La Fiorentina a rendu hommage à Socrates, son ancien joueur, en observant une minute de silence avant le coup d’envoi du match contre l’AS Rome en championnat d’Italie, hier, au stade de Florence. « Le Dottore s’envole au Ciel pour faire une talonnade à Dieu », était-il écrit sur une des banderoles à la mémoire du « Docteur », dans la « Curva Fiesole », le virage des tifosi de la Fiorentina, où le Brésilien a joué en 1984-85.Les joueurs de la « Viola » portaient un brassard noir, et une photo du joueur était sur l’écran géant avec la phrase : « Ciao Socrates ». Jorge Duran/AFP
À cette époque, le capitaine brésilien (60 sélections, 22 buts) était reconnaissable à sa barbe, sa silhouette longiligne et son allure altière sur le terrain.
Il donnait l’impression d’une grande facilité technique et d’une exceptionnelle vision du jeu, faisant de lui le parfait ambassadeur d’une certaine idée « romantique » du football créatif qui caractérisait l’équipe du sélectionneur Tele Santana.
Né le 19 février 1954 à Belem, en Amazonie, Socrates Brasileiro Sampaio de Sousa Vieira de Oliveira a débuté sa carrière en 1974 dans le club de Botafogo. En 1978, il rejoint les Corinthians de São Paulo, où il inscrit pas moins de 172 buts en 6 ans et remporte trois championnats paulistes (1979, 1982 et 1983).
C’est dans ce club phare que le joueur et quelques-uns de ses coéquipiers ont instauré dans les années 1980, en pleine dictature (1965-1985), la « démocratie corinthiane », un système dans lequel chaque décision liée à la vie du club était soumise au vote des joueurs.
« Doctor Socrates »
L’épisode le plus marquant de cette période fut l’inscription audacieuse de la phrase « Je veux voter pour mon président » sur les maillots des joueurs, qui avait fortement courroucé la junte et marqué les esprits.
Socrates fut aussi un étudiant brillant, et avait même décroché un doctorat en médecine de la prestigieuse faculté de São Paulo, faisant figure d’exception, voire de phénomène, dans le milieu du football.
Ce sont ses deux facettes de médecin et de démocrate militant qui lui ont valu le surnom de « doctor Socrates ».
Après un bref passage en Toscane, à la Fiorentina (1984-1985), il revient au Brésil et finit discrètement sa carrière à Santos puis à Botafogo, où il raccrocha les crampons en 1989, à l’âge de 35 ans.
Depuis, il était devenu auprès des médias un inlassable pourfendeur du « foot-business » et de l’inculture extrasportive de ses compatriotes footballeurs.
Ces derniers temps, il exerçait toujours comme spécialiste en médecine sportive et demeurait un consultant très sollicité par la presse écrite, la TV et la radio, avant de reconnaître publiquement des problèmes d’alcoolisme à l’origine d’une cirrhose. Socrates était le frère aîné de Rai, milieu de terrain de la « Seleçao » (51 sélections), qui a fait les belles heures du Paris Saint-Germain dans les années 1990.
(Source : AFP)

