« Je peux rassurer tout le monde : toute la Libye est (représentée) dans le gouvernement », avait pourtant déclaré M. Kib à Tripoli à l’issue de l’annonce de son gouvernement. Au moins deux importants ministères ont été réservés aux ex-rebelles ayant combattu le régime de Kadhafi : ainsi, Oussama Jouili, un commandant ex-rebelle de la ville de Zenten, a été nommé à la Défense, tandis que le ministère de l’Intérieur a été confié à Faouzi Abdelal, de la ville de Misrata. L’opposition en exil a eu sa part aussi dans le nouveau gouvernement. Ainsi, Achour ben Khayal, ancien ambassadeur sous le régime de Kadhafi, avant de rallier l’opposition dans les années 2000, devient ministre des Affaires étrangères. Le portefeuille crucial du Pétrole et du Gaz est revenu à Abdelrahmane ben Yazza, un responsable de la compagnie pétrolière italienne ENI. Le nouveau gouvernement compte seulement deux femmes ministres : Mabrouka al-Chérif Jibril aux Affaires sociales et Fatma Hamrouch à la Santé.
La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a salué hier la formation du gouvernement, assurant qu’il témoignait d’une « avancée significative vers la démocratie » et que les États-Unis étaient prêts à travailler avec lui. La Chine a elle aussi salué sa formation. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a de son côté renouvelé le soutien de l’ONU pour l’édification d’un pays « moderne, pacifique, démocratique et prospère ». La diplomatie de la France a deux objectifs face au monde arabe en mouvement, notamment en Libye, à savoir la « confiance » et la « vigilance », a déclaré de son côté, devant l’Assemblée nationale, Alain Juppé.
Rappelons par ailleurs que l’annonce du nouveau gouvernement a coïncidé avec la visite du procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, à qui Tripoli a confirmé son intention de juger en Libye Seif al-Islam Kadhafi. Le procureur a affirmé hier que la justice libyenne avait la « primauté » pour le juger. « S’ils (les libyens) veulent juger (Seif al-Islam), nous ne sommes pas en compétition avec eux. Nous le ferons quand ils ne sont pas en mesure de le faire », a-t-il ajouté. M. Ocampo a précisé que la CPI n’avait pas à surveiller le déroulement du procès, ajoutant que les autorités libyennes souhaitent que la CPI poursuive son enquête sur Seif al-Islam. L’ancien ministre de la Justice du Conseil national de transition, Mohammad Allagui, a déclaré de son côté qu’un « accord de coopération » devrait être signé prochainement entre la CPI et le CNT pour fixer les modalités du transfert de son dossier.
Signalons enfin que les autorités se sont rétractées hier, affirmant ne pas être en mesure de confirmer l’arrestation de l’ex-chef des renseignements Abdallah al-Senoussi.
(Source : AFP)

