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À La Une - Syrie

L'ultimatum de la Ligue arabe a expiré, Damas toujours muet

La Russie opposée à toute sanction contre la Syrie; manifestations en soutien à l'Armée syrienne libre.

Des manifestations contre le régime du président Assad organisées par des ressortissants syriens se déroulent également à l'étranger ce vendredi, comme ici en Turquie. Bulent Kilic/AFP.

L'ultimatum donné à la Syrie par la Ligue arabe pour accepter l'envoi d'observateurs a expiré vendredi à 13H00 (11H00 GMT), sans que l'institution panarabe n'obtienne de réponse de Damas, qui s'expose désormais à des sanctions, a affirmé à l'AFP un diplomate arabe. Une source arabe a néanmoins indiqué à Reuters que Damas dispose du restant de la journée de vendredi pour donner sa réponse.

La Ligue arabe avait lancé jeudi un nouvel ultimatum à Damas, lui donnant moins de 24 heures pour accepter l'envoi d'observateurs sous peine de sanctions.

 

Les ministres arabes des Finances doivent se réunir samedi pour discuter de la question des sanctions à imposer à Damas, qui pourraient ensuite être soumises dimanche aux chefs de diplomatie des pays de la Ligue arabe.

"Dimanche, en fonction des développements, il est à nouveau possible que les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se réunissent", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, lors d'une conférence de presse conjointe à Istanbul avec son homologue italien Giulio Terzi. "Dans ce cas, je participerai aussi à la réunion", a-t-il ajouté.

M. Davutoglu, dont le pays a réclamé le départ du président syrien Bachar el-Assad, avait indiqué plus tôt vendredi qu'il aurait des discussions avec l'Union européenne, l'OTAN et les membres du Conseil de sécurité de l'ONU en cas d'échec de la Syrie à cesser les violences. Cependant, le vice-Premier ministre turc, Bülent Arinç, s’est opposé jeudi à toute intervention étrangère en Syrie et à "toute opération qui impliquerait la Turquie contre ce pays".

 

Longtemps réticents à toute internationalisation de la question syrienne, les ministres arabes des Affaires étrangères ont décidé jeudi d'appeler l'ONU à "prendre les mesures nécessaires pour appuyer les efforts de la Ligue arabe pour résoudre la crise en Syrie".

Le colonel Riad el-Assaad, chef de l'Armée syrienne libre (ASL) qui regroupe des militaires dissidents, a également réclamé jeudi un soutien international et s'est prononcé en faveur de frappes aériennes étrangères contre "certaines cibles stratégiques".

 

Toutefois, Moscou s'oppose toujours à toute pression à l'égard de la Syrie, a déclaré vendredi le ministère russe des Affaires étrangères. "A ce stade, nous avons besoin non pas de résolutions, de sanctions ou de pressions, mais d'un dialogue inter-syrien", a déclaré le porte-parole du ministère, Alexandre Loukachevitch, dans des propos retransmis par la télévision russe.

"L'ingérence par la force dans les affaires syriennes est totalement inacceptable pour la Russie. Les questions de droits de l'homme ne doivent pas servir de prétexte à une telle intervention", a également souligné M. Loukachevitch.

 

Manifestations en soutien à l’Armée libre

 

Sur le terrain, des Syriens à travers le pays ont répondu à l’appel des militants à manifester en soutien à l'Armée syrienne libre, formée de soldats ayant déserté l'armée régulière pour protester contre la répression sanglante du mouvement de contestation anti-régime. Sur leur page Facebook "La révolution syrienne contre Bachar el-Assad", les militants pro-démocratie ont appelé à manifester en "ce vendredi pour que l'Armée libre protège ma révolution pacifique".

 

Cet appel survient au lendemain de la mort de 11 membres des forces gouvernementales et de 15 soldats insoumis dans des affrontements dans la province de Homs dans le centre de la Syrie, alors que les accrochages se multiplient ces dernières semaines entre déserteurs et armée régulière. Cinq autres militaires ont été tués dans une embuscade à Hama, plus au nord.

En outre, sept pilotes de l'armée de l'air ont été tués dans une attaque menée contre leur bus près de Palmyre, selon un opposant de Homs. L'attaque a été revendiquée par l'ASL dans un communiqué.

 

Depuis le déclenchement des manifestations anti-régime en mars, la répression a fait plus de 3.500 morts selon l'ONU, un nombre inconnu mais certainement immense de blessés, sans compter des dizaines de milliers d'arrestations.

 

L’ONU préoccupée par la torture d’enfants

 

Vendredi, le Comité de l'ONU contre la torture a dénoncé dans un communiqué des "violations des droits de l'homme flagrantes (...) en Syrie, qui auraient eu lieu dans un contexte d'impunité, selon des sources fiables du système onusien en lien avec les droits de l'homme".

 

Le "Comité a examiné de nombreux rapports cohérents et justifiés faisant état de violations systématiques des droits dans le pays", a déclaré Claudio Grossman, qui dirige le panel des 10 experts du Comité.

Il s'est dit en particulier "préoccupé par des rapports faisant référence à des enfants qui ont subi la torture et des mutilations lors de détentions", ainsi que par des "exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires".

Le Comité demande au gouvernement syrien de présenter un rapport le 9 mars 2012 sur les mesures prises pour s'assurer que la Convention contre la torture est respectée.

 

 

Pour aller plus loin : Comment les inégalités sociales et spatiales alimentent la révolte anti-Assad

L'ultimatum donné à la Syrie par la Ligue arabe pour accepter l'envoi d'observateurs a expiré vendredi à 13H00 (11H00 GMT), sans que l'institution panarabe n'obtienne de réponse de Damas, qui s'expose désormais à des sanctions, a affirmé à l'AFP un diplomate arabe. Une source arabe a néanmoins indiqué à Reuters que Damas dispose du restant de la journée de vendredi pour donner sa réponse.
La Ligue arabe avait lancé jeudi un nouvel ultimatum à Damas, lui donnant moins de 24 heures pour accepter l'envoi d'observateurs sous peine de sanctions.
 
Les ministres arabes des Finances doivent se réunir samedi pour discuter de la question des sanctions à imposer à Damas, qui pourraient ensuite être soumises dimanche aux chefs de diplomatie des pays de la Ligue arabe.
"Dimanche, en fonction des développements, il est à...
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