S’adressant aux députés à l’occasion de son « discours d’automne » sur l’état de l’économie, le ministre des Finances George Osborne a fait de la construction de nouvelles infrastructures l’élément central d’un plan destiné à amortir l’impact de la crise dans la zone euro. Cette crise est, selon lui, la principale responsable de la dégradation de l’économie britannique dont il a revu les perspectives en très nette baisse : elle ne devrait croître que de 0,9 % cette année (contre 1,7 % espéré en mars dernier) et de 0,7 % l’an prochain (contre 2,5 %). M. Osborne n’a pas exclu que ces chiffres soient encore trop optimistes. « Si la zone euro entre en récession, il pourrait être difficile de l’éviter ici », a-t-il mis en garde. « Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour protéger la Grande-Bretagne de la tempête de la dette », a-t-il ajouté, en promettant de s’en tenir strictement à son plan de rigueur malgré les appels répétés de l’opposition travailliste à l’assouplir.
Pour soutenir l’économie, le gouvernement conservateur a décidé de parier sur la construction de nouvelles infrastructures, notamment « des routes, des chemins de fer, des aéroports, des centrales électriques » ou d’inciter le secteur privé à développer l’Internet à très haut débit. M. Osborne a chiffré ce plan à au moins 30 milliards de livres sur les dix ans qui viennent. Ils proviendront aux deux tiers de fonds de pension britanniques à la recherche de placements sûrs, qui ont signé un accord avec le gouvernement. Ils pourraient par exemple recevoir des revenus garantis en échange du financement de nouvelles routes à péages. Londres avait fait savoir lundi que le fonds souverain chinois, en quête d’investissements en Europe, était également le bienvenu.
Dix autres milliards proviendraient de fonds publics, mais seront compensés « à la livre près » par des économies budgétaires équivalentes, a assuré M. Osborne. La hausse des salaires des fonctionnaires sera ainsi limitée à 1 % en 2013 et 2014, après deux années de gel, et jusqu’à 700 000 postes devraient finalement disparaître dans le secteur public en six ans.
Le ministre a aussi annoncé la création d’un fonds de garantie de 20 à 40 milliards de livres pour permettre aux petites et moyennes entreprises d’emprunter à des taux préférentiels, un plan également « neutre pour les finances de l’État ».
L’opposition travailliste a accusé le gouvernement de se servir de la zone euro comme bouc émissaire aux mauvaises performances du pays, avant tout dues selon elle à une rigueur trop marquée « qui a un effet boomerang » sur la croissance et l’emploi. Pour le ministre britannique, son plan d’économies – parmi les plus sévères en Europe – a restauré la crédibilité du Royaume-Uni à l’égard des marchés, ce qui lui permet de financer désormais sa dette à des taux inférieurs à ceux de l’Allemagne.
Dans des prévisions officielles publiées juste après le discours de M. Osborne, l’Office de responsabilité budgétaire (OBR) a toutefois prévenu que le gouvernement aurait malgré tout du mal à tenir ses ambitieux objectifs. Le déficit public devrait ainsi se maintenir à 4,5 % du produit intérieur brut en 2014/2015, un chiffre deux fois supérieur à celui annoncé au printemps dernier par M. Osborne.
(Source : AFP)

