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À La Une - Crise

Erdogan accuse la France d'avoir commis un "génocide" en Algérie

Paris appelle Ankara à la "retenue".

Face à la France, M. Erdogan hausse le ton. Bulent Kilic/

Ankara a encore haussé encore le ton au lendemain de l'adoption par les députés français d'une proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien de 1915. 


Vendredi, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a accusé la France d'avoir commis un "génocide" en Algérie et le président français Nicolas Sarkozy, selon toute vraisemblance candidat à un nouveau mandat en avril prochain, de jouer sur "la haine du musulman et du Turc" à des fins électoralistes


"Le président français Sarkozy a commencé à rechercher des gains électoraux en utilisant la haine du musulman et du Turc", a déclaré M. Erdogan lors d'une conférence à Istanbul. "Ce vote qui a eu lieu en France, une France où vivent environ cinq millions de musulmans, a clairement montré à quel point le racisme, la discrimination et l'islamophobie ont atteint des dimensions dangereuses en France et en Europe", a asséné le Premier ministre.


M. Erdogan a appelé la France à assumer son propre passé.
"On estime que 15% de la population algérienne a été massacrée par les Français à partir de 1945. Il s'agit d'un génocide", a-t-il déclaré, faisant référence aux violences commises lors du processus d'indépendance de l'Algérie de la domination française, entre 1945 et 1962.
"Si le président français M. Sarkozy ne sait pas qu'il y a eu un génocide, il peut demander à son père Pal Sarkozy (...) qui a été légionnaire en Algérie dans les années 1940", a-t-il ajouté. "Je suis sûr qu'il (Pal Sarkozy) a beaucoup de choses à dire à son fils sur les massacres commis par les Français en Algérie."

 

Après ces déclarations, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a appelé vendredi à Bordeaux la Turquie à faire preuve de "retenue".
"Il y a beaucoup de raisons de maintenir entre la France et la Turquie des relations de confiance et même d'amitié, j'ose le mot (...) donc j'appelle au sang-froid et à la retenue", a déclaré M. Juppé. "Je constate qu'il y a eu des déclarations sans doute excessives", a-t-il ajouté.

 

Le président français Nicolas Sarkozy a de son côté demandé vendredi à la Turquie le respect des "convictions" de chacun, suite aux vives réactions d'Ankara. "Je respecte les convictions de nos amis turcs, c'est un grand pays, une grande civilisation, ils doivent respecter les nôtres", a déclaré le président Sarkozy devant la presse française à Prague, où est est arrivé pour assister aux obsèques de l'ancien président tchèque Vaclav Havel.

 

"La France définit souverainement sa politique", a insisté le président français, en estimant qu'en "toute circonstance il faut garder le sang froid et son calme". "La France ne demande pas l'autorisation, la France a des convictions, des droits de l'homme, le respect de la mémoire", a-t-il ajouté.

 

Par ailleurs, l'ambassadeur de Turquie a quitté la France. L'ambassadeur Tahsin Burcuoglu "est rentré pour consultations", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la représentation diplomatique à Paris, Engin Solakoglu.

 

Le Premier ministre turc avait ordonné jeudi en représailles la suspension des visites bilatérales, le rappel pour consultations de l'ambassadeur de Turquie en France et ajouté que "les exercices militaires communs avec la France et toutes les activités militaires avec ce pays avaient été annulés" pour protester contre l'adoption de ce texte.


Jeudi soir, le chef de la diplomatie française Alain Juppé, selon plusieurs médias français opposé à l'adoption du texte, avait indiqué que la France "regrettait" les décisions de la Turquie, tout en appelant Ankara à ne pas "surréagir".


M. Erdogan avait de son côté détaillé les mesures de représailles, indiquant que la Turquie statuerait désormais au cas par cas sur toute demande militaire française d'utiliser son espace aérien et "rejette dorénavant toute demande" de visite des ports turcs par des bâtiments de guerre français.


Le chef du gouvernement turc a expliqué qu'il s'agissait là d'un premier train de sanctions contre la France, alliée de la Turquie au sein de l'OTAN, et que, "progressivement", d'autres mesures pourraient être mises en œuvre.
"Nous révisons nos relations avec la France", a déclaré M. Erdogan qui a expliqué que la Turquie ne participerait pas à un comité économique mixte France-Turquie prévu pour janvier à Paris.


La Turquie met aussi fin aux consultations politiques avec la France, notamment sur des dossiers sensibles comme la Syrie où Ankara joue un rôle central.
"Malheureusement, cette proposition de loi a été adoptée malgré tous nos avertissements (...) Cela va ouvrir des plaies irréparables et très profondes dans les relations bilatérales", a averti le chef du gouvernement.



Malgré les nombreux avertissements d'Ankara qui a dépêché plusieurs délégations à Paris, les députés français ont voté une proposition de loi pénalisant d'un an de prison et 45.000 euros d'amende la négation d'un génocide reconnu par la loi, comme l'est depuis 2001 en France le génocide arménien de 1915, qui a fait 1,5 million de morts, selon les Arméniens.
La Turquie reconnaît que jusqu'à 500.000 Arméniens sont morts pendant des combats et leur déportation, mais non pas par une volonté d'extermination.
Pour entrer en vigueur, la proposition de loi devra cependant aussi être adoptée par le Sénat, ce qui pourrait prendre plusieurs mois.

Ankara a encore haussé encore le ton au lendemain de l'adoption par les députés français d'une proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien de 1915. 
Vendredi, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a accusé la France d'avoir commis un "génocide" en Algérie et le président français Nicolas Sarkozy, selon toute vraisemblance candidat à un nouveau mandat en avril prochain, de jouer sur "la haine du musulman et du Turc" à des fins électoralistes. 
"Le président français Sarkozy a commencé à rechercher des gains électoraux en utilisant la haine du musulman et du Turc", a déclaré M. Erdogan lors d'une conférence à Istanbul. "Ce vote qui a eu lieu en France, une France où vivent environ cinq millions de musulmans, a clairement montré à quel point le racisme, la discrimination et...
commentaires (2)

Ca fait bien rire quand les exterminateurs, champions de plusieurs génocides, le premier étant celui des Arméniens, et le dernier étant en 1974 celui de Chypre ( Où sont les Grecs Chypriotes disparus depuis, Monsieur Ordogan ? ), osent pointer le doight et accuser les autres. Il en a le toupet quand même ! Vous avez perdu l'Europe, à coup sûr, mais vous avez aussi perdu vos rêves dans le monde Arabe, à force de vides fanfaronnades... Attention au virus des printemps ! Il n'est seulement pas Arabe, il peut être Kurde, voire Turque même...il s'étend à vitesse printannière... Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

12 h 34, le 23 décembre 2011

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Commentaires (2)

  • Ca fait bien rire quand les exterminateurs, champions de plusieurs génocides, le premier étant celui des Arméniens, et le dernier étant en 1974 celui de Chypre ( Où sont les Grecs Chypriotes disparus depuis, Monsieur Ordogan ? ), osent pointer le doight et accuser les autres. Il en a le toupet quand même ! Vous avez perdu l'Europe, à coup sûr, mais vous avez aussi perdu vos rêves dans le monde Arabe, à force de vides fanfaronnades... Attention au virus des printemps ! Il n'est seulement pas Arabe, il peut être Kurde, voire Turque même...il s'étend à vitesse printannière... Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    12 h 34, le 23 décembre 2011

  • En droits de l' Homme la Turquie restera toujours au bas de l ' échelle des droits de l' homme depuis du temps des ottomans en passant par le massacre des Arméniens et l 'épuration ethnique des grecs orthodoxes il y amoins d 'un demi siècle , ce qui n 'est pas le cas de la France . Nazira.A.Sabbagha

    Sabbagha A.Nazira

    07 h 49, le 23 décembre 2011

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