Photo AFP
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé lundi que les jours du président syrien Bachar el-Assad étaient comptés, estimant que l'on ne peut rester au pouvoir "avec des chars et des canons".
"Le jour viendra où tu partiras aussi", a lancé M. Erdogan devant la presse lors d'un forum international à Istanbul à l'adresse du chef de l’État syrien.
M. Erdogan a critiqué les dernières déclarations faites par le président Assad qui s'est dit "tout à fait" prêt à combattre et à mourir s'il devait affronter des forces étrangères, dans un entretien publié dimanche par l'hebdomadaire britannique The Sunday Times. "Quelqu'un se manifeste et dit qu'il est prêt à mourir", a souligné M. Erdogan et d'ajouter : "Tu vas lutter contre qui ? Tu vas combattre ton frère musulman que tu gouvernes ?. Nous ne pouvons absolument pas considérer comme humain l'usage de chars, de canons et d'armes contre ceux qui réclament des droits et une vie plus humaine", a martelé M. Erdogan.
Les déclarations du Premier ministre turc interviennent alors que, plus tôt dans la journée, un convoi d'autocars transportant des pèlerins turcs a été la cible d'une attaque dans le nord de la Syrie. L'incident a fait deux blessés. Les victimes, de nationalité turque, sont le chauffeur de l'un des trois autocars et un pèlerin, précise la chaîne de télévision NTV, ajoutant que l'attaque s'est produite à un point de contrôle situé près de la frontière.
L'agence de presse privée Dogan a diffusé des images montrant un car avec une vitre latérale brisée après son retour du côté turc du poste frontière de Cizre. Le ministère turc des Affaires étrangères a affirmé être au courant de l'incident.
Des passagers, cités par l'agence, ont déclaré avoir été invités par sept ou huit soldats syriens à descendre des véhicules à un point de contrôle. "C'étaient des soldats, pas des civils, leur drapeau était là", a raconté l'un d'eux. L'un des militaires lui a demandé d'approcher, a-t-il poursuivi. "Ils voulaient m'attirer à l'intérieur, mais je n'y suis pas allé. "Il a braqué son arme dans ma direction et m'a dit : 'Les mains en l'air!' (...) J'ai crié à tout le monde de courir, ce que nous avons fait, et ils ont commencé à nous tirer dans le dos".
La Turquie, qui partage 910 km de frontière avec la Syrie, se montre de plus en plus critique envers le régime Assad. Selon la presse, Ankara a élaboré des plans en vue de l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne en Syrie pour protéger les civils en cas de durcissement de la répression. Le gouvernement a en outre menacé Damas de sanctions économiques.
Même frustration à Londres où les autorités britannique ont promis de "faire le nécessaire" pour faire plier le président syrien. "Nous allons accentuer la pression sur le régime d'Assad. J'en ai parlé hier avec le secrétaire général de la Ligue arabe et je pense qu'ils (les États membres) vont souhaiter le faire lors de leur prochaine rencontre", a déclaré William Hague, chef de la diplomatie britannique, au micro de la BBC. "Le comportement de ce régime est ignoble et inacceptable, et nous ferons évidemment tout ce que nous pourrons pour soutenir la démocratie en Syrie", a ajouté le secrétaire au Foreign Office. "Nous prévoyons de travailler cette semaine sur un nouveau train de sanctions et j'espère que nous pourrons conclure un accord", a-t-il dit.
William Hague a reçu pour la première fois des opposants syriens, une initiative visant, selon lui, à accentuer la pression sur le régime de Damas sans pour autant constituer une "reconnaissance formelle". "Nous ne sommes pas sur le point de les reconnaître formellement (...) notamment parce qu'il existe différents groupes", a toutefois indiqué le chef de la diplomatie britannique. "Il n'y a pas un conseil national unique comme en Libye (...) et la communauté internationale n'en est pas encore arrivée à ce stade".
Moscou, qui refuse jusqu'à présent toute sanction contre le régime syrien, a accusé lundi certains pays occidentaux de faire de la "provocation" en Syrie.
"Il est indispensable que les violences cessent, mais cette exigence doit s'adresser à la fois au régime (du président Assad) et aux groupes armés qui s'immiscent dans l'opposition syrienne", a déclaré a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. "Pour le moment, nous observons une situation dans laquelle la Ligue arabe appelle à cesser les violences et à entamer un dialogue, alors que certaines capitales occidentales appellent l'opposition à ne pas dialoguer avec le régime de Bachar el-Assad. Cela s'apparente à une provocation politique au niveau international", a-t-il ajouté.
De son coté, l’Arabie saoudite a pressé lundi le régime syrien de se conformer "pleinement" au plan de sortie de crise, élaboré par la Ligue arabe et officiellement accepté début novembre par Damas. Le conseil des ministres saoudiens a appelé Damas à "tenir pleinement les engagements pris" vis-à-vis du plan, qui prévoit en premier lieu l'arrêt des violences, en soulignant "l'importance d'assurer la protection des civils syriens et d'arrêter les tueries et les actes de violence".
Sur le terrain, 12 Syriens ont été tués lundi par des tirs des forces de sécurité lors de perquisitions dans les provinces de Homs et de Hama (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). A Hama, l'armée a également investi les localités de Karnaz, Lataminah et Kafar Naboudé où elle s'est déployée massivement.
Dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest, des dizaines de véhicules militaires sont présents et des tirs de mitrailleuses lourdes étaient entendus dans le village d'Ehseen où le courant et les lignes téléphoniques ont été coupées.
En outre, les dépouilles de trois détenus morts sous la torture ont été rendues à leur famille, selon l’OSDH. L'agence officielle syrienne Sana a pour sa part annoncé la mort de "quatre terroristes, dont l'une des personnes les plus recherchées, Khaled el-Rajeh, surnommé Badar", ainsi que le "rapt" de deux juges à Hama et d'un ambulancier et de son passager blessés par des "terroristes armés".
La répression de la contestation populaire contre le régime de Bachar el-Assad a fait en huit mois plus de 3.500 morts, selon l'ONU.
"Le jour viendra où tu partiras aussi", a lancé M. Erdogan devant la presse lors d'un forum international à Istanbul à l'adresse du chef de l’État syrien.
M. Erdogan a critiqué les dernières déclarations faites par le président Assad qui s'est dit "tout à fait" prêt à combattre et à mourir s'il devait affronter des forces étrangères, dans un entretien publié dimanche par l'hebdomadaire britannique The Sunday Times. "Quelqu'un se manifeste et dit qu'il est prêt à mourir", a souligné M. Erdogan et d'ajouter : "Tu vas lutter contre qui ? Tu vas combattre ton frère musulman que tu gouvernes ?. Nous ne pouvons...


