Mario Monti est rentré dans les annales. Pas parce qu’il a mis en place en moins de trois semaines un plan de réformes draconien évalué à 20 milliards d’euros pour redresser une Italie qui est toute à l’image de sa tour de Pise. Pas parce qu’il l’a fait au nom d’une Europe en laquelle il continue de croire malgré tous les indicateurs d’économie de plus en plus rouges, de plus en plus brinquebalantes. Ni même parce que, au-delà de sa non-appartenance à un parti, il a réussi à occuper les plus hautes fonctions politiques et académiques. Mario Monti est un géant parce que, hier soir, il a annoncé devant des millions d’italiens dans l’angoisse et l’attente que pour son pays, il renoncerait à son salaire de chef de gouvernement, et de ministre de l’Économie et des Finances. Monti est un grand parce que, à l’heure où la Grèce est sur le point de déposer son bilan, cette initiative certes symbolique et un tantinet démagogue n’a pas effleuré l’esprit d’un Lucas Papadémos, ou même et surtout celui d’un Georges Papandréou poussé à démissionner en douce pour sauver la face. Monti a créé la surprise parce que, à l’heure où le taux de chômage en Espagne atteint des pics alarmants, ni Mariano Rajoy ni José Luiz Rodriguez Zapatero avant lui n’ont annoncé une réduction de leur salaire. Le geste de Mario Monti est tout à son honneur parce que l’Europe, mais la France surtout, n’est pas prête d’oublier la polémique sur le salaire du chef de l’État, Nicolas Sarkozy himself, dont l’augmentation de près de 140 % est passée comme une lettre à la poste à l’Assemblée en octobre 2007. Un séisme.
En attendant, l’initiative Monti ne peut que renvoyer aux Libanais l’absence non seulement de détermination, pas même patriotique ou humanitariste, mais simplement « humaine » des décideurs libanais. Parce que, à l’heure où Monti annonce sa décision aux Italiens, on a envie de croire que Nagib Mikati l’aurait fait, lui, simplement par principe, ses fins de mois étant heureusement assurées. Parce que, quand Mario Monti montre l’exemple, on a envie de croire que le ministre des Finances Mohammad Safadi va un jour, lui et ses 28 collègues, prendre conscience du mal-être social, et par humilité, ou même presque par devoir, ils annonceront qu’ils renoncent à leurs salaires et bénéfices, ou même à une partie. Idem enfin, surtout, pour les 128 « élus » de la nation, élus justement par un peuple de plus en plus affamé.


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