La frégate União transporte plus de 200 militaires brésiliens dont certains sont d’origine libanaise.
La visite du vice-président Temer qui, de par sa position-clé au Brésil, est aujourd’hui l’un des Libanais d’origine les plus influents, revêt un caractère d’autant plus symbolique qu’elle s’est accompagnée de deux événements majeurs axés sur l’appui culturel et militaire au Liban. Confirmant l’importance des relations privilégiées entre le Liban et le Brésil, premier pays de l’émigration libanaise, elle a été soigneusement préparée par l’ambassadeur du Brésil au Liban, Paulo Roberto Tarrisse de Fontoura.
L’influence brésilienne se met aujourd’hui en place au Liban, avec deux instruments diplomatiques de poids que sont le Centre culturel Brésil-Liban, inauguré officiellement à Beyrouth durant cette visite, et la frégate União, fleuron de la marine brésilienne, qui a fait son entrée dans les eaux territoriales libanaises, pour se joindre à plus de dix autres navires de guerre de la Force intérimaire des Nations unies (Finul).
Un centre culturel ouvert à tous
Au moment où l’association culturelle Brésil-Liban se préparait à l’inauguration à São Paulo d’une exposition sur la visite il y a 135 ans de l’empereur du Brésil Dom Pedro II au Liban, le vice-président du Brésil Michel Temer a levé le voile sur la plaque commémorative du Centre culturel Brésil-Liban situé dans le quartier d’Achrafieh. Cette cérémonie a été organisée par l’ambassadeur Paulo de Fontoura, accompagné de son épouse Maria Teresa, ainsi que ses collaborateurs dont Rose-Marie Maasri, directrice intérimaire du centre, et Roberto Medeiros, ministre conseiller, en présence d’une centaine de diplomates de l’ambassade et du consulat général brésiliens, de parlementaires, de journalistes et d’un nombre restreint d’invités.
M. Temer a admiré la beauté du centre, un immeuble ancien de trois étages très joliment rénové donnant sur un jardin. Il a assisté avec émotion au film A Última Estação (L’ultime station), première coproduction libano-brésilienne réalisée par Mounir Maasri et portant sur l’émigration libanaise au Brésil. Il a ensuite donné de rapides interviews préparées par son attaché de presse Bernardo de Castro qui recevait les journalistes : Richard Lteif, de la radio Pax Békaa, qui anime l’émission «Live Brazil» parrainée par l’ambassade; Marcel Hinan, correspondant de Folha de São Paulo au Moyen-Orient; Tarek Saleh, correspondant de BBC Brasil au Liban; Jaenia García, qui a présenté le 2e voyage de retour aux sources de l’association RJLiban, qui sera organisé du 13 juillet au 1er août 2012 au Liban.
Une rencontre s’est également déroulée dans une des salles de classe avec l’enseignante Renata Vieira et un groupe d’étudiants prenant des cours de portugais dans ce nouveau centre culturel au Liban, qui s’ajoute à ceux de l’Allemagne, de la Chine, de l’Espagne, de la France, de l’Italie, de l’Iran, du Japon, du Royaume-Uni et de la Russie.
Une impressionnante frégate high-tech
C’est la première fois qu’un président libanais visite un navire de la Force de paix des Nations unies. Là aussi l’émotion était au rendez-vous : une première fois lors de la présentation à Michel Sleiman de soldats d’origine libanaise faisant partie du contingent brésilien, après l’inspection de la salle des opérations militaires ; et une deuxième fois lors de l’arrivée du vice-président brésilien Michel Temer et du président libanais à la salle de réception de la frégate F-45 União, en ce 21 novembre, veille de la fête de l’Indépendance du Liban et date d’anniversaire du général Michel Sleiman, pour lequel a été entonné en portugais le célèbre «parabéns pra você».
Le Brésil a ainsi pris le commandement de la force navale de Finul, l’entrée de la frégate União – de nouvelle génération, équipée de missiles et transportant plus de 200 militaires – dans le port de Beyrouth, étant conduite par le commandant des opérations navales de la marine brésilienne, l’amiral d’escadre João Afonso Prado Maia de Faria, venu spécialement à l’occasion de l’événement. Ont participé à la cérémonie: le commandant espagnol de la Finul, le général de brigade Alberto Asarta Cuevas, le commandant brésilien de la force navale de la Finul, le contre-amiral Luiz Henrique Caroli, le commandant de la marine libanaise, le contre-amiral Nazih Baroudi, ainsi que des ambassadeurs ibéro-américains, des diplomates et autres officiels.
Brasilia et Beyrouth sont désormais en parfaite harmonie, basée principalement sur leur vocation de renforcer la paix et la sécurité dans la région, et entraînant une plus grande implication du puissant lobby des parlementaires libano-brésiliens en faveur du Liban, leur berceau familial.
Cette page (parution les premier et troisième lundis de chaque mois) est réalisée
en collaboration avec l’Association RJLiban. E-mail : naji.farah@rjliban.com – www.rjliban.com


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