Selon des responsables de la Sécurité et de la Justice, cette décision a été prise conformément aux « lois antiterroristes » par un comité judiciaire constitué de cinq membres. Ce comité avait déjà imposé à M. Hachémi une interdiction de voyage à l’étranger.
L’annonce du mandat d’arrêt est survenue alors que la télévision publique el-Iraqiya diffusait des images montrant, selon le ministère de l’Intérieur, des gardes du corps de M. Hachémi avouant qu’ils planifiaient et commettaient des attentats, et recevaient des fonds et un soutien du vice-président. Au moins 13 des gardes du corps de M. Hachémi ont été arrêtés au cours des dernières semaines, mais on ignore combien sont toujours en détention. Le bureau de M. Hachémi s’est aussi plaint de « harcèlement » hier, évoquant plusieurs incidents dont le fait que sa maison est encerclée par les forces de sécurité depuis plusieurs semaines.
Ces événements ont lieu dans une situation de bras de fer opposant ces derniers jours le Premier ministre chiite Nouri el-Maliki au bloc parlementaire laïc Iraqiya, dont fait partie M. Hachémi. Avec 82 députés, Iraqiya est le second groupe parlementaire derrière l’Alliance nationale, coalition des partis religieux chiites (159 élus). Iraqiya avait déjà suspendu samedi sa participation au Parlement et violemment critiqué la façon dont le Premier ministre monopolise le pouvoir. Ce dernier a réclamé par ailleurs la tête du vice-Premier ministre Saleh Moutlak qui l’avait traité à la télévision de « dictateur pire que Saddam Hussein ».
Plus encore, le bloc Iraqiya, de l’ancien Premier ministre Iyad Allaoui, a annoncé hier qu’il allait boycotter le gouvernement, deux jours après avoir suspendu sa participation aux travaux du Parlement, selon une déclaration de Saleh Moutlak. « Cette décision a été prise en raison de la détérioration du processus politique, pour éviter que le pays ne sombre dans la catastrophe si la dictature de Maliki se poursuit », a-t-il ajouté.
Dans ce contexte, un appel de détresse a été lancé hier soir par le président de la région autonome du Kurdistan irakien Massoud Barzani qui a pressé les protagonistes politiques dans son pays de se réunir d’urgence pour éviter un effondrement de leur gouvernement d’union nationale. « La situation s’achemine vers une crise profonde qui menace notre partenariat politique, c’est pourquoi nous appelons à une réunion d’urgence pour éviter l’effondrement du processus politique », a dit M. Barzani qui n’a pas fixé de date à cette réunion.
De même, la Maison-Blanche a exprimé son « inquiétude » hier vis-à-vis de la crise politique actuelle en Irak, et pressé toutes les parties en présence d’« œuvrer à résoudre » leurs divergences.
(Sources : agences)

