Les forces de l'ordre se déploient dans les rues de Janaozen. Olga Yaroslavskaya/
Le président du Kazakhstan a décrété d'état d'urgence et instauré le couvre-feu samedi à Janaozen, une ville de l'ouest de cette ancienne république soviétique d'Asie centrale.
Dans un décret publié à l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité kazakh, le président Noursoultan Nazarbaïev a ordonné "d'instaurer d'état d'urgence dans la ville de Janaozen du 17 décembre 18h00 au 5 janvier 2012 07h00 (...) à la suite des troubles massifs à l'ordre public le 16 décembre". Le même texte ordonne de faire respecter un couvre-feu sur la même période de 23h00 à 07h00.
Le président Nazarbaev, qui dirige d'une main de fer depuis l'époque soviétique ce pays riche en ressources minérales et en hydrocarbures, et considéré jusqu'à présent comme le plus stable de la région, a affirmé dans une déclaration également publiée samedi que la situation était "sous contrôle".
Un site d'opposition a pourtant affirmé samedi soir que des tirs en rafales étaient entendus à Janaozen. Le site socdeistvie.info affirme que des combats avaient lieu dans la soirée dans cette ville, ainsi que dans une localité des environs, Chepti, dont les habitants auraient "arrêté deux trains et commencé de brûler les wagons".
Le site indique un lien vers une video en ligne, présentée comme étant celle d'une conversation par téléphone avec un habitant de Janaozen, enregistrée à 20h30 locales (15h30 GMT).
http://www.youtube.com/watch?v=15FUtEQ-f4o
Sur cette video, entrecoupée de bruits de tirs en rafales d'arme automatique, un homme s'exprime alternativement en russe et en kazakh. "Les gens ont été forcés à rentrer chez eux. Il y a encore quelques foyers, les gars combattent encore un peu", dit-il.
Il n'était pas possible de vérifier cette information dans l'immédiat, les communications étant coupées avec Janaozen.
Un porte-parole du Parquet général kazakh a par ailleurs indiqué que la situation s'était également tendue dans une autre ville de l'ouest du pays, Aktaou. "Il y a eu hier (vendredi) certains troubles à Aktaou, des gens se sont rassemblés, mais après l'intervention du procureur et de la direction de la police de la ville, ils se sont dispersés", a dit ce porte-parole, Nourdaoulet Souindikov, cité par Interfax.
Dans un communiqué, l'ONG de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch a affirmé de son côté qu'une centaine de personnes avaient été arrêtées dans cette ville, puis libérées dans la nuit.
Le président Nazarbaïev a souligné dans sa déclaration qu'il ne tolèrerait aucun trouble dans le pays. "L'Etat empêchera dans toute la rigueur de la loi toute tentative de nuire à la tranquillité et à la sécurité de nos citoyens", a-t-il déclaré, "les coupables seront punis".
Vendredi, de violents heurts impliquant apparemment des milliers de grévistes du secteur pétrolier réclamant des hausses de salaires, et qui s'en étaient pris aux préparatifs de l'anniversaire de l'indépendance du Kazakhstan sur la place centrale de Janaozen, ont provoqué la mort de 11 personnes après l'intervention des forces de l'ordre.
Plusieurs grèves ont eu lieu ces derniers mois dans cette région qui regorge de pétrole, située sur la rive orientale de la mer Caspienne.
Selon plusieurs médias d'opposition, des manifestants employés de la société pétrolière Ozemunaigaz s'en sont pris à la tribune montée à l'occasion des festivités, après quoi les forces de l'ordre ont chargé et ouvert le feu.
Le Parquet général kazakh a cependant fait état samedi d'un dernier bilan officiel de 11 morts, 86 blessés dont 6 policiers, et 70 personnes interpellées. Le représentant du Parquet, dans un communiqué, a affirmé que les troubles avaient été organisés par des "voyous" qui "se cachaient derrière les grévistes". Selon lui, les forces de police ont été contraintes de faire usage de leurs armes après avoir essuyé "des coups de feu de la part des participants des troubles".
Des informations diffusées par des ONG russes de défense des droits de l'homme et l'opposition kazakhe, qui ne donnent pas de sources, font pour leur part état de "plusieurs dizaines de morts".
Des témoignages diffusés par la chaîne de télévision indépendante kazakh K+, basée au Kirghizstan voisin, ont fait état d'une cinquantaine de morts et de l'emploi d'armes automatiques contre la foule.
Dans un communiqué samedi, le Parti national social-démocrate (opposition) a accusé les forces de l'ordre d'avoir "utilisé leurs armes contre des manifestants non armés".
Human Rights Watch a mis en garde les autorités du Kazakhstan contre tout recours "excessif à la force", dans un communiqué. "Sans moyen de communiquer avec le monde extérieur, la population de Janaozen est extrêmement vulnérable", a estimé l'ONG, alors que l'Internet et la téléphonie mobile ont été coupés dans la région depuis vendredi.
Dans un décret publié à l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité kazakh, le président Noursoultan Nazarbaïev a ordonné "d'instaurer d'état d'urgence dans la ville de Janaozen du 17 décembre 18h00 au 5 janvier 2012 07h00 (...) à la suite des troubles massifs à l'ordre public le 16 décembre". Le même texte ordonne de faire respecter un couvre-feu sur la même période de 23h00 à 07h00.
Le président Nazarbaev, qui dirige d'une main de fer depuis l'époque soviétique ce pays riche en ressources minérales et en hydrocarbures, et considéré jusqu'à présent comme le plus stable de la région, a affirmé dans une déclaration...


Et les Russes se précipiteraient avec plus de détermination, coincés qu'ils sont de plusieurs côtés, dans le marchandage des intérêts contre intérêts, influences contre influences et lâchages contre lâchages. Pauvres Russes, ils sont à plaindre. Il aurait fallu qu'ils soient plus intelligents. Leçon pour certaines mouches qui se croient pourvues d'ailes, de trompe et de deriière à défier même les cieux. Le réveil, bien que tardif, leur ferait, peut-être, du bien, s'il en est temps encore... Anastase Tsiris
02 h 55, le 18 décembre 2011