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À La Une - Diplomatie

L'Irak et le Liban, "oxygène économique" d'une Syrie sous sanctions

La Ligue arabe doit annoncer jeudi de nouvelles mesures contre Damas.

Un garçon, le visage couvert d'autocollants ayant la forme de la Syrie, lors d'un rassemblement pro-Assad à Beyrouth, le 20 novembre dernier. Anwar Amro

La Syrie compte sur l'Irak et le Liban pour éviter l'asphyxie avec les sanctions que la Ligue arabe entend prendre afin de contraindre le président Bachar al-Assad de cesser la répression de la révolte.

"Nous savons nous débrouiller dans l'adversité puisque nous subissons depuis des années des sanctions et si la Russie est notre bouclier politique, l'Irak, le Liban et l'Iran sont notre oxygène économique", a affirmé à l'AFP un responsable syrien qui a tenu à garder l'anonymat.

Après que le régime de Damas eut ignoré son ultimatum de mettre fin aux violences sanglantes, la Ligue arabe devrait annoncer lors d'une réunion jeudi des sanctions économiques contre la Syrie après l'avoir suspendu des travaux de l'organisation. Dans un entretien publié par le quotidien économique saoudien al-Iktissadia, le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe pour les affaires économiques, Mohammad Twaijri, a annoncé une panoplie de mesures qui risquent d'asphyxier le pays.

"Il s'agit des domaines du voyage, des transferts bancaires, du blocage des avoirs (syriens) dans les pays arabes, de l'arrêt des projets arabes ou arabo-syriens et de la suspension le Syrie du GAFTA" (zone de libre-échange arabe), selon lui. "Nous voulons punir le régime et pas la population. Il y aura dans les prochains jours une réunion du Conseil économique et social de la Ligue arabe pour décider des mesures qui seront prises à la majorité de ses membres", a-t-il encore.

 

Selon le bureau syrien des statistiques en 2009, 52,5% des exportations syriennes et 16,4% des importations sont vers ou en provenance des pays arabes. Les marchandises syriennes vont d'abord en Irak (31,4%) puis au Liban (12,7%), en Allemagne (9,2%) et en Arabie saoudite (5,2%). La Syrie importe d'abord de Chine (10,8%), d'Arabie saoudite (10,1%), de Turquie (7%), des Emirats arabes unis (5%), du Liban (4,1%) et d'Egypte (4,1%).

L'Irak, dirigé par les chiites depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, soutient Bachar al-Assad, issu de la minorité alaouite, émanation du chiisme, car il ne souhaite pas voir les sunnites arriver au pouvoir à Damas et relancer chez lui la violence confessionnelle.
Le Liban, dirigé par un gouvernement favorable à Damas et ayant une longue frontière avec la Syrie, devrait aussi permettre de contourner les mesures de rétorsion.

"Soumis depuis si longtemps à des embargos occidentaux, beaucoup de Syriens ont créé des sociétés offshore dans plusieurs pays, dont le Liban, pour envoyer ou recevoir leurs marchandises. Nous sommes devenus très inventifs, mais ceux qui paieront le plus seront les pauvres quoiqu'en dise la Ligue arabe", affirme un commerçant syrien spécialisé dans les matières premières.

Pour un expert économique européen basé à Damas, "il n'existe pas de clauses d'exclusion ou de suspension du GAFTA (Grande zone arabe de libre-échange, pacte de la Ligue arabe en vigueur depuis le 1er janvier 2005, ndlr). On peut se retirer mais on ne peut pas en être exclu. Il n'y a pas de base légale pour le faire". En outre, précise-t-il, la Syrie peut prendre des mesures de rétorsion car le transit routier entre l'Europe et le Golfe passe par la Syrie et si cette dernière ferme ses frontières avec la Turquie ou la Jordanie cela bloquera beaucoup de produits destinés à l'Arabie Saoudite et aux pays du Golfe". "Il resterait deux solutions: passer par l'Irak mais les assurances des marchandises coûteront très chers, ou les transports aérien et maritime mais cela sera plus onéreux et en bateau cela prendra beaucoup de temps", a-t-il ajouté.

"Malgré tout, souligne un importateur de produits pharmaceutiques, nous allons vraiment souffrir car jamais nous n'avons eu à subir les embargos américains, européens et arabes. Nous allons respirer très difficilement, mais pour ne pas mourir, il faut que le gouvernement mette en place une véritable stratégie économique".

La Syrie compte sur l'Irak et le Liban pour éviter l'asphyxie avec les sanctions que la Ligue arabe entend prendre afin de contraindre le président Bachar al-Assad de cesser la répression de la révolte."Nous savons nous débrouiller dans l'adversité puisque nous subissons depuis des années des sanctions et si la Russie est notre bouclier politique, l'Irak, le Liban et l'Iran sont notre oxygène économique", a affirmé à l'AFP un responsable syrien qui a tenu à garder l'anonymat.Après que le régime de Damas eut ignoré son ultimatum de mettre fin aux violences sanglantes, la Ligue arabe devrait annoncer lors d'une réunion jeudi des sanctions économiques contre la Syrie après l'avoir suspendu des travaux de l'organisation. Dans un entretien publié par le quotidien économique saoudien al-Iktissadia, le secrétaire général...
commentaires (4)

Le plus petit des deux poumons risquerait l'asphyxie s'il pompe son oxygène dans la mauvaise direction. Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

06 h 31, le 23 novembre 2011

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Commentaires (4)

  • Le plus petit des deux poumons risquerait l'asphyxie s'il pompe son oxygène dans la mauvaise direction. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    06 h 31, le 23 novembre 2011

  • Le Liban oxygène économique passe encore, mais la banque de sang de la SYRIE ? ça va pas non ! C'est l'épée Damocles au dessus de nos têtes alors !!!! Un peu de bon sens et de retenue dans nos propos s.v.p personne n'a le droit d'embraquer tout un peuple dans cette sale galère. Marie José Malha

    Marie Jose Malha

    04 h 06, le 23 novembre 2011

  • Au titre il manque: "banque de sang". C'est aussi pour cela que la Syrie ne mettra pas un genou à terre!

    Ali Farhat

    17 h 31, le 22 novembre 2011

  • - - Les deux poumons de la Syrie sont l'Irak et le Liban , les autres pays dit arabes , comptent pour des prunes .. Ce sera au final l'histoire de l'arroseur arrosé et pas autrement .. La Syrie sortira plus forte , la tête haute et grandie de cette asphyxie pratiquée par ces bédouins nomades nouveaux riches , qui n'ont rien à voir avec l'histoire et avec l'arabe de base et sa vraie culture . Ils ont trafiqué l'histoire , fanatisé les peuples , Islamisé l'Arabe et Arabisé l'Islam ... avec une poignée de pétrodollars .. Mais ils butent aujourd'hui face à la muraille de Damas , comme ils le firent , face à celle de Beyrouth , de Bagdad et de l'histoire de ces trois pays qui résistent et continueront à résister aux charmes hypocrites de leur Arabisme maquillé , qui n'est autre qu'un fanatisme Salafo-Wahabite , pour un émirat à l'image de celui qu'ils ont avec chameaux , palmiers , tentes et déserts plein de scorpions . Non messieurs les honorables Princes et Cheikhs , nous ne mangeons pas de ce pain là , vous vous trompez d'adresse et votre caravane ne passera pas .

    JABBOUR André

    10 h 52, le 22 novembre 2011

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