Le Conseil national des forces de la révolution yéménite a appelé samedi l'ONU à imposer des sanctions au régime de Sanaa et à protéger les civils au lendemain de la mort à Taëz (sud-ouest) de 15 personnes, dont des enfants, tuées dans le bombardement d'un rassemblement anti-régime.
Dans un communiqué, le Conseil, une coalition de toutes les forces réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh, s'élève contre "le massacre de Taëz", perpétré au moment où l'émissaire de l'ONU Jamal Benomar entamait une mission pour tenter d'amener pouvoir et opposition à une transition pacifique.
"C'est un flagrant défi" au Conseil de sécurité de l'ONU qui, dans sa résolution 2014 sur le Yémen adoptée le 21 octobre, "a souligné le droit de manifester pacifiquement", ajoute le communiqué.
Le régime "ne va pas se conformer à la légalité internationale tant que des mesures de rétorsion ne seront pas été infligées aux responsables de l'effusion du sang du peuple", souligne le Conseil national, invitant "la communauté internationale à assumer ses responsabilités pour mettre fin aux massacres" de civils.
Dans sa résolution 2014, le Conseil de sécurité avait demandé au président Saleh de signer un plan de sortie de crise proposé par les monarchies du Golfe, qu'il refuse de parapher jusqu'ici, et de mettre fin à la répression des manifestants qui réclament sa démission depuis janvier.
"La mise en oeuvre de cette résolution commence par le départ du chef du régime", rappelle le Conseil national, qui fédère depuis sa création en août l'opposition parlementaire, les jeunes protestataires, les militaires dissidents et des personnalités indépendantes.
L'armée yéménite a bombardé vendredi à l'artillerie lourde un rassemblement anti-régime à Taëz, faisant quinze morts dont des femmes et des enfants, et une quarantaine de blessés, selon des sources médicales.
Cette escalade de violence, qui a coïncidé avec la mission de M. Benomar, a accentué la tension au Yémen où la répression du mouvement de contestation a fait des centaines de morts et des milliers de blessés depuis janvier.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine