Des sources diplomatiques précisent de leur côté que la France souhaiterait alléger ses effectifs au Liban, tout comme d’autres pays européens qui estiment que la présence de contingents importants au Sud n’est pas vraiment importante. Ce que ces sources ne disent pas mais qui semble latent, c’est que les pays européens ayant des contingents déployés au Sud craignent que leurs soldats ne soient transformés en otages entre les mains du Hezbollah en cas de détérioration de la situation au Liban et en Syrie. C’est pourquoi ils souhaiteraient avoir le moins possible de soldats au sein de la Finul. L’alternative est donc soit de faire appel à des contingents venus de pays asiatiques (on parle notamment de l’Indonésie), soit de déployer la Finul uniquement le long de la frontière avec Israël, la transformant ainsi en une nouvelle Undof, cette force onusienne créée au lendemain de l’armistice et chargée de surveiller la frontière. En même temps, la présence de l’armée libanaise serait renforcée dans la zone d’action de la Finul. Les partisans de cette théorie avancent, en guise d’argument, le fait que la résolution 1701 prévoit le déploiement de 13 000 soldats de l’armée au sud du Litani, alors que jusqu’à présent la troupe n’y a envoyé que 7 000 hommes.
Il serait donc temps, selon les partisans de cette thèse, que l’armée libanaise remplisse sa part du contrat, alors que la Finul serait ainsi plus en retrait.
La majorité actuelle ne voit pas d’un très bon œil ces rumeurs sur un allègement des effectifs de la Finul et sur une demande de renforcement de la présence de l’armée. Elle flaire un piège qui consisterait à placer les soldats libanais en situation de confrontation avec le Hezbollah, alors que l’armée a déjà fort à faire pour assurer un minimum de contrôle (et de calme) aux frontières du Nord et de la Békaa. D’ailleurs, pour pouvoir envoyer un surplus d’effectifs au Sud, l’armée devrait alléger son dispositif dans ces dernières régions. Des parties au sein de la majorité craignent que ce ne soit en fait l’objectif recherché qui vise à dégager ces secteurs pour permettre une plus grande circulation des opposants syriens entre leur pays et le Liban et relancer ainsi la création d’une zone tampon à la frontière nord avec la Syrie après l’échec du projet d’en créer une à la frontière turque.
Dans ce cas, quelle partie a donc envoyé les deux roquettes qui sont tombées, la première à 500 mètres de la frontière, dans une sorte de no man’s land, et la seconde à 3 km de la frontière israélienne ? Ont-elles donc manqué leur objectif et sont-elles dans ce cas le fait d’amateurs ou bien le but n’était pas tant de faire mal et de causer des victimes que d’adresser des messages politiques. En visite chez le président de la Chambre, le commandant en chef de la Finul, le général espagnol Asarta, a affirmé que le Hezbollah n’était pas derrière le lancement des roquettes. Selon toute vraisemblance, des parties palestiniennes ont donc pu le faire, les camps installés dans la région étant devenus un refuge pour de nombreux services secrets et en raison des conditions terribles de vie dans les camps. Il ne serait pas difficile ainsi de demander à de petits groupes de lancer ce type de roquettes.
Mais qui seraient les commanditaires de ces actes ? Les interprétations sont multiples et divergentes. Certaines parties au sein de la majorité n’excluent pas la possibilité que les Israéliens eux-mêmes aient pu enrôler des groupes divers pour envoyer les roquettes, exprimant ainsi leur refus d’un éventuel allégement des effectifs de la Finul et de leur déploiement le long de la frontière. Selon ces parties, Israël utiliserait en fait les Casques bleus de la Finul un peu comme des informateurs sur le Hezbollah dans leur zone de déploiement, d’autant que comme l’avait montré le secrétaire général du parti chiite dans un de ses discours, les autorités israéliennes ont accès aux ordinateurs des Casques bleus. Israël ne souhaiterait donc pas perdre cette source d’information précieuse, au moment où ses dispositifs d’espionnage sont en train d’être découverts et démantelés. Une autre possibilité est que les groupes qui ont lancé les roquettes agiraient pour le compte de ceux qui souhaitent modifier le mandat de la Finul, en créant une instabilité et en suscitant des frictions entre le Hezbollah et l’armée pour aboutir à un déploiement des Casques bleus sur toutes les frontières du Liban, avec Israël et la Syrie, comme il en a été question à un moment donné. L’évocation par le secrétaire d’État adjoint américain Jeffrey Feltman au cours de sa dernière visite au Liban de la résolution 1559 n’est pas tombée dans les oreilles de sourds...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Cher Pierre....la remise par le Hezb de ses armes à l'Armée n'est pas pour demain,ni après demain...la solution?pour le moment ,éviter l'explosion chez nous.Commençons par là...le reste,si reste il y a,suivra.Vous ne parlez pas des palestiniens.Que comptez vous en faire?
05 h 29, le 19 décembre 2011