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À La Une - La Femme De La Semaine

La porteuse d’implants mammaires PIP, entre peur et colère

Des centaines de milliers de femmes, en France et dans le monde, portent ces prothèses.

PIP est soupçonné d'avoir eu recours de manière frauduleuse à un gel de mauvaise qualité pour fabriquer ses implants. Charles Platiau/

Colère, peur et sentiment d'avoir été trahies par leur chirurgien : les femmes porteuses de prothèses mammaires défectueuses de la société française Poly Implant Prothèse (PIP), qui utilisait un gel non conforme, se demandent comment ce scandale a pu arriver.

 

Partie de France, l'affaire des prothèses mammaires défectueuses prend une dimension mondiale. Le nombre de personnes concernées par les produits fabriqués par la société PIP est estimé à 30.000 en France, 30.000 à 40.000 en Grande-Bretagne et environ 300.000 dans le monde, dont beaucoup en Amérique latine.

 

Le gouvernement français a recommandé vendredi dernier, "à titre préventif et sans caractère d'urgence", le retrait de ces prothèses pour toutes les femmes qui en portent. En France, neuf cas de cancers ont été signalés chez des femmes ayant eu des prothèses PIP mais sans qu'aucun lien de causalité ne soit établi.

 

Mais pour les femmes porteuses de ces implants, l'angoisse est  bien réelle.

Atteinte d'une mastite, une infection du sein, Hélène Guillois, de Valenciennes (nord de la France), porte des implants PIP depuis juin 2006. Cette étudiante de 29 ans, opérée pour un coût de 4.000 euros, cherche toujours une solution pour financer l'explantation de ses prothèses et la pose de nouvelles.

L'opération, décidée au terme de deux années de réflexion, visait à remonter et élargir la poitrine de la patiente, victime d'un affaissement mammaire, suite à une période d'allaitement.

Son chirurgien l'a convaincue que les prothèses PIP étaient les mieux adaptées et a garanti qu'elles dureraient toute sa vie. Peu après l'opération pourtant, Hélène Guillois a décelé un problème avec sa prothèse gauche. "La prothèse n'avait pas la même qualité en apparence que la droite et j'ai vite ressenti des petites brûlures", a-t-elle déclaré par téléphone à Reuters. "J'ai vérifié ma carte de porteuse et j'ai contacté mon chirurgien. Il était très optimiste et selon lui, il n'y avait rien d'alarmant. J'étais en colère car c'est lui qui m'avait mis les implants."

"Mon sein gauche me faisait de plus en plus mal ces dernières semaines et mois. Maintenant, j'ai du liquide autour de mes deux prothèses, on me dit que ce n'est pas grave. J'ai attrapé une mastite au sein gauche et j'ai un gros terrain inflammatoire", déplore-t-elle.

 

Le fondateur de la société PIP, Jean-Claude Mas,

est visé en France par deux enquêtes judiciaires,

pour "tromperie aggravée" et "homicides involontaires". Eric Estrade/AFP

 

 

A Istres (Bouche-du-Rhône), Nathalie Lopez a décidé en décembre 2004 de se faire poser des implants pour mettre un terme à un complexe hérité d'un retard de croissance dû à un accident vasculaire cérébral quand elle avait 11 ans. Le chirurgien qu'elle a rencontré lui a proposé les implants PIP à base de silicone malgré son souhait d'avoir des implants à base de sérum physiologique. "Il m'a dit que c'étaient les seules prothèses avec lesquelles il travaillait. Je n'ai pas trop posé de questions. J'ai fait confiance à mon chirurgien comme une patiente ferait confiance à n'importe quel autre docteur."

Cette femme de 38 ans n'a pas été mise au courant de la marque de ses implants et n'a pas reçu de carte de porteuse comportant le numéro de série des implants.

 

Il y a dix jours, Nathalie Lopez a commencé à s'inquiéter après avoir appris qu'une porteuse de prothèses PIP opérée par le même chirurgien était victime d'un cancer de la peau. "On m'a dit que je portais des PIP. Et là, ça a été le choc total. J'ai pris rendez-vous chez le chirurgien qui m'avait opéré et qui m'a proposé 3.500 euros pour une nouvelle opération", souligne-t-elle. "Je lui ai demandé pourquoi il ne m'avait pas contacté alors qu'il savait que je portais des PIP. Il m'a répondu : 'vous croyez que nous n'avons que ça à faire' ?"

Finalement, une mammographie a révélé une fissure à la prothèse gauche. Par la suite, Mme Lopez, qui a porté plainte contre PIP, a fait appel à un médecin basé à Nice qui opère les femmes victimes d'implants défectueux à des tarifs bas. Pour l'opération, qui a eu lieu le 23 décembre, et a coûté 1.600 euros, dont une partie prise en charge par la sécurité sociale, Nathalie Lopez a dû emprunter l'argent à une amie. La première opération avait coûté 3.500 euros.

"Aujourd'hui, je suis au chômage et j'ai du mal à m'en sortir. J'ai un gros découvert sur mon compte. Je ne sais pas comment je vais faire. Donc c'est très dur", explique-elle.

 

Même vent de panique en Amérique latine, où les implants mammaires sont largement répandus, toutes classes confondues, et concernent parfois des jeunes filles désirant augmenter la taille de leurs seins avant même leur majorité.

 

En Argentine, Martha, une enseignante de 47 ans qui porte des prothèses depuis une dizaine d’année, ne cache pas sa peur. "J'ai cette prothèse depuis que j'ai eu mon troisième enfant et jusqu'à présent, je me suis toujours sentie bien. (La pose de prothèses mammaires) me permet de me sentir toujours jeune, une femme n'est pas seulement une mère", juge Martha, qui se trouve comme beaucoup de Vénézuéliennes à la plage en cette période de Noël. "Mais depuis que je lis toutes ces nouvelles sur ces prothèses françaises qui se déchirent et qui donnent le cancer, je dois reconnaître que je commence à avoir peur. Je ne connais pas la marque de mes implants, ainsi j'irai voir mon médecin dès mon retour à Caracas", ajoute-t-elle.

Les implants PIP ont été interdits dans certains pays sud-américains en 2010, comme au Brésil, en Argentine et en Colombie.

 

Au Brésil, où le secteur de la chirurgie esthétique est florissant, on estime qu'entre 200.000 et 300.000 opérations destinées à gonfler la poitrine des femmes ont lieu chaque année.

A Brasilia, un chirurgien se fait l'écho de craintes de centaines de Brésiliennes. "Les femmes sont très inquiètes par ce qu'elles lisent dans les journaux", dit José Carlos Daher. "Ces quatre dernières années, j'ai dû retirer deux ou trois paires (de prothèses PIP) parce qu'elles se déchiraient de façon précoce (...) Ca fait un bout de temps que nous suivons à la trace ces implants", déclare un autre chirurgien, Raul de Leon, qui tente de tranquilliser des centaines de femmes opérées.

Colère, peur et sentiment d'avoir été trahies par leur chirurgien : les femmes porteuses de prothèses mammaires défectueuses de la société française Poly Implant Prothèse (PIP), qui utilisait un gel non conforme, se demandent comment ce scandale a pu arriver.
 
Partie de France, l'affaire des prothèses mammaires défectueuses prend une dimension mondiale. Le nombre de personnes concernées par les produits fabriqués par la société PIP est estimé à 30.000 en France, 30.000 à 40.000 en Grande-Bretagne et environ 300.000 dans le monde, dont beaucoup en Amérique latine.
 
Le gouvernement français a recommandé vendredi dernier, "à titre préventif et sans caractère d'urgence", le retrait de ces prothèses pour toutes les femmes qui en portent. En France, neuf cas de cancers ont été signalés chez des femmes ayant eu...
commentaires (2)

IL y a celles qui ont dû subir une chirurgie reconstructrice après un cancer....et les autres.Les autres,les obsédées de la chirurgie esthétique,c'est pas bien grave,elles changeront de marque.Mais les maldes,qui n'ont pas choisi de se faire opérer,çà c'est un scandale...et le scandale à venir est celui des chirurgiens,qui achetant ces prothèses beaucoup moins cher,les vendaient en fait au prix fort avec leur intervention....et là,on n' apas encore tout vu,ni tout entendu...C'est depuis 1996 que le scandale a éclaté aux US...ce qui n' pas empêché certains marchands de beauté de continuer à utiliser un produit dont ils savaient qu'il était frelaté.Salauds!

GEDEON Christian

12 h 05, le 29 décembre 2011

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Commentaires (2)

  • IL y a celles qui ont dû subir une chirurgie reconstructrice après un cancer....et les autres.Les autres,les obsédées de la chirurgie esthétique,c'est pas bien grave,elles changeront de marque.Mais les maldes,qui n'ont pas choisi de se faire opérer,çà c'est un scandale...et le scandale à venir est celui des chirurgiens,qui achetant ces prothèses beaucoup moins cher,les vendaient en fait au prix fort avec leur intervention....et là,on n' apas encore tout vu,ni tout entendu...C'est depuis 1996 que le scandale a éclaté aux US...ce qui n' pas empêché certains marchands de beauté de continuer à utiliser un produit dont ils savaient qu'il était frelaté.Salauds!

    GEDEON Christian

    12 h 05, le 29 décembre 2011

  • - - Que peut-on dire face à cette dramatique situation qui pénalise de pauvres femmes complexées par leur physique , qui se sont endettées pour la plupart d'entre elles , pour être acceptables et acceptées par l'autre regard , celui de l'âme soeur ou par la société ... , " toujours selon elles " bien sur ! Est-ce le prix de la beauté qu'elles payent , ou bien le prix d'une escroquerie !? Nous verrons ce que dira l'enquête . Entre temps , elles vivent le calvaire . Restez naturelles mesdames , croyez moi , les hommes aiment ça .

    JABBOUR André

    08 h 19, le 29 décembre 2011

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