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Économie - Faillite

American Airlines, écrasée par ses coûts, dépose le bilan

La restructuration est devenue indispensable alors que les pertes de la compagnie s’accumulaient et sa compétitivité s’amenuisait.

La faillite d’American Airlines, connue pour la livrée métallisée de ses avions, n’est pas surprenante, même si elle intervient plus rapidement que prévu. Frank Polich/Reuters

La compagnie aérienne American Airlines a déposé le bilan hier pour accélérer une restructuration devenue indispensable alors que ses pertes s’accumulaient et sa compétitivité s’amenuisait.
La faillite de la compagnie de Dallas connue pour la livrée métallisée de ses avions n’est pas surprenante, même si elle intervient plus rapidement que prévu. Elle était même « devenue souhaitable », estime Richard Aboulafia, du cabinet de conseil spécialisé Teal Group. « Le calendrier de cette faillite stratégique est logique vu la récente envolée des prix du carburant, l’exode récent de voyageurs d’affaires vers les compagnies rivales, le retard dans les négociations salariales avec les syndicats », note la maison de courtage Sterne Agee. Vu qu’AMR, la maison mère du transporteur, « n’était jamais passée par le dépôt de bilan contrairement à ses rivales, elle était coincée par des accords salariaux qui lui donnaient un désavantage compétitif important, renchérit M. Aboulafia. » Nous devons nous attaquer à notre structure de coûts, y compris salariaux, devenue « intenable », a indiqué Thomas Horton, jusqu’ici directeur financier d’American et qui sera chargé d’en piloter le redressement après le départ du PDG Gerard Arpey, dont l’éviction a également été annoncée hier.
Rappelons qu’au troisième trimestre, AMR, très endettée, avait enregistré une perte plus accusée que prévu de 162 millions de dollars. C’était son quatrième trimestre consécutif « dans le rouge ». Ses abondantes liquidités de plus de 4 milliards de liquidités devraient lui permettre de poursuivre ses activités normalement pendant sa restructuration.
Ses pilotes refusaient jusque-là de nouveaux sacrifices financiers, estimant en avoir assez fait lors d’une précédente crise, en 2003, lorsque le groupe était encore le numéro un mondial du secteur. Le principal syndicat de pilotes de la compagnie, l’APA, a qualifié la faillite d’AMR de nouvelle « sombre pour les 8 000 pilotes d’American Airlines ». Il a prévenu ses membres que « la période de 18 mois allouée pour la restructuration apporterait certainement des changements importants dans les activités de la compagnie et dans (leur) contrat » de travail. Le syndicat TWU, qui représente la majorité des employés de la compagnie, a prévenu de son côté que les négociations avec la direction seraient « longues et moches ». « Notre syndicat se battra comme un diable pour que les employés ne paient pas injustement le prix des erreurs de la direction », a-t-il indiqué dans un communiqué.
American Airlines devrait aussi réduire la voilure en termes de flotte et de réseau desservi. M. Horton avait déjà indiqué le mois dernier que la compagnie baisserait ses capacités d’environ 3 % d’ici à la fin de l’année.
Le groupe, qui a massivement investi pour renouveler sa flotte, ne dit cependant rien du devenir de la commande géante de 460 moyen-courriers (260 Airbus A320 et 200 Boeing 737) annoncée en juillet. Il mentionne simplement que ses fournisseurs seront payés « entièrement et à l’heure dite » grâce son abondante trésorerie. « Cela ne devrait pas remettre en cause les commandes passées dans la mesure où la compagnie a besoin de renouveler sa flotte et à ce titre, les (moyen-courriers) A320neo (avions remotorisés) lui permettraient d’économiser 15 % de carburant », a assuré une source proche d’Airbus.
Depuis le début de la crise fin 2008, les compagnies rivales d’American Airlines ont renforcé leur rentabilité et leur réseau en fusionnant, à l’instar de Delta et Northwest ou de United et Continental, ce qu’AMR ne pouvait faire vu la lourdeur de ses coûts. Pour Sterne Agee, AMR pourrait « émerger de la faillite avec une position forte de numéro trois du secteur vers la fin 2012 ».
En Bourse, l’action d’AMR était tombée à 22 cents en matinée, en chute de 86 %, et la capitalisation du groupe ne valait plus que 74 millions de dollars.
(Source : AFP)
La compagnie aérienne American Airlines a déposé le bilan hier pour accélérer une restructuration devenue indispensable alors que ses pertes s’accumulaient et sa compétitivité s’amenuisait.La faillite de la compagnie de Dallas connue pour la livrée métallisée de ses avions n’est pas surprenante, même si elle intervient plus rapidement que prévu. Elle était même « devenue souhaitable », estime Richard Aboulafia, du cabinet de conseil spécialisé Teal Group. « Le calendrier de cette faillite stratégique est logique vu la récente envolée des prix du carburant, l’exode récent de voyageurs d’affaires vers les compagnies rivales, le retard dans les négociations salariales avec les syndicats », note la maison de courtage Sterne Agee. Vu qu’AMR, la maison mère du transporteur, « n’était jamais...
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