"Quand nous avons démarré cette étude, les jeunes arabes étaient majoritairement passifs et apolitiques", rappelle Rami Khoury, directeur de l'Institut Issam Fares de politique publique et relations internationales, basé à Beyrouth, qui a participé au rapport publié la semaine prochaine.
"Aujourd'hui, ils ont été l'étincelle et les artisans de l'une des plus importantes transformations de l'histoire moderne, à l'échelle mondiale", a-t-il souligné devant la presse vendredi.
Le rapport de l'agence des Nations unies pour l'enfance explique l'engagement des jeunes dans le "Printemps arabe" par une frustration politique de longue date.
"La transformation soudaine d'une apathie apparente à un militantisme extrême n'a pas été anticipée dans l'ensemble", peut-on lire dans le rapport.
"Des millions de jeunes arabes qui se manifestent désormais dans des lieux publics, sur internet et au sein de leurs organisations communautaires ont réussi une importante transformation psychologique: de sujets passifs, soumis au contrôle (...) des adultes, ils sont devenus des agents actifs, s'exprimant eux-mêmes en faveur d'un changement de la société".
Cependant, seule une minorité des jeunes arabes a accès à "tout le potentiel" des nouveaux médias, et les femmes ont plus d'obstacles pour y accéder que les hommes, selon le rapport.
Environ 62% des Arabes âgés de 15 à 29 ans ont accès à internet, que cela soit à leur domicile ou ailleurs.
Les chercheurs ont cependant montré que les valeurs traditionnelles que sont la famille, la nation et la religion n'ont pas pour autant reculé. Selon un sondage récent, 68% des Arabes de 18 à 24 ans considéraient la religion comme l'élément le plus important de leur identité.


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