Rechercher
Rechercher

Liban - Citoyen Grognon

Violences estudiantines

Les étudiants libanais se donnent en spectacle, comme chaque année, à la période des élections estudiantines.
Les mots ne leur suffisent plus. Pas plus que les insultes. La propagande aidant, les dérapages sont désormais fréquents, de plus en plus violents. Nos fougueux étudiants en viennent rapidement aux mains, aux pierres même. C’est à coups de gros blocs qu’ils se battent et frappent. Avec impulsivité. Avec rage aussi. Sans la moindre hésitation. Quitte à en envoyer plus d’un aux urgences. Flirtant sans peine avec la mort.
Car ils n’ont qu’un objectif, nos chers étudiants. Faire taire l’autre qui pense différemment et qu’ils ne savent ni ne veulent écouter. Neutraliser cet autre, à tout prix, tout en joignant le geste à la parole. Un autre qu’ils ne prennent même pas la peine de découvrir, de comprendre, de connaître, dès lors qu’il revendique une appartenance politique adverse.
Preuve en est ce débat télévisé qui a vu, jeudi soir, la participation d’étudiants représentant différents partis et courants politiques au sein d’universités. Un débat où ils parlaient tous en même temps, où personne n’écoutait l’autre, où les participants se lançaient sans arrêt des accusations sur mesure. Rappelant ainsi les sempiternelles antiennes ânonnées au quotidien par des leaders qu’ils idolâtrent aveuglément.
Désolant spectacle ! Triste surtout ! Qui prouve le manque de maturité de la classe estudiantine libanaise, censée être la crème de la jeunesse du pays. Une classe qui brille surtout par son attachement passionnel et inconditionnel aux valeurs claniques et communautaires. Qui se nourrit d’idéologies vaines et de phrases toutes faites. Qui fait preuve d’un docile suivisme. Mais qui demeure incapable de la moindre autocritique.
Pas étonnant, dans cet état d’esprit, que nos étudiants ne fassent preuve d’aucune créativité, et échouent lamentablement à s’occuper des affaires estudiantines. Mises à part quelques louables exceptions, bien entendu.
Loin d’être étonnante, par conséquent, la décision de certaines institutions universitaires de reporter, voire d’annuler carrément les élections estudiantines et d’interdire toute action politique au sein des campus. Une mesure compréhensible, vu l’explosion d’une violence difficile à contenir. Mais une mesure qui n’en est pas moins regrettable, n’en déplaise à certains parents exprimant tout haut leur légitime inquiétude. Car c’est bien à l’université que la jeunesse est supposée s’initier au travail politique.
Hasardeuse, l’initiation ? Certes. Mais le processus d’apprentissage est nécessaire, indispensable même. Un processus sans lequel les étudiants, une fois adultes, ne feront que répéter lamentablement les erreurs de leurs aînés, avec, en prime, les mêmes insultes, la même violence et les mêmes haines...
Les étudiants libanais se donnent en spectacle, comme chaque année, à la période des élections estudiantines.Les mots ne leur suffisent plus. Pas plus que les insultes. La propagande aidant, les dérapages sont désormais fréquents, de plus en plus violents. Nos fougueux étudiants en viennent rapidement aux mains, aux pierres même. C’est à coups de gros blocs qu’ils se battent et frappent. Avec impulsivité. Avec rage aussi. Sans la moindre hésitation. Quitte à en envoyer plus d’un aux urgences. Flirtant sans peine avec la mort. Car ils n’ont qu’un objectif, nos chers étudiants. Faire taire l’autre qui pense différemment et qu’ils ne savent ni ne veulent écouter. Neutraliser cet autre, à tout prix, tout en joignant le geste à la parole. Un autre qu’ils ne prennent même pas la peine de découvrir, de...
commentaires (4)

Cherchez l'orgueil ! Cherchez l'orgueil ! Je ne reconnais pas, que "MON zaim" a commis et commet une erreur, même, par exemple, celle, monstrueuse, de s'allier à la tutelle et la ramener, elle qui, hier encore, écrasait ma liberté et ma dignité, parce que moi-même je refuse de reconnaître que je puisse commettre l'erreur d'être avec ce "zaim". Alors je m'entête et insiste et persiste que "MON zaim" n'a pas fait d'erreur, qu'il est infaillible, qu'il est l'unique, qu'il est le sauveur, et je perds le bon sens et l'équilibre, et je deviens aveugle et j'agresse ceux qui pensent différemment. C'est exactement cela notre comportement d'orientaux. Même quand nous nous mettons au lit le soir, dans l'intimité totale avec nous-mêmes, quelque chose nous dit que nous sommes dans l'erreur, que nous nous laissons entraîner à la stupidité. Et rien à faire. Le matin tout revient.

Halim Abou Chacra

04 h 08, le 12 novembre 2011

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • Cherchez l'orgueil ! Cherchez l'orgueil ! Je ne reconnais pas, que "MON zaim" a commis et commet une erreur, même, par exemple, celle, monstrueuse, de s'allier à la tutelle et la ramener, elle qui, hier encore, écrasait ma liberté et ma dignité, parce que moi-même je refuse de reconnaître que je puisse commettre l'erreur d'être avec ce "zaim". Alors je m'entête et insiste et persiste que "MON zaim" n'a pas fait d'erreur, qu'il est infaillible, qu'il est l'unique, qu'il est le sauveur, et je perds le bon sens et l'équilibre, et je deviens aveugle et j'agresse ceux qui pensent différemment. C'est exactement cela notre comportement d'orientaux. Même quand nous nous mettons au lit le soir, dans l'intimité totale avec nous-mêmes, quelque chose nous dit que nous sommes dans l'erreur, que nous nous laissons entraîner à la stupidité. Et rien à faire. Le matin tout revient.

    Halim Abou Chacra

    04 h 08, le 12 novembre 2011

  • Avec les mêmes erreurs et la même violence et les mêmes haines de leurs aînés politiciens ,nos universitaires ont prouvé malheureusement et encore une fois cette année que le Pouvoir est par nature, criminel. Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    02 h 49, le 12 novembre 2011

  • La loi de la jungle, de la rue, s'est établie dans les cours, parfois dans les classes, des écoles et des universités. On ne devient adulte que si on mime les grands élus. Intolérance, insultes, haine, coups, batailles, tout est au tableau. Tout comme font nos irresponsables Élus. On a injecté le venin du fanatisme dans les cerveaux et les veines de la jeunesse, qui pourtant sera appelée, demain, à prendre en mains les rènes du pays. On leur a déjà préparé un sombre futur. La jeunesse, l'Avenir du pays, doit se réveiller et refuser de faire le jeu des partis et des formations politiques, abominables fossoyeurs de ce beau pays. Sinon, adieu beau Liban... Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    02 h 08, le 12 novembre 2011

  • L'initiation politique est ici la pire qui soit purement idéologique et passionnelle sans aucune base. Il faut remarquer combien les universités abandonnent à la rue la culture politique comme si la construction de l'espace public allait de soi...En fait la montée en puissance de la dispute étudiante est le reflet de la "Déconstitution" en cours caractéristique de la société libanaise....catastrophique!

    Beauchard Jacques

    01 h 56, le 12 novembre 2011

Retour en haut