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Liban - Éclairage

Le rôle de la Finul sur la sellette

Même si cette affaire est passée un peu au second plan – nouvelle actualité oblige –, les deux roquettes lancées à partir du Liban-Sud en direction d’Israël continuent d’intriguer les milieux diplomatiques. Dans sa grande majorité, la classe politique estime qu’il ne s’agit pas d’incidents fortuits provoqués par des groupes d’excités, mais bien de faits graves qui ouvrent en grand le dossier de la Finul et de sa mission au Liban. D’autant que ces incidents interviennent à un timing crucial, au moment où un débat s’ouvre à New York sur le rôle stratégique de la force onusienne au Liban. Un rapport doit être établi à ce sujet et présenté au Conseil de sécurité au cours du premier trimestre 2012. Un émissaire spécial pourrait être envoyé au Liban dans ce but.
Des sources diplomatiques précisent de leur côté que la France souhaiterait alléger ses effectifs au Liban, tout comme d’autres pays européens qui estiment que la présence de contingents importants au Sud n’est pas vraiment importante. Ce que ces sources ne disent pas mais qui semble latent, c’est que les pays européens ayant des contingents déployés au Sud craignent que leurs soldats ne soient transformés en otages entre les mains du Hezbollah en cas de détérioration de la situation au Liban et en Syrie. C’est pourquoi ils souhaiteraient avoir le moins possible de soldats au sein de la Finul. L’alternative est donc soit de faire appel à des contingents venus de pays asiatiques (on parle notamment de l’Indonésie), soit de déployer la Finul uniquement le long de la frontière avec Israël, la transformant ainsi en une nouvelle Undof, cette force onusienne créée au lendemain de l’armistice et chargée de surveiller la frontière. En même temps, la présence de l’armée libanaise serait renforcée dans la zone d’action de la Finul. Les partisans de cette théorie avancent, en guise d’argument, le fait que la résolution 1701 prévoit le déploiement de 13 000 soldats de l’armée au sud du Litani, alors que jusqu’à présent la troupe n’y a envoyé que 7 000 hommes.
Il serait donc temps, selon les partisans de cette thèse, que l’armée libanaise remplisse sa part du contrat, alors que la Finul serait ainsi plus en retrait.
La majorité actuelle ne voit pas d’un très bon œil ces rumeurs sur un allègement des effectifs de la Finul et sur une demande de renforcement de la présence de l’armée. Elle flaire un piège qui consisterait à placer les soldats libanais en situation de confrontation avec le Hezbollah, alors que l’armée a déjà fort à faire pour assurer un minimum de contrôle (et de calme) aux frontières du Nord et de la Békaa. D’ailleurs, pour pouvoir envoyer un surplus d’effectifs au Sud, l’armée devrait alléger son dispositif dans ces dernières régions. Des parties au sein de la majorité craignent que ce ne soit en fait l’objectif recherché qui vise à dégager ces secteurs pour permettre une plus grande circulation des opposants syriens entre leur pays et le Liban et relancer ainsi la création d’une zone tampon à la frontière nord avec la Syrie après l’échec du projet d’en créer une à la frontière turque.
Dans ce cas, quelle partie a donc envoyé les deux roquettes qui sont tombées, la première à 500 mètres de la frontière, dans une sorte de no man’s land, et la seconde à 3 km de la frontière israélienne ? Ont-elles donc manqué leur objectif et sont-elles dans ce cas le fait d’amateurs ou bien le but n’était pas tant de faire mal et de causer des victimes que d’adresser des messages politiques. En visite chez le président de la Chambre, le commandant en chef de la Finul, le général espagnol Asarta, a affirmé que le Hezbollah n’était pas derrière le lancement des roquettes. Selon toute vraisemblance, des parties palestiniennes ont donc pu le faire, les camps installés dans la région étant devenus un refuge pour de nombreux services secrets et en raison des conditions terribles de vie dans les camps. Il ne serait pas difficile ainsi de demander à de petits groupes de lancer ce type de roquettes.
Mais qui seraient les commanditaires de ces actes ? Les interprétations sont multiples et divergentes. Certaines parties au sein de la majorité n’excluent pas la possibilité que les Israéliens eux-mêmes aient pu enrôler des groupes divers pour envoyer les roquettes, exprimant ainsi leur refus d’un éventuel allégement des effectifs de la Finul et de leur déploiement le long de la frontière. Selon ces parties, Israël utiliserait en fait les Casques bleus de la Finul un peu comme des informateurs sur le Hezbollah dans leur zone de déploiement, d’autant que comme l’avait montré le secrétaire général du parti chiite dans un de ses discours, les autorités israéliennes ont accès aux ordinateurs des Casques bleus. Israël ne souhaiterait donc pas perdre cette source d’information précieuse, au moment où ses dispositifs d’espionnage sont en train d’être découverts et démantelés. Une autre possibilité est que les groupes qui ont lancé les roquettes agiraient pour le compte de ceux qui souhaitent modifier le mandat de la Finul, en créant une instabilité et en suscitant des frictions entre le Hezbollah et l’armée pour aboutir à un déploiement des Casques bleus sur toutes les frontières du Liban, avec Israël et la Syrie, comme il en a été question à un moment donné. L’évocation par le secrétaire d’État adjoint américain Jeffrey Feltman au cours de sa dernière visite au Liban de la résolution 1559 n’est pas tombée dans les oreilles de sourds...
Même si cette affaire est passée un peu au second plan – nouvelle actualité oblige –, les deux roquettes lancées à partir du Liban-Sud en direction d’Israël continuent d’intriguer les milieux diplomatiques. Dans sa grande majorité, la classe politique estime qu’il ne s’agit pas d’incidents fortuits provoqués par des groupes d’excités, mais bien de faits graves qui ouvrent en grand le dossier de la Finul et de sa mission au Liban. D’autant que ces incidents interviennent à un timing crucial, au moment où un débat s’ouvre à New York sur le rôle stratégique de la force onusienne au Liban. Un rapport doit être établi à ce sujet et présenté au Conseil de sécurité au cours du premier trimestre 2012. Un émissaire spécial pourrait être envoyé au Liban dans ce but.Des sources diplomatiques précisent...
commentaires (4)

Cher Pierre....la remise par le Hezb de ses armes à l'Armée n'est pas pour demain,ni après demain...la solution?pour le moment ,éviter l'explosion chez nous.Commençons par là...le reste,si reste il y a,suivra.Vous ne parlez pas des palestiniens.Que comptez vous en faire?

GEDEON Christian

05 h 29, le 19 décembre 2011

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Commentaires (4)

  • Cher Pierre....la remise par le Hezb de ses armes à l'Armée n'est pas pour demain,ni après demain...la solution?pour le moment ,éviter l'explosion chez nous.Commençons par là...le reste,si reste il y a,suivra.Vous ne parlez pas des palestiniens.Que comptez vous en faire?

    GEDEON Christian

    05 h 29, le 19 décembre 2011

  • Il n'y a qu'une seule solution: 1-La remise par le Hezbollah de ses armes a l’armée. 2- Le Liban force toutes organisations palestiniennes a remettre toutes leurs armes, a l'Etat, de gré ou de force, leur choix! 3- Le Liban trace ses frontières avec la Syrie comme il l'entend et réclame les fermes de Chebaa aux Israéliens et tout autre choses qu'elle croit être de son droit. 4- Le Liban passe a la vitesse grand V dans les reformes nécessaires sur le plan interne pour se renforcer contre toutes tentatives de déstabilisations ou de guerres. 5- Le Liban se doit sérieusement de repenser sa stratégie de politique étrangère avec a la clef un nouvel accord avec la Syrie qui vient et prendre les devants pour préparer la paix entre la Syrie et le Liban avec Israël. 6- Au final un plan de développement économique pour toutes les régions du Liban afin d'assurer les citoyens Libanais. Alors plus besoin d'avoir peur et plus besoin d'ONU que nous remplacerons volontiers par des touristes qui apporterons sonnantes et trébuchantes a une économie toujours très dynamique en temps de paix. Il y a tant a faire!!!

    Pierre Hadjigeorgiou

    04 h 53, le 19 décembre 2011

  • - - Ah ce Feltman , décidément , on le trouve partout et derrière chaque sauce chez nous .. Il veut maintenant nous envoyer les Indonésiens , islamiques par excellence , pour remplacer les Français et les Italiens !! pour que la guerre inter musulmane se fasse sur notre terre , entre Hezb et Indonésiens + Palestiniens ...

    JABBOUR André

    00 h 50, le 19 décembre 2011

  • Faudrait savoir...toutes le hypothèses sont évoquées sur un pied d'égalité dans ce fourre-tout.Celle que je trouve la plus farfelue est celle de la Finul agissant comme espion des Israëliens et laissant libre accès à ses ordinateurs..."comme l'a montré M.Nasrallah"...Une seule hypothèse n' a pas été évoquée.Celle d'une Finul en réalité composée de soldats de Tsahal déguisés en français,italiens,indonésiens,népalais et autres.Vous êtes sûre Scarlett que ce n'est pas le cas?Et les Leclerc,vous êtes sûre qu'en réalité ce ne sont pas des Merkavas?Parcequ'au point où on en est dans les hypothèses,pourquoi s'arrêter en si bon chemin?

    GEDEON Christian

    19 h 03, le 18 décembre 2011

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