Cesaria Evora en spectale à Budapest, en Hongrie, le 9 août 2007. Photo archives/
Très affaiblie depuis plusieurs mois, ce qui l'avait contrainte à abandonner la scène en septembre, la chanteuse capverdienne Cesaria Evora, surnommée la "Diva aux pieds nus", est morte samedi à 70 ans dans son île natale de Sao Vicente dans l'archipel du Cap-Vert. Sa mort a été officiellement annoncée à Praia, la capitale capverdienne, par le ministre de la Culture, Mario Lucio Sousa. Le gouvernement du Cap Vert a décrété un deuil national de 48 heures sur toute l'étendue de l'archipel.
"Cett mort nous attriste et nous désole, parce qu'elle était l'une des références majeures de la culture du Cap Vert, en particulier la musique", a déclaré le chef de l'État qui s'est déclaré "consterné". "Quand on parle du Cap Vert dans le monde, le nom de Cesaria vient toujours en premier, ce qui montre le poids symbolique que la chanteuse et sa voix étaient pour le pays ", a-t-il ajouté.
Dans une déclaration à la presse, le Premier ministre José Maria Neves a pour sa part affirmé que la chanteuse "a donné une inestimable contribution à la grandeur de notre nation et à notre fierté". Il a ajouté que Cesaria Evora ne "mourra jamais parce qu'une icône et une star ne meurent jamais. Elle restera à jamais dans la mémoire du Cap Vert et de tous les Capverdiens", a-til dit.
M. Sousa, le ministre de la Culture, lui-même chanteur ayant enregistré un album avec Cesaria Evora et avec laquelle il se trouvait il y a dix jours, a dit avoir perdu "une grande amie" dont il était "très proche". Il l'a remerciée pour "l'héritage qu'elle nous a laissé" et promis que toutes les oeuvres de la chanteuse seraient réunies et publiées, y compris les inédits.
La chanteuse souffrait depuis longtemps de problèmes de santé et avait subi ces dernières années plusieurs interventions chirurgicales, dont une opération à coeur ouvert, en mai 2010, qui avait duré six heures.
En avril, elle était apparue très en forme sur la scène parisienne du Grand Rex à Paris. Mais quelques jours après avoir fêté en toute simplicité son 70e anniversaire, le 27 août, dans sa ville de Mindello, elle était revenue à Paris dans un "état de grande faiblesse", selon sa maison de disques.
"Je n'ai pas de force, pas d'énergie. Je veux que vous disiez à mes fans: excusez-moi, mais maintenant, je dois me reposer. Je regrette infiniment de devoir m'absenter pour cause de maladie, j'aurais voulu donner encore du plaisir à ceux qui m'ont suivie depuis si longtemps", avait-elle déclaré au journal français Le Monde lors de l'annonce de son retrait de la scène, le 23 septembre.
"J'ai fait de mon mieux"
"La vie continue, je suis venue vers vous, j'ai fait de mon mieux, j'ai eu une carrière que beaucoup aimeraient avoir", ajoutait-elle, en assurant pourtant que son coeur allait "bien".
La chanteuse rappellait qu'elle avait "failli mourir en Australie", puis que son coeur avait "flanché à Lisbonne", au gré de la vie itinérante qui l'a menée aux quatre coins du monde en 22 ans de carrière internationale.
Comme une petite fille, elle confiait que ses nouveaux soucis de santé étaient dus à l'abus de "batathinas", des chips portugaises dont la consommation lui était interdite en raison de son cholestérol élevé et de son coeur fragile.
"J'ai arrêté, mais je devrais en manger à nouveau pour voir si c'est vraiment ça qui m'a affaiblie", ironisait la diva, qui avait cessé de boire il y a plusieurs années, mais continuait d'allumer cigarette sur cigarette.
Depuis son retour au Cap-Vert après l'annonce de son retrait de ce qu'elle aimait le plus, la scène, elle n'avait plus abandonné sa ville de Mindello. Avant de quitter Paris après de nouveaux examens médicaux, elle avait répondu au journaliste du Monde qui lui demandait si elle allait retourner au Cap Vert: "Evidemment, où voudriez-vous que j'aille ? Je dois maintenant réunir la famille..."
Le grand public avait découvert en 1992 cette ancienne chanteuse des bars de Mindello, ville principale de l'île de Sao Vicente et capitale culturelle de l'archipel, grâce à la parution cette année-là de son troisième album, "Miss Perfumado", et de deux concerts triomphaux au Théâtre de la Ville à Paris. Le succès, tardif pour une chanteuse alors déjà âgée de 50 ans, ne s'était depuis jamais démenti, se propageant à travers la planète.
Très affaiblie depuis plusieurs mois, ce qui l'avait contrainte à abandonner la scène en septembre, la chanteuse capverdienne Cesaria Evora, surnommée la "Diva aux pieds nus", est morte samedi à 70 ans dans son île natale de Sao Vicente dans l'archipel du Cap-Vert. Sa mort a été officiellement annoncée à Praia, la capitale capverdienne, par le ministre de la Culture, Mario Lucio Sousa. Le gouvernement du Cap Vert a décrété un deuil national de 48 heures sur toute l'étendue de l'archipel.
"Cett mort nous attriste et nous désole, parce qu'elle était l'une des références majeures de la culture du Cap Vert, en particulier la musique", a déclaré le chef de l'État qui s'est déclaré "consterné". "Quand on parle du Cap Vert dans le monde, le nom de Cesaria vient toujours en premier, ce qui montre le poids symbolique...


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