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À La Une - Transition

Egypte : la présidentielle d'ici juillet

L'armée prête à remettre le pouvoir immédiatement, à travers un référendum populaire ; Washington condamne "les violences policières".

Un Egyptien blessé, place Tahrir. Khaled Desouki/AFP

Une élection présidentielle se tiendra "avant la fin juin 2012" en Égypte, a annoncé mardi le chef du conseil militaire au pouvoir, le maréchal Hussein Tantaoui.
Cette échéance présidentielle est plus proche que la fin 2012 voire 2013 souvent évoquées faute de calendrier précis. L'armée s'est engagée à remettre le pouvoir aux civils une fois élu un nouveau président.


L'armée est aussi prête à organiser "en cas de nécessité" un référendum sur le transfert de pouvoir "si le peuple le souhaite", a-t-il ajouté. "L'armée ne veut pas le pouvoir et met les intérêts du peuple au-dessus de toute considération. Elle est tout à fait prête à remettre les responsabilités immédiatement, si le peuple le souhaite, à travers un référendum populaire", a annoncé le chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA).


Les élections législatives se tiendront quant à elles conformément au calendrier prévu, à partir de lundi prochain, a-t-il ajouté.


Le maréchal Tantaoui a également indiqué que le CSFA avait accepté la démission remise la veille du gouvernement du Premier ministre Essam Charaf, qu'il avait nommé en mars dernier. Il a ajouté qu'un nouveau gouvernement allait être formé, sans donner de précisions.


Des dizaines de milliers d’Égyptiens se sont à nouveau rassemblés mardi sur la place Tahrir au Caire pour réclamer le départ au plus tôt des militaires au pouvoir.

 

Par ailleurs, les États-Unis ont condamné "l'usage excessif de la force" par la police égyptienne, et réclamé au gouvernement égyptien de protéger le droit à manifester. "Les États-Unis demeurent très inquiets devant la violence en Égypte", a souligné la porte-parole du département d’État Victoria Nuland, tout en jugeant "rassurante" l'annonce que les élections législatives commenceront comme prévu le 28 novembre.

Le gouvernement égyptien "a la responsabilité particulière" de limiter la violence, et Washington lui "demande instamment d'exercer la plus grande retenue", a insisté Mme Nuland.

 

 

Le chef du conseil militaire, le maréchal Hussein Tantaoui, prononçant son discours. AFP

 

 

 

Après quatre jours d'affrontements meurtriers et la présentation par le gouvernement de sa démission, le pouvoir militaire a tenté de calmer la situation en organisant, durant la journée, une réunion de dialogue avec plusieurs mouvements politiques, dont l'influente confrérie des Frères musulmans.

 

Le CSFA a évoqué durant cette réunion la possibilité de nommer l'ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, comme Premier ministre pour remplacer Essam Charaf, a affirmé à l'AFP une source militaire.

 

Lundi, le CSFA avait reconnu pour la première fois depuis le début des violences, que le pays était en "crise", huit mois après avoir nommé le gouvernement de M. Charaf pour gérer les affaires courantes.

Signe de la gravité de la crise, la Bourse du Caire a clôturé mardi en recul de 4,77%, après une suspension d'une heure.

 

 

"Dégage!", scandaient les dizaines de milliers d’Égyptiens rassemblés sur la place Tahrir à l'adresse du maréchal, quelques heures avant son discours, un slogan identique à celui qui était lancé à l'époque de la révolte contre l'ex-président Hosni Moubarak en début d'année.

 

Les Frères musulmans, qui représentent la force politique la mieux organisée du pays, ont boycotté cette manifestation de Tahrir et appelé au calme, soucieux de voir le scrutin, pour lequel ils s'estiment en position de force, débuter comme prévu le 28 novembre. "Plus le nombre de manifestants grandit, plus il y aura des tensions", a affirmé à l'AFP Saad al-Katatny, secrétaire général du Parti de la liberté et la justice issu de la confrérie.


Selon le ministère de la Santé, 28 personnes - 26 au Caire, une à Alexandrie (nord) et une à Ismaïlia (sur le canal de Suez) - ont été tuées depuis samedi, notamment sur la place Tahrir au Caire, épicentre du soulèvement du début de l'année.



Les militants semblent pourtant déterminés à manifester jusqu'au bout pour pousser le CSFA à remettre rapidement le pouvoir à une autorité civile. Depuis trois jours, ils scandent toujours "Le peuple veut la chute du maréchal" Hussein Tantaoui.

Le conseil militaire est accusé de vouloir se maintenir au pouvoir, de ne pas tenir ses promesses de réformes et de poursuivre la politique de répression de l'ère Moubarak.


Selon Amnesty international, le CSFA "a étouffé la révolution" et certaines violations des droits de l'homme commises depuis qu'il est au pouvoir sont pires que sous le régime Moubarak.

 

Dans la nuit de lundi à mardi, de violents affrontements se sont poursuivis dans des rues adjacentes à Tahrir menant au ministère de l'Intérieur, cible privilégiée des manifestants et sous forte garde des forces anti-émeutes.

Une élection présidentielle se tiendra "avant la fin juin 2012" en Égypte, a annoncé mardi le chef du conseil militaire au pouvoir, le maréchal Hussein Tantaoui.Cette échéance présidentielle est plus proche que la fin 2012 voire 2013 souvent évoquées faute de calendrier précis. L'armée s'est engagée à remettre le pouvoir aux civils une fois élu un nouveau président.
L'armée est aussi prête à organiser "en cas de nécessité" un référendum sur le transfert de pouvoir "si le peuple le souhaite", a-t-il ajouté. "L'armée ne veut pas le pouvoir et met les intérêts du peuple au-dessus de toute considération. Elle est tout à fait prête à remettre les responsabilités immédiatement, si le peuple le souhaite, à travers un référendum populaire", a annoncé le chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA).
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