Un peu plus de 2,2 millions de voitures se sont vendues l’an dernier, en baisse de 2,1 % en données brutes par rapport à 2010 qui avait été une bonne année, selon des chiffres publiés hier par le Comité des constructeurs français d’automobile (CCFA).
La chute est bien moins brutale que prévu puisque début 2011 encore, le CCFA tablait sur -8 %. Comme en 2009 et en 2010, le marché a encore été soutenu au premier trimestre par la prime à la casse, instaurée fin 2008 par le gouvernement pour soutenir un secteur fortement touché par la crise. Cette dernière avait été supprimée le 31 décembre 2010 mais portait sur les voitures livrées avant la fin mars 2011. Il avait aussi bénéficié du système de bonus pour les modèles les moins polluants, qui vient d’être durci.
Sur le seul mois de décembre, la chute est brutale, de 17,8 % en données brutes. Les immatriculations de décembre 2010 avaient été gonflées par ce coup de pouce gouvernemental.
« 2011 reste une très bonne année », une des quatre meilleures sur les deux dernières décennies, relève Flavien Neuvy, responsable du site d’études Cetelem.
La disparition de la prime à la casse a en effet été compensée par les constructeurs qui se sont livré une féroce guerre des prix pour soutenir leurs ventes mais aussi par les ventes aux loueurs et aux entreprises pour rénover leurs flottes.
Les ventes aux particuliers sont en revanche tombées sous la barre de 1,3 million, selon M. Neuvy.
Les constructeurs ont connu des sorts différents. Les Français, champions des petites voitures, qui avaient beaucoup profité de la prime à la casse en 2010, ont souffert en revanche l’an dernier. PSA Peugeot Citroën a vu ses ventes s’éroder de 4,9 % et le groupe Renault (Dacia compris) de 9,6 %.
Les étrangers ont en revanche, à l’exception de l’italien Fiat et de l’allemand Mercedes, progressé, particulièrement le japonais Nissan, allié de Renault, le coréen Hyundai et l’allemand Volkswagen.
Le marché des utilitaires s’est bien porté, avec une hausse de 2,8 % en données brutes sur l’année.
2012 s’annonce en revanche plus difficile. Le marché devrait retomber autour de 2,02 millions de voitures, estime M. Neuvy, pour qui il s’agit d’un « niveau correct » correspondant à la moyenne des dernières années hors période de soutien gouvernemental.
Les constructeurs subissent une baisse de leurs carnets de commande en décembre « de l’ordre de 50 à 60 %, ce qui va impacter le premier trimestre », avertit de son côté le porte-parole du CCFA.
« On va avoir un marché en baisse et très agressif » en terme de prix, confirme Bernard Cambier, directeur commercial du groupe Renault, qui espère toutefois que « le marché retrouvera une certaine raison » alors que les promotions à tout va pèsent sur les marges des groupes.
Les Français attendent beaucoup du lancement de nouveaux modèles mais qui ne devraient avoir d’effet sur les ventes qu’à partir du second semestre. C’est le cas pour Peugeot avec la petite citadine 208, héritière de la 206 et de la 205, dont il espère faire un best-seller.
Côté Renault, le groupe compte beaucoup sur la nouvelle Clio qui sera lancée à la rentrée et sur le monospace de Dacia, le Lodgy, après le succès du 4x4 Duster de la marque roumaine à bas coûts.
Pour Flavien Neuvy, il faudra particulièrement surveiller les ventes aux particuliers, qui restent le cœur de métier des constructeurs.
(Source : AFP)

