Devant le président palestinien, Mahmoud Abbas, la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova et d'autres officiels, le drapeau palestinien est hissé au siège parisien de l'organisation onusienne. Benoit Tessier/Reuters
Le drapeau palestinien a été hissé pour la première fois mardi au siège d'une organisation de l'ONU, l'Unesco à Paris, où les Palestiniens ont acquis le 31 octobre dernier le statut de membre à part entière.
A 11H07 GMT, sous une pluie battante, le drapeau composé d'un triangle rouge, prolongé par trois bandes horizontales noire, blanche et verte, a été hissé en présence du président palestinien Mahmoud Abbas et de la directrice générale de l'Unesco Irina Bokova. Au même moment, l'hymne palestinien était diffusé dans l'enceinte de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) sous les applaudissements des nombreux délégués présents.
Irina Bokova a affirmé vouloir "croire que l'admission à l'Unesco est une chance de montrer que la paix se construit aussi par l'éducation et la culture".
L'adhésion à l'Unesco est "une première reconnaissance de la Palestine", a déclaré, de son côté, le président palestinien Mahmoud Abbas après la levée du drapeau. "C'est émouvant de voir notre drapeau hissé aujourd'hui dans une enceinte de l'ONU. (…) Notre admission aujourd'hui est une source de fierté. La Palestine, la terre où se sont rencontrées les civilisations (...) renaît de nouveau. En dépit de toutes les difficultés imposées par le blocus, nous avons toujours préservé notre patrimoine", a-t-il ajouté, en souhaitant "que ceci soit de bon augure pour une admission de la Palestine dans d'autres organisations internationales".
"C'est une fête pour nous. C'est une victoire. On attend maintenant que l'ONU reconnaisse l'Etat palestinien en tant que tel. C'est plus dur, mais ce sera fait un jour", avait déclaré, plus tôt, à l'AFP Abdelnasser Fakawy, responsable en France du Fatah, le parti de M. Abbas.
Le 31 octobre, les Palestiniens avaient enregistré une victoire diplomatique sur la voie de la reconnaissance de leur Etat, en devenant le 195e membre de l'Unesco, à la suite d'un vote écrasant de la conférence générale, où seuls 14 Etats s'y étaient opposés. Cette adhésion va leur permettre de déposer des demandes de reconnaissance d'une vingtaine de sites archéologiques et religieux au Patrimoine mondial de l'humanité. Les Palestiniens veulent que l'église de la Nativité à Bethléem soit le premier site inscrit "au nom de la Palestine", dès 2012. Ils souhaitent présenter aussi rapidement l'inscription du caveau du prophète Abraham à Hébron, un lieu saint à la fois pour les juifs et les musulmans.
Le vote de la fin octobre avait provoqué la colère des Américains pour qui l'adhésion pleine et entière des Palestiniens à des organisations internationales ne peut se faire qu'après un accord de paix avec Israël. Les Etats-Unis avaient aussitôt suspendu leur financement de l'Unesco. Deux lois interdisent en effet à la Maison Blanche de financer une agence des Nations unies qui accepte les Palestiniens comme Etat.
La décision américaine prive l'Unesco de 22% de son budget, soit un trou de 65 millions de dollars dès 2011, puis de 143 millions de dollars sur les années 2012-2013. Cela a contraint Mme Bokova à annoncer un plan drastique d'économies, même si des Etats ont annoncé des contributions exceptionnelles comme l'Indonésie (10 millions de dollars) et le Gabon (2 millions de dollars).
De son côté, Israël avait pris de fortes mesures de rétorsion en décidant d'accélérer la colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée et en gelant le transfert de fonds aux autorités de Ramallah. Finalement, sous la pression internationale, Israël a levé un mois après le gel de ces fonds, des taxes douanières et de la TVA, qui représentent deux tiers des recettes budgétaires propres de l'Autorité palestinienne.
De fait, l'adhésion des Palestiniens n'a pas eu d'impact sur leur candidature à l'ONU, où ils n'ont toujours pas l'assurance d'obtenir les 9 voix sur 15 nécessaires au Conseil de sécurité, ce qui contraindrait les Etats-Unis à y opposer leur veto.
Bien que cette voie semble sans issue, Mahmoud Abbas a réaffirmé le 5 décembre que les démarches se poursuivaient au Conseil. Après la cérémonie à l'Unesco, il aura un entretien avec le président français Nicolas Sarkozy avant de se rendre mercredi à Bruxelles. Une solution de rechange, soutenue par la France, serait de demander un vote à l'assemblée générale de l'ONU où les Palestiniens sont assurés de trouver une large majorité. Mais elle ne leur apporterait qu'un statut amélioré de "pays non membre observateur" à comparer avec leur statut actuel d'"entité observatrice".
A 11H07 GMT, sous une pluie battante, le drapeau composé d'un triangle rouge, prolongé par trois bandes horizontales noire, blanche et verte, a été hissé en présence du président palestinien Mahmoud Abbas et de la directrice générale de l'Unesco Irina Bokova. Au même moment, l'hymne palestinien était diffusé dans l'enceinte de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) sous les applaudissements des nombreux délégués présents.
Irina Bokova a affirmé vouloir "croire que l'admission à l'Unesco est une chance de montrer que la paix se construit aussi par...


Il est très regrettable de voir qu'une super-puissance comme les E.U.A. est à la remorque et suit docilement un état qu'elle a coopérer à créer et qui est devenu son maître incontesté. Quelle honte ! Anastase Tsiris
13 h 26, le 13 décembre 2011