engagements vis-à-vis de la Ligue arabe et qu'il était "largement temps" pour le Conseil de sécurité de l'ONU d'agir pour "accroître la pression" sur le régime de Damas.
"La Syrie ne va pas rendre compte aux Etats-Unis du niveau de son engagement dans le protocole de la Ligue arabe", a ajouté M. Makdessi accusant Washington d'"attiser la violence". Les déclarations américaines qui "interviennent avant le...


