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À La Une - Russie

Face à la contestation, Poutine droit dans ses bottes

Le Premier ministre ironise sur l’opposition, accuse Washington d’être impliqué dans la mort de Kadhafi.

Vladimir Poutine, lors de la session annuelle de questions-réponses télévisées. Alexey Sazonov/AFP

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a écarté jeudi toute remise en cause des résultats des législatives, alors que la Russie est le théâtre d’un mouvement de contestation sans précédent.

"L'opposition dira toujours que les élections ne sont pas honnêtes, c'est le cas partout et dans tous les pays", a déclaré M. Poutine lors d'une séance de questions-réponses télévisées. "A mon avis, le résultat de ces élections reflète indéniablement l'état des forces dans le pays", a-t-il ajouté, alors que l'opposition dénonce des fraudes massives et exige l'invalidation des résultats.

"Le fait que les gens s'expriment sur ce qui se passe dans le pays, c'est une chose absolument normale, tant que cela reste dans le cadre de la loi", a poursuivi M. Poutine en dénonçant en même temps ceux qui veulent organiser en Russie une révolution destinée à renverser le pouvoir.

 

Quelques minutes plus tard, il a cependant ironisé sur la mobilisation de l'opposition, affirmant avoir cru dans un premier temps qu'il s'agissait de lutte contre le sida. Les mouvements d'opposition qui ont mobilisé samedi des dizaines de milliers de personnes à Moscou pour contester le résultat des élections du 4 décembre mais aussi, selon certains slogans, pour réclamer une "Russie sans Poutine", avaient décidé qu'un ruban blanc à la poitrine serait le symbole de leur mobilisation.

"Franchement, quand j'ai vu à l'écran ce que certains avaient à la poitrine, ce n'est peut-être pas très correct mais j'ai cru que c'était pour la propagande de la lutte contre le sida, que c'était, disons, des contraceptifs", a dit M. Poutine à ce propos. L'ex-agent du KBG est connu pour ses plaisanteries parfois curieuses sur ses contradicteurs, comme lorsqu'il avait proposé à un journaliste européen qui l'interrogeait sur la guerre en Tchétchénie de le faire "circoncire" de manière à ce que "plus rien ne repousse".

Le premier ministre a également assuré avoir été "amusé" par une photo montrant une insulte à son adresse inscrite sur un bulletin de vote et dont la publication a conduit au limogeage des dirigeants d'un hebdomadaire indépendant.

 

"Pour moi, il est clair que les attaques sur les élections qui viennent d'avoir lieu ne sont pas le plus important, l'objectif principal (de ces critiques, ndlr), c'est la prochaine élection présidentielle", a poursuivi M. Poutine.

Jugeant que ces tentatives visaient à "priver de légitimité le pouvoir dans le pays", il a indiqué avoir ordonné d'installer des web-caméras de surveillance dans tous les bureaux de vote pour la présidentielle. "Je propose d'installer des caméras vidéo qui fonctionnent jour et nuit et qui permettent à chacun, à n'importe quelle heure, qu'il soit à la maison ou au travail, de cliquer avec sa souris et de regarder (sur internet) ce qui se passe" dans un bureau de vote, a ajouté M. Poutine.

 

Vladimir Poutine, président de 2000 à 2008 puis chef du gouvernement faute d'avoir pu enchaîner plus de deux mandats consécutifs, a annoncé en septembre son intention de revenir au Kremlin à la présidentielle de mars.

 

M. Poutine a également accusé les forces spéciales américaines d'avoir été impliquées dans la mort du dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, tué dans des circonstances troubles peu après sa capture. "Des drones, notamment américains, ont attaqué la colonne (de voitures de Kadhafi). Puis avec leurs radios, via des forces spéciales qui n'avaient rien à faire là-bas, ils ont fait venir la soi-disant opposition et les combattants qui l'ont éliminé sans jugement et sans enquête", a-t-il déclaré.

La Russie avait déjà vertement critiqué par le passé l'opération militaire de l'Otan en Libye, que M. Poutine avait qualifié de "croisade". Moscou estime en effet que les frappes aériennes sortaient du cadre de la résolution de l'ONU qui ne les autorisait que pour faire respecter une zone d'exclusion aérienne et interdisait toute présence de troupes étrangères sur le sol libyen.

 

"L'affirmation selon lesquelles des forces spéciales américaines ont été impliquées dans la mort du colonel Kadhafi est ridicule", a déclaré à l'AFP le capitaine John Kirby, porte-parole du secrétaire américain à la Défense Leon Panetta.

 

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a écarté jeudi toute remise en cause des résultats des législatives, alors que la Russie est le théâtre d’un mouvement de contestation sans précédent.
"L'opposition dira toujours que les élections ne sont pas honnêtes, c'est le cas partout et dans tous les pays", a déclaré M. Poutine lors d'une séance de questions-réponses télévisées. "A mon avis, le résultat de ces élections reflète indéniablement l'état des forces dans le pays", a-t-il ajouté, alors que l'opposition dénonce des fraudes massives et exige l'invalidation des résultats.
"Le fait que les gens s'expriment sur ce qui se passe dans le pays, c'est une chose absolument normale, tant que cela reste dans le cadre de la loi", a poursuivi M. Poutine en dénonçant en même temps ceux qui veulent organiser en...
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