"Le juge d'instruction chargé du dossier a décidé de lever le mandat d'amener à l'encontre de Mme Arafat", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de la Justice Kadhem Zine el Abidine, confirmant une information parue dans le quotidien arabophone Assabah.
Il n'a pas été en mesure de préciser les raisons de cette levée.
La justice tunisienne avait émis en octobre un mandat d'amener contre Mme Arafat, qui vit à Malte, dans le cadre de l'affaire de l'Ecole internationale de Carthage, un établissement qu'elle avait fondé au printemps 2007 avec Leïla Trabelsi, l'ex-première dame de Tunisie, dans la banlieue nord de Tunis.
La justice tunisienne estime que l'école a été créée de façon illégale et pour servir des "intérêts personnels".
"Je pense que le juge a dû se rendre compte que Mme Arafat n'était pas impliquée dans l'affaire qu'on lui reproche. J'imagine qu'elle sera entendue comme témoin et qu'elle pourra prouver qu'elle a été une victime dans cette affaire", a déclaré à l'AFP l'avocat de Mme Arafat, Me Mounzer Saeghi.
La création de l'école internationale de Carthage, établissement privé qui fournissait un enseignement de la maternelle au lycée conformément au système éducatif français, avait créé des remous car elle avait entraîné la fermeture d'un établissement également privé et réputé, l'école Louis Pasteur-Bouebdeli.
Selon la presse tunisienne, des désaccords étaient rapidement apparus entre Leïla Ben Ali et Souha Arafat.
Le 14 août 2007, le président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali avait déchu Mme Arafat de sa nationalité tunisienne, acquise en septembre 2006. Elle avait alors quitté la Tunisie pour Malte.
Réagissant le 31 octobre à l'annonce du mandat d'amener, Mme Arafat s'était dite "surprise", se décrivant elle-même comme une "victime de la dictature tunisienne".
Elle avait déclaré l'AFP disposer de "tous les documents, de toutes les informations, de tout ce qui prouve que je n'ai rien à voir avec cette école".
Mme Arafat, Palestinienne de naissance, a été l'assistante du chef de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine) Yasser Arafat pendant son exil en Tunisie, de 1982 à 1994. Elle l'avait épousé en secret en 1990. Leur mariage avait été révélé deux ans plus tard.
Après la mort du dirigeant palestinien en 2004, elle était revenue s'installer à Tunis et avait obtenu la nationalité tunisienne, jusqu'à sa déchéance de nationalité en 2006.


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