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Moyen Orient et Monde - Révolte

La Turquie se rallie aux sanctions internationales contre la Syrie

Erdogan estime que Damas est « au bord du gouffre » ; la répression se poursuit en dépit des pressions croissantes.

« L’administration syrienne est sur un chemin très dangereux et elle est sur le fil du rasoir », a estimé hier le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. Adem Altan/AFP

Les pressions sur le régime syrien vont crescendo. La Turquie, grande puissance aux portes de la Syrie, s’est montrée déterminée à s’associer étroitement aux décisions arabes et internationales. Ankara a ainsi décidé hier d’arrêter des explorations de pétrole menées conjointement avec la Syrie et menacé Damas d’arrêter les exportations d’électricité. Important allié de Damas – avec qui il a établi au fil des dernières années un véritable partenariat–, le gouvernement islamique turc s’en est progressivement éloigné jusqu’au point de rupture, à mesure que la répression contre la population civile devenait plus féroce. Ankara est allé jusqu’à quasiment reconnaître le Conseil national syrien (CNS), qui rassemble une partie de l’opposition, et qui a été formé au fil de plusieurs réunions sur le sol turc.
Hier, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a déclaré que la Turquie a perdu espoir de voir le régime syrien répondre favorablement aux demandes de la communauté internationale d’engager des réformes démocratiques et de mettre fin à la répression. « Nous ne nous attendons plus à ce que l’administration d’Assad fasse preuve d’un leadership honnête, persuasif, brave et déterminé », a-t-il dit. « L’administration syrienne est sur un chemin très dangereux et elle est sur le fil du rasoir », a estimé M. Erdogan, qui a prévenu qu’un « ravin » se trouvait à la fin du chemin emprunté par Damas. « Nous avons donné une dernière occasion au régime syrien, mais il ne l’a pas saisie », a dit le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, à Rabat où il se trouvait hier, à la veille d’une réunion de la Ligue arabe dans la capitale marocaine. La Turquie est favorable à des « sanctions ayant des conséquences qui épargnent le peuple syrien », a-t-il ajouté.
« Ceux qui ne sont pas en paix au Moyen-Orient avec leurs peuples et ne peuvent les satisfaire partiront », avait lancé lundi M. Davutoglu. Le même jour, le roi Abdallah II de Jordanie avait appelé M. Assad à « quitter le pouvoir », devenant le premier dirigeant arabe à lancer un tel appel. Cet appel a été relayé hier par l’ex-ambassadeur d’Arabie saoudite aux États-Unis, le prince Turki al-Faisal, pour qui le départ du président Assad paraît « inévitable ».
À Washington, la Maison-Blanche a salué les sanctions annoncées par la Turquie contre le régime syrien. « Les déclarations de la Turquie aujourd’hui montrent que le président Assad est isolé. Nous saluons la position de fermeté que la Turquie a prise, cela envoie un message très important au président Assad, une fois de plus, sur le fait qu’il ne peut pas réprimer les aspirations de son peuple », a déclaré Ben Rhodes, conseiller adjoint de sécurité nationale du président Barack Obama.
Sur le terrain en Syrie, les violences se sont poursuivies hier, au lendemain de la mort de plus de 70 personnes – dont 27 civils, 34 soldats et 12 militaires dissidents –, une des journées les plus meurtrières depuis le début de la contestation le 15 mars. Cinq militaires ont été tués hier dans une attaque de soldats dissidents à Deraa, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), alors que les affrontements armés entre dissidents et soldats réguliers se sont multipliés ces dernières semaines. Dans la région d’Idleb, « 14 soldats sont morts ou blessés » lors d’accrochages, un enfant a péri à Kafarouma, où des dizaines d’explosions ont été entendues, et un autre civil a été tué par les forces de sécurité à Khan Cheikhoune, a ajouté l’OSDH. À Homs, « 19 corps sont arrivés à l’aube à l’hôpital national », rapporte encore l’OSDH, craignant qu’il ne s’agisse de ceux de Syriens enlevés ces deux derniers jours par les milices du régime. Et plus au Nord, un civil a été tué par les balles des forces de sécurité à Taybé, dans la région de Hama.
D’autre part, le Conseil de sécurité de l’ONU a « condamné dans les termes les plus fermes » les attaques perpétrées contre plusieurs ambassades et services consulaires en Syrie, après la décision de la Ligue arabe de suspendre Damas. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, avait présenté des « excuses » lundi.

 

(Sources : agences et rédaction)

Les pressions sur le régime syrien vont crescendo. La Turquie, grande puissance aux portes de la Syrie, s’est montrée déterminée à s’associer étroitement aux décisions arabes et internationales. Ankara a ainsi décidé hier d’arrêter des explorations de pétrole menées conjointement avec la Syrie et menacé Damas d’arrêter les exportations d’électricité. Important allié de Damas – avec qui il a établi au fil des dernières années un véritable partenariat–, le gouvernement islamique turc s’en est progressivement éloigné jusqu’au point de rupture, à mesure que la répression contre la population civile devenait plus féroce. Ankara est allé jusqu’à quasiment reconnaître le Conseil national syrien (CNS), qui rassemble une partie de l’opposition, et qui a été formé au fil de plusieurs réunions...
commentaires (3)

Je te lis bien aujourd'hui...n'empêche..;commentaires dythirambiques sur la Turquie,il y a bel et bien eu!Tout le monde peut se planter...sois beau joueur...

GEDEON Christian

07 h 53, le 17 novembre 2011

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Commentaires (3)

  • Je te lis bien aujourd'hui...n'empêche..;commentaires dythirambiques sur la Turquie,il y a bel et bien eu!Tout le monde peut se planter...sois beau joueur...

    GEDEON Christian

    07 h 53, le 17 novembre 2011

  • Je ne voulais pas réagir à cet article , mais tu m'y pousses Christian, des personnages comme Erdogan, je l'ai toujours souligné sont vérouillés par leur pacte atlantiste, et je l'ai toujours dit, donc ils ne peuvent en aucune façon être fiables dans le sens où je dis et répéte que une fois on leur bouffe dans la main, on est foutu. Je ne pense pas que Erdogan peut réellement faire une politique neutre et indépendante.Je disais même qu' il était l'attrape mouche des révolutions arabes et le miel étant les wahabites, mais ça tu ne le retiendras jamais.

    Jaber Kamel

    05 h 18, le 16 novembre 2011

  • On croit rêver...hey Kamel...tu te rappelles du temps de tes commentaires dythirambiques sur la Turquie?Alors,qui c'est qui avait raison?

    GEDEON Christian

    19 h 48, le 15 novembre 2011

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