Des manifestants pro-Bachar sont descendus dans la rue pour dénoncer les attaques de ce vendredi. SANA/
Au moins 40 personnes ont été tuées et 150 blessées vendredi dans deux attentats suicide à la voiture piégée à Damas, attribués par les autorités à el-Qaëda, au lendemain de l'arrivée de la mission arabe préparant la venue d'observateurs.
Ces attentats, sans précédent depuis le début de la contestation mi-mars, ont eu lieu à quelques minutes d'intervalle dans le quartier de Kafar Soussé, dans l'ouest de la capitale. Ils ont visé la Direction de la sûreté générale, le plus important service de renseignement civil, ainsi qu'un bâtiment de la sécurité militaire.
La télévision a montré des images de civils évacuant des cadavres calcinés ou mutilés, la chaussée maculée de sang et de gravats, un cratère long et profond.

Photo Sana/AFP
"Le terrorisme a voulu que le premier jour des observateurs à Damas soit une journée tragique mais le peuple syrien fera face à la machine à tuer soutenue par les Européens, les Américains et certaines parties arabes", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Fayçal Meqdad sur le lieu de l'un des attentats. "C'est le premier cadeau du terrorisme et d'el-Qaëda mais nous allons faciliter au maximum la mission de la Ligue arabe", a-t-il insisté.
A la question de savoir si ces attentats pouvaient s'inscrire dans un scénario monté par les services de sécurité syriens, il a rétorqué: "ceux qui proféreront de telles allégations sont des criminels".
Le chef des renseignements militaires de la province de Damas, le général Rustom Ghazali, n'a pas exclu d'autres attentats.
Le Hezbollah accuse Washington
Le gouvernement libanais avait affirmé cette semaine que Beyrouth enquêtaient sur des informations selon lesquelles des membres d'el-Qaëda se seraient infiltrés en Syrie par le Liban.
Le Hezbollah a accusé pour sa part les Etats-Unis d'être derrière les attentats. "Ces attentats (...) sont la spécialité des Etats-Unis, mère du terrorisme, qui visent, tuent et terrorisent les innocents pour les pousser à se plier à la politique américaine à la solde du sionisme", indique le parti dans un communiqué. Le Hezbollah "condamne ce crime horrible" commis selon lui par "les ennemis de l'Humanité". "Ceux qui sont lésés par la grande défaite des Etats-Unis et leur retrait humiliant d'Irak ont commencé une opération de vengeance meurtrière et lâche", poursuit le texte.
De son côté, le président Michel Sleiman a téléphoné à son homologue syrien et dénoncé "les attaques terroristes" dans la capitale syrienne, selon un communiqué de son bureau de presse. "La concomitance (des attaques) avec l'arrivée des premiers observateurs en Syrie vise à entraver l'accord arabe conclu entre la Syrie et la Ligue arabe", a affirmé le chef d'Etat.
Washington a condamné "avec la plus grande vigueur" les attentats mais estimé qu'ils ne devaient pas remettre en cause la mission des observateurs.
La France s'est dite elle "préoccupée par les informations faisant état de manipulations orchestrées depuis plusieurs jours par Damas pour maquiller la réalité de la répression" aux yeux des observateurs arabes, évoquant notamment le transfert "des prisonniers politiques dans des lieux de détention secrets".
De son côté, le Conseil national syrien (CNS), principal mouvement d'opposition en Syrie, a imputé au régime Assad la "responsabilité directe" des deux attentats de vendredi. "Le régime syrien, seul, porte toute la responsabilité directe des deux explosions terroristes", écrit le CNS dans un communiqué. Le régime "a voulu adresser un message de mise en garde aux observateurs, pour qu'ils ne s'approchent pas des centres de sécurité", selon eux.

Photo Sana/AFP
L'adjoint du secrétaire général de la Ligue arabe, Samir Seif al-Yazal, arrivé jeudi à Damas pour diriger la mission chargée de préparer la venue d'observateurs arabes, s'est rendu sur les lieux du drame.
"Nous allons continuer notre travail", a assuré M. Yazal, tout en présentant ses condoléances aux proches des victimes. Il a précisé que la mission avait commencé vendredi ses entretiens avec les autorités, et qu'elle devait rencontrer samedi le ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem.
Un premier groupe de 30 à 50 observateurs arabes doit arriver dimanche pour suivre l'application d'un plan de sortie de crise après plus de neuf mois d'une révolte violemment réprimée.Selon une estimation de l'ONU, cette répression a fait au moins 5.000 morts depuis la mi-mars. Les autorités syriennes, qui attribuent les troubles à des "bandes armées", ont pour leur part annoncé plus de 2.000 morts dans les rangs de l'armée et des services de sécurité.
Par ailleurs, sur le terrain, les militants anti-régime ont manifesté vendredi dans plusieurs villes du pays contre la signature du protocole sur l'envoi des observateurs, parlant de "protocole de la mort". Ils ont accusé dans leurs banderoles "la Ligue arabe de faire commerce de notre sang".
La répression de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad s’est poursuivie vendredi, avec quatorze civils tués, dont huit à Homs (centre), deux à Hama (nord), deux à Douma, dans la banlieue de Damas, un à Deraa (sud) et un à Idleb (nord-ouest), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Une manifestation d'opposants syriens à Amman.
Ali Jarekji/Reuters
A l'ONU, les tensions entre les puissances occidentales et la Russie se sont accentuées à propos de la Syrie, les Occidentaux accusant Moscou de tenter de "détourner l'attention" de Damas en demandant une enquête sur l'action de l'Otan en Libye.
Le Canada a annoncé pour sa part une nouvelle série de sanctions contre Damas, interdisant notamment toutes les importations de Syrie à l'exception des produits alimentaires.
Côté arabe, le quotidien Al-Watan a indiqué vendredi que l’Arabie saoudite pourrait fermer son ambassade à Damas "après avoir réduit ses diplomates au strict minimum en raison de la poursuite de la violence pratiquée par le régime contre ses citoyens".
Riyad est "soucieux de prémunir ses citoyens et sa mission diplomatique de tout risque d'autant que la Syrie est devenue une zone de danger où des dizaines sont tués tous les jours", ajoute le journal qui, comme la plupart des quotidiens saoudiens, sont généralement proches des milieux officiels.
L'Arabie saoudite, influente dans le monde arabe, avait rompu avec la traditionnelle discrétion de sa diplomatie pour exprimer publiquement son exaspération envers la politique du régime syrien, son ancien allié.
Elle a ainsi rappelé le 8 août son ambassadeur en Syrie, puis conseillé fin novembre à ses ressortissants de quitter ce pays où la répression a fait au moins 5.000 morts depuis la mi-mars selon une estimation de l'ONU.
Ces attentats, sans précédent depuis le début de la contestation mi-mars, ont eu lieu à quelques minutes d'intervalle dans le quartier de Kafar Soussé, dans l'ouest de la capitale. Ils ont visé la Direction de la sûreté générale, le plus important service de renseignement civil, ainsi qu'un bâtiment de la sécurité militaire.
La télévision a montré des images de civils évacuant des cadavres calcinés ou mutilés, la chaussée maculée de sang et de gravats, un cratère long et profond.
Photo Sana/AFP
"Le terrorisme a voulu que le premier jour des observateurs...



T'as raison André...mais il ne faut pas oublier de liquider aussi:ben tous les autres sauf le Hezb et le CPL en fait,non?C'est pas encore assez?tant pis,je n'ai plus d'imagination.
17 h 16, le 23 décembre 2011