Burhan Ghalioun, lundi, à Tunis. Fethi BELAID
"Si le régime syrien poursuit sa répression violente, le CNS fera appel à des forces de dissuasion arabes. Nous avons besoin d'un usage de la force d'une manière limitée et dans des zones précises", a-t-il expliqué à la presse.
"Nous réclamons la protection des civils, des insurgés et l'instauration de zones protégées et sécurisées", a ajouté M. Ghalioun qui dit vouloir favoriser "le rôle primordial du monde arabe dans la crise syrienne".
Le chef du CNS a ensuite comparé la "révolution syrienne" à un nouveau-né : "à l'instar d'une femme enceinte qui n'arrive pas à accoucher naturellement, une césarienne s'avère nécessaire pour sauver le bébé", a-t-il dit, une allusion à l'intervention étrangère en Syrie évoquée plus tôt.
Par ailleurs, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal al-Moqdad a signé lundi au Caire un document arabe pour la protection des civils, qui prévoit le déploiement d'observateurs arabes en Syrie, a constaté un correspondant de l'AFP. M. Moqdad a paraphé le document, de même qu'Ahmed Ben Helli, secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, au siège de l'organisation panarabe, selon la même source.
"La signature du protocole est le début d'une coopération entre nous et la Ligue arabe. Nous accueillerons avec satisfaction la délégation des observateurs qui représentent les pays arabes", a affirmé le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, lors d'une conférence de presse.
M. Mouallem a, par ailleurs, salué les efforts du secrétaire général de la Ligue Nabil al-Arabi. "Nous n'aurions pas accepté de signer ce protocole si des modifications n'auraient pas été faites", a-t-il affirmé sans toutefois précisé la nature de ces modifications."La signature de ce protocole est une décision qui émane exclusivement de la Syrie et du peuple syrien", a insisté M. Mouallem.
Le chef de la diplomatie syrienne a enfin accusé certains pays arabes de vouloir "internationaliser" la crise syrienne, dénonçant les "mauvaises intentions" de ces pays à l'égard de Damas. "Nous ne sommes pas responsables de la perte du temps, au contraire nous cherchons une solution. Nous voulons sortir de cette crise le plus tôt possible", a affirmé M. Mouallem.
Le secrétaire général de la Ligue arabe a, pour sa part, annoncé lundi qu'une première délégation d'observateurs arabes se rendrait en éclaireur à Damas sous 72 heures.
"Sous deux ou trois jours sera envoyée une délégation d'éclaireurs dirigée par Samir Seif al-Yazal, assistant du secrétaire général, et composée d'observateurs de la sécurité, du droit et de l'administration", a déclaré M. Arabi à la presse, précisant que des équipes incluant des experts des droits de l'Homme suivraient.
La décision de Damas a été salué par Téhéran, son allié. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdolahian, a déclaré à la chaîne iranienne de langue arabe Al-Alam que "la position officielle de l'Iran sur la Syrie et le plan de la Ligue arabe, est que tout ce que Bachar el-Assad estime acceptable, nous l'approuvons et l'acceptons". Il a ajouté que la proposition de la Ligue arabe "contient beaucoup des points auxquels l'Iran lui aussi réfléchissait", même si elle ne traite pas toutes les questions.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait, à peine quelques heures avant que la Syrie n'accepte l'envoi d'observateurs arabes, jugé que les démarches des pays arabes sur le dossier syrien relèvent de la "blague".
La France a réclamé aussitôt que les observateurs arabes puissent remplir leur mission "le plus rapidement possible sur le terrain".
Bourhan Ghalioun a, quant à lui, accusé Damas de manœuvrer en acceptant la venue d'observateurs arabes, afin de faire échec à l'intervention du Conseil de sécurité dans le conflit syrien.
"Le régime syrien manoeuvre pour empêcher que le dossier syrien soit soumis devant le Conseil de sécurité des Nations unies (...). Ils n'ont aucune intention d'appliquer une quelconque initiative", a déclaré à Tunis Burhan Ghalioun, chef du CNS.
M. Ghalioun a également appelé la Ligue arabe à prendre des positions "plus sévères" à l'égard de Damas. "Le régime syrien profite de l'initiative arabe et poursuit les tueries", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse à Tunis.
Ghalioun a par ailleurs ajouté que l'opposition syrienne étudie la possibilité de l'instauration d'une zone tampon en Syrie.
Le chef du comité arabe sur la Syrie, le Premier ministre du Qatar, Hamad ben Jassem Al-Thani, avait déclaré samedi que la Ligue arabe envisageait de saisir le Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie, en raison du refus par Damas du plan arabe.
Ce plan prévoit la libération des détenus arrêtés depuis le début du soulèvement, le départ des forces armées des villes et l'ouverture du pays à des observateurs arabes et à la presse étrangère. Il a fait l'objet de plusieurs ultimatums de l'organisation panarabe, qui a adopté le 27 novembre des mesures à l'encontre de Damas pour son refus de le signer, dont certaines sanctions économiques sont entrées en vigueur.
Mais l'Irak, qui s'est déjà démarqué de certaines sanctions, a proposé dimanche une nouvelle initiative.
"Nous avons eu dimanche des discussions très positives avec le secrétaire général de Ligue arabe, qui a soutenu notre initiative complémentaire à celle de la Ligue arabe pour trouver une solution entre Syriens", a déclaré à l'AFP le conseiller irakien pour la sécurité nationale, Falah al-Fayyad.
"Notre prochaine étape est de lancer notre initiative et cette tâche reviendra à notre ministre des Affaires étrangères, qui en dévoilera très bientôt les détails (...) à la Ligue arabe et aux parties syriennes", a-t-il ajouté.

Des manifestants pro-Bachar ont brandi le drapeau libanais
lors d'une manifestation, lundi, à Damas. Sana/AFP
D'un autre côté, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté lundi une résolution condamnant la situation des droits de l'homme en Syrie où la répression des manifestations a fait plus de 5.000 morts selon une estimation des Nations unies.
La résolution a été adoptée par une majorité de 133 pays pour, onze contre et 43 abstenions. L'ambassadeur syrien à l'ONU a qualifié la résolution de complot "démoniaque" contre son pays.
Cette condamnation est adoptée alors que les quinze pays du Conseil de sécurité ont entamé des négociations sur un projet de résolution proposé par la Russie qui se contente de condamner la violence en Syrie provenant des deux parties.
Par ailleurs, sur le terrain, la répression ne faiblissait pas. Treize civils ont été tués lundi par les forces de sécurité. Six civils ont péri à Deraa (sud) et à Deir Ezzor (est), deux civils, âgés de 23 et 15 ans ont péri à Idleb (nord ouest), et 4 autres à Kansafra dans cette même province, où trois soldats de l'armée régulière syrienne ont été tués lors d'affrontements avec des déserteurs, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
A Damas, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants dans le quartier historique de Midane, tuant un jeune homme et blessant un enfant, selon l'OSDH et les comités locaux de coordination (LCC), qui chapeautent les manifestations sur le terrain.
Dans un communiqué, les LCC ont annoncé que 937 civils, dont 60 enfants, ont été tués par les forces de l'ordre et l'armée syriennes depuis le 16 novembre, date à laquelle Damas avait refusé de signer le protocole arabe.
Par ailleurs, des dizaines de déserteurs ont été tués alors qu'ils tentaient de fuir leurs postes dans la province d'Idleb, a annoncé lundi l'OSDH. Selon l'organisation, entre 60 et 70 déserteurs ont péri sous les tirs de mitrailleuses en tentant de fuir leurs postes dans les localités de Kansafra et Kafr Awid.
Parallèlement, des centaines de partisans du président Bachar el-Assad se sont rassemblés lundi sur une grande place de Damas pour dénoncer les sanctions imposées à la Syrie par la Ligue arabe, a constaté une journaliste de l'AFP. Les jeunes portaient des drapeaux syriens et dansaient la dabké (danse folklorique) au rythme de chants à la gloire du pays et du président Assad.
D'immenses drapeaux russes, chinois, iraniens, ainsi que ceux du Brésil et d'Afrique du sud, alliés de Damas qui réprime une révolte populaire hostile au régime, étaient suspendus sur les immeubles.
Les drapeaux jaunes du Hezbollah étaient également accrochés.
"Salut à la Russie, à la Chine, au président (iranien) Mahmoud Ahmadinejad, à Hassan Nasrallah", chef du Hezbollah, a crié un des manifestants par haut-parleur.
Les partisans "veulent exprimer leur soutien aux réformes appliquées par le président Assad et leur rejet des ingérences étrangères", a affirmé pour sa part la télévision publique syrienne à propos de ce rassemblement.
Moscou et Pékin, membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, se sont opposés jusqu'à présent à toute résolution des pays occidentaux menaçant Damas de sanctions pour faire cesser la répression sanglante des manifestations.
"Si le régime syrien poursuit sa répression violente, le CNS fera appel à des forces de dissuasion arabes. Nous avons besoin d'un usage de la force d'une manière limitée et dans des zones précises", a-t-il expliqué à la presse.
"Nous réclamons la protection des civils, des insurgés et l'instauration de zones protégées et sécurisées", a ajouté M. Ghalioun qui dit vouloir favoriser "le rôle primordial du monde arabe dans la crise syrienne".
Le chef du CNS a ensuite comparé la "révolution syrienne" à un nouveau-né : "à l'instar d'une femme enceinte qui n'arrive pas à accoucher naturellement, une...



Cher Ali...je n'aime pas ce monsieur Ghalioun de oute façon.Et je pense que la crise syrienne doit se dénouer en Syrie,et pas à l'étranger...mias pour celà,en core faudrait-il que M. Bachar agisse,vraiment, en conséquence...il semble que le premier pas ait été fait...souhaitons qu'il soit suivi d'autres.ET surtout que l'hémorragie s'arrête en Syrie...
04 h 05, le 20 décembre 2011