Ainsi, relève un ancien responsable, le problème dont pâtit le Liban n’est pas une crise de régime, ni une affaire de loi électorale ou de répartition des circonscriptions, encore moins de mode de scrutin ou de communauté qui élit ses propres députés. Le véritable souci est la présence d’armes qui échappent au contrôle de l’État et qui se trouvent aux mains de Libanais et de non-Libanais qui peuvent imposer leurs desiderata comme ils l’entendent, tout comme ils peuvent paralyser le rôle de la majorité parlementaire issue d’élections libres et transparentes. Cette anomalie que vit le pays depuis des années est sans issue, tant que l’État central n’a aucune emprise sur ces armes. De ce fait, les résultats des élections de 2005 et 2009 n’ont pu sortir le pays de l’ornière, encore moins celles de 2013 qui n’augurent d’aucun changement substantiel.
Si les partis et formations armés sortent victorieux de la prochaine consultation avec une majorité des voix, ils gouverneront seuls au nom de la démocratie et monopoliseront la prise de décision en faisant fi de l’opposition.
Par contre, si ce sont les formations non armées qui remportent les élections, la minorité armée imposera alors la formule du partenariat au nom de la « démocratie consensuelle » sur le modèle du gouvernement formé en 2009. Elle pourra ainsi paralyser comme bon lui semble les décisions et projets en place. Le pays fera alors du surplace comme ce fut le cas lors de l’expérience précédente.
Ainsi, il n’y aura de sécurité qu’à « l’amiable » ou pas de sécurité du tout, pas de décisions non plus qui n’aient été prises par consensus. Il ne sera pas question non plus d’élire un président de la République en dehors d’une entente complaisante. Il en sera de même pour l’élection du président de la Chambre.
La réalité est qu’il n’y aura d’issue pour le Liban que par le biais d’un changement en Syrie. Dans ce cas de figure, il sera possible de réinstituer le système démocratique au pays du Cèdre, le gouvernement échouant aux mains de la majorité issue d’élections libres et transparentes, alors que l’opposition se confinera dans son rôle propre par le biais de la reddition des comptes jusqu’à ce qu’elle renverse la situation en sa faveur.
La question qui reste ainsi posée est de savoir si les élections de 2013 se dérouleront à l’ombre d’un nouveau régime en Syrie qui se serait engagé sur la voie de la démocratie et du multipartisme. Et au Liban, en l’absence des armes qui auraient été retirées des mains des Libanais et des non-Libanais dans le cadre d’un État de droit qui imposerait la loi à tous les citoyens sans distinction.
L’autre scénario est la tenue d’un scrutin alors que la situation serait restée inchangée à Damas, ce qui signifie que le statu quo perdurera au Liban, ainsi que la polarisation 8 et 14 Mars, sans qu’une issue ne soit possible quelle que soit la formule électorale adoptée.


Soit!!! Regardons de près: Au 10ème mois du complot contre la Syrie sur fond de mouvements populaires limités, cette dernière n'a pas encore utilisé une seule des ses cartes stratégique et continue à accumuler des informations qui serviront dans un futur proche. à ce jour elle a réussi à anéantir et à éliminer l'effet de surprise, gage de victoire de l'ennemi et le reste n'est qu'une question de nettoyage qui accompagnera lentement mais surement les réelles volontés des reformes démocratiques entreprises par le président Assad. Mais bon... l'espoir fait vivre!
19 h 53, le 22 décembre 2011