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Moyen Orient et Monde - Révolte

Assad se lave les mains des atrocités commises en Syrie

La Turquie affirme n’autoriser aucune attaque contre d’autres pays à partir de son territoire.

Bachar el-Assad lors de son interview avec Barbara Walters, la première depuis le début du soulèvement. Photo AFP/Handout

Le président syrien Bachar el-Assad a assuré, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision américaine ABC avec la journaliste Barbara Walters, ne pas avoir donné l’ordre à ses forces d’abattre des manifestants, un geste qui ne pourrait selon lui venir que d’un dirigeant dément.
« Nous ne tuons pas notre peuple (...). Aucun gouvernement au monde ne tue son peuple, sauf s’il est dirigé par un fou », dit le chef de l’État syrien dans un extrait de l’interview diffusé hier. Il a affirmé également avoir fait son maximum pour protéger les populations, ajoutant que les violences dues aux forces de sécurité ont résulté d’erreurs individuelles et non d’une politique officielle. « La plupart des gens qui ont été tués étaient des partisans du gouvernement et non l’inverse », affirme le président Assad, qui reconnaît que certains membres des forces armées sont allés trop loin, mais assure que leurs excès ont été sanctionnés.

ONU, Ligue arabe et pays voisins
Pendant ce temps, les pressions internationales s’accroissent sur Bachar el-Assad après neuf mois de manifestations et d’une répression violente qui, selon les estimations de l’ONU, a fait quelque 4 000 morts. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a condamné la Syrie pour violations « grossières et systématiques » du droit humanitaire par les forces gouvernementales, ce qui prépare le terrain à une éventuelle décision des organes politiques de l’ONU à New York.
Mais le président syrien balaie ces critiques en affirmant que les représentants de l’ONU n’ont fourni aucune preuve matérielle. « Qui a dit que les Nations unies étaient une institution crédible ? » a-t-il demandé en ajoutant que la Syrie ne participe aux délibérations de l’ONU que pour la forme.
À Washington, la Maison-Blanche a réagi à ces propos qu’elle a jugés invraisemblables. « Ce n’est tout simplement pas crédible », a déclaré le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney. « Le monde entier a été témoin de ce qui s’est passé en Syrie. Les États-Unis et beaucoup, beaucoup d’autres pays, qui ont condamné de concert les atrocités perpétrées en Syrie par le régime Assad, savent bien ce qui se passe et qui est responsable. » Mark Toner, porte-parole du département d’État, a lui ajouté hier : « Il y a là soit une coupure (avec la réalité), soit du mépris, ou alors, comme il l’a dit, de la folie. »
La Ligue arabe menace, quant à elle, d’imposer de nouvelles sanctions à Damas si l’armée ne se retire pas des villes et qu’un dialogue n’est pas ouvert avec les opposants. L’institution panarabe a à plusieurs reprises repoussé la date butoir imposée à Damas pour accepter son plan de paix. Hier, la Russie a estimé qu’il faudrait du temps pour que ce processus diplomatique aboutisse, citant en exemple le plan de paix qui a fini par porter ses fruits au Yémen.
De son côté, Damas a exigé la levée des sanctions arabes pour recevoir des observateurs de la Ligue arabe en Syrie, avant de signer le protocole sur la venue d’observateurs de la Ligue arabe pour rendre compte des violences sur le terrain.
Dans ce contexte, le régime a appelé hier les Syriens à voter nombreux lors des élections municipales prévues lundi prochain dans le pays, où la répression de la révolte se poursuit sans relâche.
Sur le terrain, les violences prennent de plus en plus le tour d’une guerre civile, à mesure que des groupes d’opposants armés parviennent à s’organiser et prennent position dans des secteurs urbains. Hier, de nouvelles violences ont été signalées à la frontière turque, où des habitants de villages turcs frontaliers ont fait état de tirs de l’armée syrienne en direction de combattants de l’Armée syrienne libre (ASL), formée de militaires dissidents hostiles au régime de Damas. Sur ce point, la Turquie n’autorise aucune attaque contre d’autres pays à partir de son territoire, a déclaré hier un diplomate turc, interrogé sur les accusations de la Syrie qui affirme avoir repoussé une attaque de « terroristes » syriens venant de Turquie.
Les autorités turques ont parallèlement annoncé qu’elles exporteraient désormais des biens vers l’Égypte en passant par la mer ou par l’Irak, afin de contourner le territoire syrien. Selon la chaîne de télévision NTV, qui cite le ministre du Commerce, Hayati Yazici, la Turquie compte en outre imposer désormais une taxe de 30 % sur les biens venus de Syrie. Damas a pris une mesure similaire à l’encontre des marchandises turques.

(Source : agences)
Le président syrien Bachar el-Assad a assuré, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision américaine ABC avec la journaliste Barbara Walters, ne pas avoir donné l’ordre à ses forces d’abattre des manifestants, un geste qui ne pourrait selon lui venir que d’un dirigeant dément.« Nous ne tuons pas notre peuple (...). Aucun gouvernement au monde ne tue son peuple, sauf s’il est dirigé par un fou », dit le chef de l’État syrien dans un extrait de l’interview diffusé hier. Il a affirmé également avoir fait son maximum pour protéger les populations, ajoutant que les violences dues aux forces de sécurité ont résulté d’erreurs individuelles et non d’une politique officielle. « La plupart des gens qui ont été tués étaient des partisans du gouvernement et non l’inverse », affirme le...
commentaires (4)

Donnez un peu de crédit au Président Bashar. Je crois qu'il dit la vérité, ou c'est la vérité qu'on lui fait gober... Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

12 h 25, le 08 décembre 2011

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Commentaires (4)

  • Donnez un peu de crédit au Président Bashar. Je crois qu'il dit la vérité, ou c'est la vérité qu'on lui fait gober... Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    12 h 25, le 08 décembre 2011

  • Le général Franco -une des plus longues dictatures de l'histoire- est agonisant sur son lit de mort. Une foule de partisans se rassemble et l'acclame devant le palais. Récupérant un clin de lucidité, il entend le brouhaha et demande : Que se passe-t-il ? "Ils sont venus vous dire Adieu", dit son infirmier. Et lui : "Où vont-ils" ? Morale de l'histoire : Les dictateurs sont coupés de la réalité jusqu'au dernier souffle.

    Halim Abou Chacra

    23 h 46, le 07 décembre 2011

  • Si n'est pas toi,c'est donc ton frère...mais oui,mais oui,c'est mon frère...comment n'y avais pas pensé plus tôt...et même que les morts,ce sont les miens,mes amis,mes frères.

    GEDEON Christian

    21 h 12, le 07 décembre 2011

  • Quelle belle photo, nous sommes très rassurés de voir notre tyran préféré en pleine forme, serein et maître de la situation !... Les Américains disent qu'il est soit déconnecté de la réalité soit fou. Je crois qu'il faut lier les deux propositions par un "et" exclusif. Et comme cette interview survient au lendemain du merveilleux discours de Nasrallah, quel bonheur de constater que notre gouvernement est soumis à ces deux génies stratégiques qui nous protègent du mal !

    Robert Malek

    19 h 46, le 07 décembre 2011

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