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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

L’AIEA met l’Iran sous pression

L’agence adopte une résolution contre le programme de Téhéran ; la République islamique fait l’impasse sur une réunion pour un Moyen-Orient sans armes atomiques.
Le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a adopté hier une résolution contre l’Iran. La résolution a été adoptée à une très large majorité, par 32 voix pour, deux contre (Cuba et Équateur) et une abstention (Indonésie), sur 35 États membres, ont indiqué des diplomates à Vienne. Les grandes puissances avaient fini par s’accorder la veille sur une résolution exprimant « une profonde et croissante préoccupation » sur le programme nucléaire de Téhéran, mais sans lui fixer d’échéance pour éclaircir les points en suspens exprimés dans le très critique rapport de l’agence. Le directeur général de l’AIEA, le Japonais Yukiya Amano, avait publié un vaste catalogue d’éléments « crédibles », indiquant que l’Iran avait travaillé – contrairement à ses dires – à la mise au point d’un engin nucléaire. Même s’il ne conclut pas que l’Iran est capable ou sur le point de se doter de l’arme nucléaire, le rapport constitue la prise de position la plus sévère prise par l’agence après huit ans d’enquête.
L’AIEA demande aussi à M. Amano d’informer le conseil des gouverneurs, lors de sa prochaine réunion en mars, sur la mise en œuvre de la résolution. Le Japonais avait annoncé jeudi avoir proposé l’envoi d’une mission « d’experts de haut niveau » en Iran pour clarifier tous les points litigieux listés dans l’annexe de son rapport.
« La communauté internationale ne peut pas simplement revenir à la routine habituelle », ont réagi la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne dans un communiqué commun. Paris et Berlin ont même menacé Téhéran de nouvelles sanctions « très sévères ». La Maison-Blanche a aussitôt salué la résolution de l’AIEA, soulignant la volonté des États-Unis de maintenir « la pression » sur l’Iran. Et, dans une lettre au président Barack Obama, les chefs de la Chambre des représentants ont souhaité que Washington sanctionne la Banque centrale d’Iran. La Suisse, elle, a renforcé ses sanctions, ajoutant 116 nouveaux noms à la liste des personnes et entités frappées par ces mesures. Au total, les sanctions helvétiques frappent plus de 250 entités et personnes, dont l’actuel ministre des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi. Pour sa part, la Russie a salué l’adoption de la résolution, mettant toutefois en garde contre des tentatives de « réchauffer le climat » autour du dossier nucléaire iranien. Moscou a loué par ailleurs des « efforts supplémentaires » faits ces derniers temps par Téhéran, afin de « développer un dialogue avec l’AIEA et d’apaiser les préoccupations ». Enfin, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a exhorté Téhéran à accepter ses offres de négociation. Elle n’a, en revanche, fait aucune référence à la décision récente de l’UE de préparer de nouvelles sanctions renforcées à l’encontre de l’Iran, au cas où Téhéran refuserait la voie de la coopération avec l’AIEA. Celles-ci sont en préparation, selon des sources diplomatiques, et devraient être prêtes pour le 1er décembre, date à laquelle les ministres européens des Affaires étrangères doivent se retrouver à Bruxelles.
Quant à l’Iran, il a de nouveau rejeté les assertions sur une dimension militaire de son programme nucléaire, l’ambassadeur iranien auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, qualifiant hier le rapport de « non professionnel, déséquilibré, illégal et politisé ». Parallèlement, Ali Asghar Soltanieh a annoncé que l’Iran ne participera pas à une réunion sur une zone sans armes nucléaires au Moyen-Orient organisée la semaine prochaine par l’AIEA. « Comment pourrions-nous y participer ? Nous ne pensons pas qu’une participation serait très fructueuse, c’est pourquoi nous n’allons pas participer », a-t-il déclaré, évoquant à la fois la résolution adoptée hier et le refus par Israël de signer le Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP). L’idée d’une zone exempte d’armes nucléaires (ZEAN) au Moyen-Orient avait été émise en 2000, mais il a fallu une décennie pour pouvoir organiser cette réunion, avait indiqué l’AIEA début septembre. La réunion de l’AIEA prépare le terrain avant une conférence sur le désarmement nucléaire au Moyen-Orient, que l’ONU veut organiser l’année prochaine en Finlande.
(Source : agences)
Le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a adopté hier une résolution contre l’Iran. La résolution a été adoptée à une très large majorité, par 32 voix pour, deux contre (Cuba et Équateur) et une abstention (Indonésie), sur 35 États membres, ont indiqué des diplomates à Vienne. Les grandes puissances avaient fini par s’accorder la veille sur une résolution exprimant « une profonde et croissante préoccupation » sur le programme nucléaire de Téhéran, mais sans lui fixer d’échéance pour éclaircir les points en suspens exprimés dans le très critique rapport de l’agence. Le directeur général de l’AIEA, le Japonais Yukiya Amano, avait publié un vaste catalogue d’éléments « crédibles », indiquant que l’Iran avait travaillé – contrairement à...
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