Je vous écris en tant que citoyen libano-canadien, libanais étant donné que je suis né et ai grandi au Liban, Canadien étant donné que j’ai habité dans ma plus jeune enfance le Canada et poursuivi plus tard mes études universitaires en génie à l’Université McGill.
Je voudrais vous remercier du fond de mon cœur pour vos admirables efforts dans la poursuite du cours de la justice internationale dans un pays aussi corrompu que mon pays d’origine. Jeune de 23 ans et poursuivant mon master en Suisse, je tente de poser sur le Liban un regard externe et suis malheureusement désabusé et désenchanté.. Comment l’actuel gouvernement libanais ose-t-il continuer d’obstruer le cours de la justice en protégeant les accusés ?
La réponse est très simple. Les complices des accusés ont pris le pouvoir par la force des armes et ne sont pas près de le lâcher. Monsieur le Juge, le reste vivant du Liban démocratique est entre vos mains. Je vous prie de ne pas nous lâcher et de ne pas renoncer à votre tâche comme les procureurs précédents. J’espère que les premières personnes que vous convoquerez au tribunal seront certains personnages politiques pour les accuser de complicité de crime. Que les Libanais aient la chance, pour la première fois dans leur histoire, d’obtenir la vérité à l’aide de la justice internationale est une idée à défendre jusqu’au bout, quel qu’en puisse être le prix. En effet, deux décennies de déshonneur au Liban depuis 1990 nous ont bien suffi.
En observant votre travail, Monsieur le Juge, je suis fier d’être devenu citoyen canadien car ma deuxième patrie respecte et applique les valeurs de la démocratie en lesquelles j’ai foi. Hélas, ma première patrie ne voit que noir ou blanc, et applique encore la loi du plus fort. Que les complices des accusés refusent de financer la justice qui accuse leurs protégés ne me surprend pas, mais que d’autres Libanais, prétendant suivre une certaine idéologie, les défendent et se vantent de ne pas vouloir respecter les engagements internationaux du Liban m’offusque au plus haut degré.
Je vous souhaite le plus grand courage et la plus ferme détermination dans la poursuite du cours de la justice au Liban et vous remercie infiniment de vos efforts inestimables pour nous sortir du gouffre dans lequel nous sommes enfouis profondément, soit l’injustice.
*Juge canadien et procureur du Tribunal spécial pour le Liban.


M. Comaty, a quoi rime votre lettre a M. Bellemare? Vous me rappelez un joli petit poeme de Prevert: "L'amiral Larima Larima quoi la rime à rien l'amiral Larima l'amiral Rien" Vous comprenez ce que je veux dire...
07 h 25, le 07 décembre 2011