Pourtant, nous sommes loin des réalités libanaises. Bien que la DUDH souligne que les hommes doivent être égaux indépendamment de leur race, couleur, genre, etc., au Liban l’égalité s’entend de manière plus que restrictive.
Beaucoup d’histoires courent les rues sur certaines discriminations raciales que vivent les gens de couleur au Liban. Le traitement infligé par certains à leurs employées est d’une incroyable cruauté. Si un Libanais a épousé une femme de couleur, il constatera bientôt que, pour leurs enfants, l’accès à l’éducation et à la scolarité est très difficile, vu leur « différence ». Certains couples ont même eu recours à des stratagèmes frisant le ridicule pour que leurs enfants puissent être scolarises (comme envoyer leur belle-mère inscrire les enfants à l’école). Sinon, leurs enfants seraient sans école.
Encore mieux, et dans ce cas l’histoire montre combien nous sommes encore archaïques, alors même que l’égalité dans l’accès au monde du travail est reconnue dans les conventions internationales et par nous-mêmes aussi. Si une Africaine désire travailler au Liban, non pas en tant qu’employée de maison mais comme salariée dans une entreprise, eh bien, même si elle possède un CV en béton digne de ceux des Libanais fraîchement diplômés, on lui refusera l’emploi avant même toute entrevue.
Autre exemple : dans la législation libanaise, il est permis aux étrangers d’avoir une propriété foncière, évidemment dans un cadre législatif précis qui ne touche en aucun cas à la nature même de l’intéressé. Pourtant, certaines personnes d’origine africaine, remplissant toutes les conditions légales requises et ayant les moyens financiers nécessaires pour s’installer au Liban ou du moins y disposer d’une résidence secondaire, se sont vu refuser l’achat sans que le vendeur n’indique des causes plausibles. Comment expliquer cela ?
Je passe sur les mille et un ennuis causés aux employées de maison, mais il est évident que certains employeurs abusent de leur autorité patronale.
Si nous nous réclamons des droits de l’homme, je crois qu’il serait temps que nous revoyions notre copie. L’application laisse à désirer.
Jean-Paul MOUBARAK


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