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Économie - Liban - Salaires

Les instances économiques rejettent en chœur la loi votée par le gouvernement

Les organismes économiques ont tenu hier une réunion durant laquelle ils se sont mis d’accord sur le rejet de la nouvelle mouture de l’augmentation des salaires, « plus que dangereuse pour l’économie ». Ils se sont engagés à avoir recours au Conseil d’État et à rester attachés à l’accord, qualifié d’« historique », signé mercredi avec les syndicats.
Le débat sur la hausse des salaires se traduit par une situation on ne peut plus confuse : des organismes économiques en colère, des salariés excédés, des juristes qui tentent d’y voir (plus) clair et des médias qui mettent toute la bonne volonté du monde à transmettre des décisions de plus en plus incohérentes et contradictoires. Suite donc au changement de scénario dantesque qui s’est déroulé beaucoup plus dans des coulisses privées qu’au palais de Baabda et qui a donné naissance à un chamboulement du projet Mikati voté en date du 7 décembre, les organismes économiques se sont réunis une fois de plus hier. « C’est un crime », assène le président du Rassemblement des chefs d’entreprise libanais (RDCL) Fouad Zmokhol dans un entretien téléphonique avec L’OLJ pour résumer ce que le projet de loi voté en Conseil des ministres et orchestré par le ministre du Travail Charbel Nahas aura comme répercussions sur les agents économiques. « Ce sera le coup de grâce pour notre économie », insiste-t-il en soulignant que le projet de loi voté mercredi mènera non seulement à une hausse du taux d’inflation, mais aussi à une augmentation des taxes qui sera subie par le patronat, ainsi que par les salariés. Une initiative donc qui ne ferait que dégrader le pouvoir d’achat des ménages.
En cette période d’achats et de dépenses supplémentaires, à l’heure où les salariés espèrent donc que cette hausse se concrétisera très vite, les organismes économiques ont pris la décision unanime de ne pas appliquer le projet de loi voté mercredi par 15 voix contre 11 et une abstention, celle du ministre des Affaires sociales Waël Bou Faour. Rappelons que la décision prise par le Conseil des ministres prévoit une augmentation du salaire minimum à 868 mille livres à compter du 1er décembre 2011 et stipule que les indemnités de transport (236 mille livres par mois) doivent être incluses dans le salaire minimum, ce qui débouchera sur un calcul des charges sociales et des indemnités de fin de service qui prennent en compte cette inclusion. À ce sujet, le juriste Hassan Rifaat a indiqué à L’OLJ que les indemnités de déplacement relèvent du pouvoir du législateur et non pas du pouvoir exécutif. « L’intégration dans le salaire de cette indemnité ainsi que la majoration des taxes doivent être approuvées par le législateur », a souligné Hassan Rifaat qui tient à préciser que la dernière décision du Conseil des ministres concernant la hausse des salaires ne rend service ni au patronat ni aux salariés. « Le gouvernement ne peut pas prendre une décision qui alourdit les coûts salariaux et oblige les salariés à verser une plus grande part de leurs revenus à la CNSS sans passer par une décision législative » a-t-il ajouté.
C’est donc à l’unanimité que les instances économiques réunies par le président des organismes économiques Adnane Kassar ont déclaré hier qu’elles n’appliqueront pas la dernière décision sur la majoration des salaires et qu’elles auront recours au Conseil d’État pour contrer une décision qui nuit à « tous les secteurs productifs ». Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion, les organismes économiques se sont accordés pour dire que le projet de loi voté mercredi a été adopté sur base de considérations purement politiques, au détriment de la situation socio-économique, pourtant troublée, que traverse le pays.
Mohammad Choucair, le président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Beyrouth et du Mont-Liban (CCIAB), a déploré dans une entrevue télévisée, accordée à la chaîne Future News, le fait que les intérêts politiques et personnels aient pris le dessus sur les considérations d’ordre socio-économique. « Les organismes économiques ne resteront pas passifs », a-t-il déclaré en soulignant qu’ils se « battront pour éviter la faillite du Liban ». « La décision du ministre Nahas mènera au licenciement d’une dizaine de milliers d’employés », a-t-il ainsi mis en garde. Même son de cloche pour le président de l’Association des industriels libanais (AIL) Neemat Frem qui a par ailleurs déclaré que les patrons et leurs salariés « sont désormais plus soudés que jamais ».
D’autres responsables d’associations économiques ont promis d’avoir recours à des grèves et des mouvements de protestation. « Nous ne resterons pas les bras croisés devant des décisions qui ont pour intérêt de transformer le Liban en une république bananière », ont-ils martelé.
Enfin, les organismes économiques ont réaffirmé leur attachement à l’accord signé avec les syndicats ; une démarche qui devait au départ aboutir à une solution consensuelle qui n’irait pas à l’encontre d’une croissance économique chancelante.
Le débat sur la hausse des salaires se traduit par une situation on ne peut plus confuse : des organismes économiques en colère, des salariés excédés, des juristes qui tentent d’y voir (plus) clair et des médias qui mettent toute la bonne volonté du monde à transmettre des décisions de plus en plus incohérentes et contradictoires. Suite donc au changement de scénario dantesque qui s’est déroulé beaucoup plus dans des coulisses privées qu’au palais de Baabda et qui a donné naissance à un chamboulement du projet Mikati voté en date du 7 décembre, les organismes économiques se sont réunis une fois de plus hier. « C’est un crime », assène le président du Rassemblement des chefs d’entreprise libanais (RDCL) Fouad Zmokhol dans un entretien téléphonique avec L’OLJ pour résumer ce que le projet de loi...
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