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Moyen Orient et Monde - Corée Du Nord

Obsèques grandioses pour Kim Jong-il

Des opposants nord-coréens, réfugiés en Corée du Sud, ont envoyé des ballons contenant 200 000 tracts appelant la population à s’insurger contre le régime.

Le fils et héritier du dirigeant défunt, Kim Jong-un (avant droit du véhicule), a escorté le corbillard transportant la dépouille de son père, accompagné de responsables du régime. Handout/AFP

La Corée du Nord a organisé hier sous la neige de grandioses obsèques pour son dirigeant Kim Jong-il, occasion pour le pouvoir de montrer la loyauté apparente de la population envers le régime et la dynastie Kim. Les images diffusées par la télévision d’État nord-coréenne ont montré pendant trois heures des centaines de milliers de civils et militaires pleurant le leader disparu à Pyongyang.
« C’est la plus grande perte pour notre parti et la nation », a commenté un présentateur de télévision nord-coréen, la voix étouffée par le chagrin. Le long du trajet, sous la neige, des civils et militaires ont pleuré bruyamment, serrant les poings en signe d’affliction, tombant même à genoux. Toutefois, aucune délégation étrangère n’a pu venir assister au défilé.
Le cortège a été ouvert par une limousine noire arborant un portrait géant de l’ex-homme fort du régime, souriant. Derrière ont suivi une longue voiture surmontée d’un énorme bouquet de fleurs blanches, puis une autre limousine transportant le cercueil noir recouvert du drapeau rouge du Parti des travailleurs de Corée, le parti unique du pays.
Au départ et à l’arrivée du cortège devant le mausolée Kumsusan, le véhicule funéraire a été escorté par Kim Jong-un, le fils et successeur de Kim Jong-il à la tête du pays, revêtu d’un costume sombre. Parmi les autres responsables en tenue civile avançant près du jeune héritier figuraient Jang Song-thaek, l’oncle par alliance de Kim Jong-un et « régent » pressenti du pays, et d’autres importants responsables du parti unique. Le corbillard était aussi escorté par plusieurs dignitaires de l’armée en uniforme, dont le chef d’état-major, Ri Yong-ho, et le ministre des Forces armées, Kim Yong-chun. D’après Yang Moo-jin, professeur à l’Université de Séoul des études nord-coréennes, les responsables vus près du corbillard représentent le parti, l’armée et l’administration. « Ils ont joué un rôle-clé sous Kim Jong-il et devraient devenir les piliers du régime de Kim Jong-un. »
Sur la place du mausolée, des dizaines de milliers de soldats ont salué leur ancien chef, tête nue et courbée en signe de respect, sur fond de musique funèbre. La garde d’honneur a été passée en revue par un officier sabre au clair puis un orchestre a interprété l’hymne national, avant que le cortège suivi de voitures civiles et militaires n’emprunte une grande artère de la capitale. À son retour, des soldats ont tiré 21 coups de fusil en hommage au défunt. Selon le quotidien sud-coréen Korea JoongAng, le corps du dirigeant devrait être embaumé par une équipe russe.
Les experts ont vu dans ce protocole une manifestation de loyauté bien orchestrée envers le pouvoir en place, inspirée des obsèques en 1994 du père du défunt, le fondateur de la Corée du Nord communiste Kim Il-sung. Cette cérémonie était aussi censée renforcer la légitimité du fils cadet de Kim Jong-il, désigné successeur dès l’annonce du décès paternel, le 19 décembre. Âgé de moins de 30 ans, Kim Jong-un a d’ailleurs été appelé hier « leader suprême du parti, de l’État et de l’armée » par l’agence de presse du régime, bien qu’il n’occupe pas ces postes officiellement pour l’instant.
Aujourd’hui, Pyongyang prévoit de mobiliser 100 000 personnes sur la grande place Kim Il-sung au cœur de la capitale, afin de prêter serment au jeune chef. Trois minutes de silence seront aussi observées pour le défunt, au dernier jour du deuil officiel.
Le jeune successeur dont la personnalité et les intentions restent mystérieuses hérite d’un pays à l’économie délabrée, incapable de nourrir correctement sa population et cruellement dépendante de l’aide extérieure. Conduit sous le règne de Kim Jong-il selon la doctrine du « songun » (« l’armée d’abord »), le pays dispose néanmoins de forces comptant 1,2 million de soldats, de nombreux avions, missiles, canons et navires de guerre, ainsi que la bombe atomique. La Corée du Sud, les États-Unis, la Chine et le Japon s’inquiètent donc de la stabilité du régime et ont multiplié les consultations diplomatiques afin d’éviter un bouleversement à la tête de la Corée du Nord susceptible d’embraser la péninsule coréenne.
Quelques hommages à Kim Jong-il ont tout de même eu lieu hors du pays, notamment à Dandong, agglomération chinoise frontalière et principal point de passage pour le commerce sino-nord-coréen. Des centaines de personnes, le visage grave, se sont pressées au consulat nord-coréen pour y déposer des fleurs.
À l’inverse, des opposants nord-coréens réfugiés en Corée du Sud ont envoyé vers le Nord des ballons transportant 200 000 tracts appelant la population à s’insurger contre la dynastie des Kim et fustigeant la transmission du pouvoir à Kim Jong-un.
Des militants anti-Pyongyang installés dans le Sud envoient régulièrement des tracts dénonçant ce régime vers le Nord, leurs dernières éditions contenant des informations sur les révolutions du printemps arabe. Contrôlant strictement les informations entrant sur son territoire, le Nord a menacé plusieurs fois de tirer vers le Sud pour empêcher de tels envois à son encontre.
(Source : AFP)
La Corée du Nord a organisé hier sous la neige de grandioses obsèques pour son dirigeant Kim Jong-il, occasion pour le pouvoir de montrer la loyauté apparente de la population envers le régime et la dynastie Kim. Les images diffusées par la télévision d’État nord-coréenne ont montré pendant trois heures des centaines de milliers de civils et militaires pleurant le leader disparu à Pyongyang.« C’est la plus grande perte pour notre parti et la nation », a commenté un présentateur de télévision nord-coréen, la voix étouffée par le chagrin. Le long du trajet, sous la neige, des civils et militaires ont pleuré bruyamment, serrant les poings en signe d’affliction, tombant même à genoux. Toutefois, aucune délégation étrangère n’a pu venir assister au défilé.Le cortège a été ouvert par une limousine...
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