Rechercher
Rechercher

À La Une - L'homme De La Semaine

Imran Khan, l'ancienne star du cricket, va-t-il révolutionner le Pakistan ?

L’emblématique capitaine a rassemblé plus de 100.000 supporters à Lahore.

Imran Khan se rêve Premier ministre. Photo AFP

Dans un Pakistan en crise, l'ancienne star du cricket Imran Khan séduit de plus en plus les foules en dénonçant la corruption et se rêve désormais Premier ministre, même si les observateurs doutent qu'il parvienne à bouleverser l'échiquier politique.

 

En tenant meeting ce dimanche à Karachi (sud), Imran Khan, 59 ans, chef du parti d'opposition du Mouvement pour la Justice (Tehreek-e-Insaf Pakistan, ou PTI), espère marquer à nouveau les esprits, comme le 30 octobre à Lahore (est). Ce jour là, l'emblématique capitaine de la seule équipe nationale de cricket pakistanaise championne du monde (en 1992) rassemblait à la surprise générale plus de 100.000 supporters lors d'un meeting triomphal largement relayé par des médias locaux, ravis de cette nouveauté.

 

Depuis, les observateurs se demandent où va s'arrêter la vague Imran Khan.

Ces dernières semaines, plusieurs dizaines de politiciens, dont certains de premier plan, ont quitté leur parti pour rejoindre le PTI.

Au même moment, le gouvernement du président Asif Ali Zardari, chef du PPP, n'en finit plus de battre des records d'impopularité à la tête d'un Etat fossilisé dans la corruption, un fléau qu'Imran Khan ne cesse lui de dénoncer, et paralysé par les luttes de pouvoir avec l'armée.

 

"Corruption, pénuries, chômage, absence de justice... Un fossé béant s'est creusé ces dernières années entre le gouvernement et la population, et Imran Khan, avec son discours de transparence, comble ce vide, notamment au sein de la jeunesse urbaine des classes moyennes", explique Tauseef Ahmad Khan, un analyste politique de Karachi.

 

L'engouement populaire est même palpable à Karachi, pourtant loin d'être une des bases du PTI, à la différence de Lahore. "Imran Khan a l'air d'un homme honnête. J'aimerais bien qu'il devienne Premier ministre", estime Merajuddin, 52 ans, qui vend des cigarettes dans le centre de la ville.

"Tous les partis sont corrompus, mais Imran, lui n'a pas encore été testé, il est l'homme qu'il nous faut", abonde Adam Ali, un policier municipal.

 

La popularité d'Imran Khan s'étend de Lahore

à Karachi. Asif Hassan/AFP

 

Les dirigeants d'autres partis politiques, inquiets de voir le PTI saper leur base électorale, dénoncent l'absence de vision politique d'Imran Khan.

S'étonnant de ce soudain engouement pour un homme dont le parti est resté ultra-minoritaire en quinze ans d'existence, ils assurent tous, en privé, qu'Imran Khan est soutenu en sous-main par la très puissante armée. "Il se montre souvent anti-indien ou anti-américain et prône la réconciliation avec les islamistes: ce sont les bases de la politique actuelle l'armée", note Tauseef Ahmad Khan. Pour lui, Imran Khan "est là pour aider l'armée à démolir le gouvernement actuel".

 

Des accusations rejetées en bloc par l'intéressé et son parti. "Une telle popularité ne se fabrique pas", argue Arif Alvi, son porte-parole à Karachi.

Pour accentuer le mouvement, le PTI cible notamment les jeunes urbains, y compris les femmes, principaux soutiens d'Imran Khan.

Le parti tente d'attirer ce réservoir électoral potentiellement important via téléphone (il revendique déjà 600.000 adhésions gratuites par SMS) ou internet. Facebook, Twitter contribuent à faire d'Imran Khan un personnage "tendance" chez les jeunes pakistanais éduqués.

 

Arif Alvi ne doute plus que son parti "gagnera les prochaines élections", prévues début 2013, et qu'Imran Khan deviendra Premier ministre.

Les analystes politiques sont plus circonspects, soulignant la faiblesse du PTI dans les campagnes. "Pour gagner les élections au Pakistan, il faut des alliances dans chaque province, et le PTI en est encore loin", abonde Tauseef Ahmad Khan.

Or ces compromis risquent d'écorner l'image d'homme neuf d'Imran Khan, déjà brouillée par la vague de ralliement au PTI de politiciens venus des partis traditionnels qu'il critique.

"Aujourd'hui, nous accueillons tout le monde. Mais pour les élections, nous ne donneront l'investiture qu'à des gens irréprochables", assure Arif Alvi.

 

A ce stade, peu de gens voient Imran Khan devenir Premier ministre à l'issue d'élections. "Mais il peut être un recours désigné par l'armée" en cas de crise, avance Shahi Syed, chef du parti pachtoune National Awami (ANP) à Karachi.

 

Dans un Pakistan en crise, l'ancienne star du cricket Imran Khan séduit de plus en plus les foules en dénonçant la corruption et se rêve désormais Premier ministre, même si les observateurs doutent qu'il parvienne à bouleverser l'échiquier politique.
 
En tenant meeting ce dimanche à Karachi (sud), Imran Khan, 59 ans, chef du parti d'opposition du Mouvement pour la Justice (Tehreek-e-Insaf Pakistan, ou PTI), espère marquer à nouveau les esprits, comme le 30 octobre à Lahore (est). Ce jour là, l'emblématique capitaine de la seule équipe nationale de cricket pakistanaise championne du monde (en 1992) rassemblait à la surprise générale plus de 100.000 supporters lors d'un meeting triomphal largement relayé par des médias locaux, ravis de cette nouveauté.
 
Depuis, les observateurs se demandent où va s'arrêter la...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut