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Moyen Orient et Monde - Élections

Libérés, les Égyptiens vont aux urnes comme un seul homme

Premières législatives post-Moubarak ; un scrutin complexe étalé sur près de quatre mois.

Un électeur égyptien dans l’isoloir. À l’attention des illettrés – près de 40 % de la population –, chaque parti ou candidat indépendant est identifié par un emblème.Amr Abdallah Dalsh/Reuters

Les Égyptiens ont participé hier en masse aux premières élections depuis la chute de Hosni Moubarak, un scrutin où le score des islamistes est l’un des principaux enjeux et dont la première journée s’est déroulée dans le calme en dépit des tensions politiques.
La Haute Commission électorale a affirmé que les législatives avaient connu une participation plus importante que prévu et décidé de prolonger de deux heures les opérations de vote. Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 08h00, ont fermé à 21h00. « Nous avons été surpris par le nombre d’électeurs qui ont participé », a ainsi déclaré le chef de la Haute Commission électorale, le juge Abdel Moez Ibrahim. « Il n’y a pas eu de problème de sécurité jusqu’à présent, Dieu merci. C’était pourtant notre principale préoccupation », a-t-il ajouté, alors que les bureaux de vote seront encore ouverts aujourd’hui.
De longues files devant les bureaux de vote se sont formées dès les premières heures du matin, en particulier au Caire et à Alexandrie, pour le premier tour de ce scrutin législatif étalé sur près de quatre mois. De nombreux électeurs se félicitaient de pouvoir déposer un bulletin qui compte, après des décennies d’élections acquises d’avance au parti de M. Moubarak, régulièrement accusé de fraudes massives. Notons qu’à l’attention des illettrés – près de 40 % de la population –, chaque parti ou candidat indépendant a été identifié par un emblème : la balance de la justice pour le parti des Frères musulmans, un ballon de football, une pyramide ou des symboles plus surprenants comme une brosse à dents ou un mixeur.
Le vote d’hier concernait un tiers des gouvernorats (17,5 millions d’électeurs sur environ 40 millions), en particulier Le Caire, Alexandrie et Louxor, pour élire 168 des 498 députés de la nation. Le système électoral complexe prévoit un découpage en trois régions du pays, le plus peuplé du monde arabe avec plus de 80 millions d’habitants. Le vote pour l’Assemblée du peuple se déroulera jusqu’au 11 janvier et les résultats complets seront connus deux jours plus tard. Viendra ensuite l’élection de la Choura, la Chambre haute consultative, du 29 janvier au 11 mars.
Rappelons que la campagne électorale a été éclipsée par une poussée de contestation du pouvoir militaire qui gouverne le pays depuis la chute de M. Moubarak, émaillée ces derniers jours de violences qui ont fait 42 morts et plus de 3 000 blessés. Sur la place Tahrir au Caire, épicentre de la mobilisation, une partie des manifestants affirmaient hier ne pas croire au pouvoir des urnes pour obtenir le départ des militaires.
Après les élections en Tunisie et au Maroc, l’Égypte est le troisième pays à connaître un scrutin majeur dans une région bouleversée par le printemps arabe. Le mouvement des Frères musulmans, la force politique la mieux structurée du pays, et son parti, Liberté et Justice, s’estiment en position de force face à des dizaines de partis salafistes, libéraux ou de gauche, le plus souvent récents et encore mal implantés. De nombreux élus de l’ancien parti de M. Moubarak, aujourd’hui interdit, ont également tenté leur chance comme indépendants ou sous des bannières politiques nouvelles. Selon l’agence MENA, 161 plaintes ont été déposées en raison du retard dans l’ouverture des bureaux ou l’arrivée des bulletins de vote. Des électeurs se sont plaints de bulletins ne portant pas de tampon valable, et des observateurs n’ont pas été autorisés dans certains bureaux. Sept ONG étrangères, dont le Centre Carter de l’ex-président américain, surveillent ces législatives.
Le futur Parlement devra nommer une commission chargée de rédiger une nouvelle Constitution, une étape décisive dans la transition du pays vers la démocratie promise. Ces élections doivent être suivies avant la fin juin 2012 par une présidentielle, après laquelle le pouvoir militaire a promis de rendre le pouvoir aux civils.

(Source : AFP)
Les Égyptiens ont participé hier en masse aux premières élections depuis la chute de Hosni Moubarak, un scrutin où le score des islamistes est l’un des principaux enjeux et dont la première journée s’est déroulée dans le calme en dépit des tensions politiques.La Haute Commission électorale a affirmé que les législatives avaient connu une participation plus importante que prévu et décidé de prolonger de deux heures les opérations de vote. Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 08h00, ont fermé à 21h00. « Nous avons été surpris par le nombre d’électeurs qui ont participé », a ainsi déclaré le chef de la Haute Commission électorale, le juge Abdel Moez Ibrahim. « Il n’y a pas eu de problème de sécurité jusqu’à présent, Dieu merci. C’était pourtant notre principale préoccupation », a-t-il...
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