L’opposition, qui a organisé samedi des manifestations d’une ampleur sans précédent dans le pays depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000, avec de 50 000 à 80 000 personnes à Moscou, exige l’invalidation du scrutin remporté avec plus de 49 % des suffrages par le parti au pouvoir. La mission d’observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) avait aussi déclaré à l’issue du scrutin avoir relevé « de sérieuses indications de bourrage des urnes ».
Vladimir Poutine, homme fort du pays, ne s’est pas exprimé après ces manifestations dont les slogans étaient très largement dirigés contre lui. Président jusqu’en 2008, puis Premier ministre faute de pouvoir enchaîner plus de deux mandats consécutifs, il avait annoncé en septembre qu’il comptait revenir au Kremlin lors de la présidentielle de mars prochain. Le président Dmitri Medvedev n’a fait lui non plus aucune déclaration officielle, ne s’exprimant que sur sa page Facebook dimanche. Il y a souligné n’être « pas d’accord » avec les revendications des manifestants et a annoncé avoir ordonné de « vérifier » les résultats du scrutin. L’ONG Golos, qui a recensé des milliers de témoignages de fraudes, a cependant mis en doute la possibilité de réelles enquêtes. « Ces enquêtes, si elles sont confiées à la commission électorale dans sa configuration actuelle, sont vaines et ne donneront aucun résultat », a estimé sa présidente, Lilia Chibanova.
La réaction de M. Medvedev a également suscité des milliers de messages d’internautes ironiques ou furieux sur sa page Facebook. « On comptait sur vous. Hélas. Honte », a par exemple écrit l’internaute Viktor Tchernychov. M. Medvedev avait incarné des espoirs de libéralisation en Russie avant d’annoncer qu’il renonçait à briguer la réélection pour permettre à Vladimir Poutine de revenir au Kremlin. Le président doit d’ailleurs recevoir aujourd’hui les responsables de Russie unie et des trois partis d’opposition parlementaire, dont le Parti communiste.
Le parti Russie unie a rassemblé hier après-midi ses partisans dans le centre de Moscou, avec pour slogan « Vive la Russie, vive Poutine ! ». La police de la capitale a affirmé que la manifestation avait rassemblé 25 000 personnes, tandis qu’un témoin estimait que les manifestants étaient nettement moins nombreux.
Dans ce contexte, le mouvement Solidarnost, qui fait partie de la coalition d’opposition qui avait appelé à manifester samedi, a indiqué avoir déposé une demande d’autorisation pour une nouvelle manifestation de 50 000 personnes le 24 décembre, selon l’agence de presse Interfax. Le Parti communiste, représenté à la Douma (Chambre basse) mais qui dénonce aussi des fraudes, a de son côté appelé ses partisans à manifester dimanche prochain place de la Loubianka, près de la commission électorale russe.
(Source : AFP)

