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Liban - Éclairage

Table ronde : confusion et impasse...

Les efforts du président Nabih Berry en faveur d’une réouverture de la table ronde de dialogue sont maintenant dans le rouge. Ils ont été contrés autant par le Hezbollah que par l’opposition. Cependant, l’intéressé ne désespère pas. Il met momentanément un bémol, pour préparer un nouveau round de concertations. En prenant soin sans doute de se concerter avec le Hezb, qui lui reproche de ne pas l’avoir fait avant de rencontrer les autres parties concernées.
Certains analystes, qui prêtent au parti de Dieu une subtilité machiavélique, méphistophélique même, avancent qu’il a simplement fait semblant de se démarquer de Berry. Pour que l’opposition se rallie ipso facto à ce dernier, par réaction automatique, et qu’ainsi le dialogue puisse reprendre !
Mais ce n’aurait été qu’un coup d’épée dans l’eau. Car l’opposition rue toujours dans les brancards et ne veut pas d’un procédé gommant le problème de l’armement. Ou les dérapages, genre rapts ou remise de réfugiés au régime Assad, dans ce que l’on peut désormais appeler le dossier syrien.
C’est ce qui a été signifié au président Nabih Berry par le président Fouad Siniora, leader de l’important bloc parlementaire du courant du Futur. Le chef du législatif l’avait rencontré en marge de la dernière séance du Parlement. Et il l’avait prié de transmettre au président Saad Hariri la proposition suivante : acceptez la reprise du dialogue et il y aurait une solution positive à la question du financement du TSL.
Il a été vite répondu que l’opposition ne peut s’engager que dans un débat sur la stratégie de défense et l’armement du Hezbollah. Il n’est donc pas question, pour elle, que le tribunal international soit inscrit à l’ordre du jour, vu que le comité de dialogue en avait adopté la création à l’unanimité.
À partir de là, le président Berry a considéré que les portes se refermaient devant le dialogue. Et que du même coup, on revient à la case départ en ce qui concerne le financement du TSL. C’est-à-dire au refus qu’y oppose le 8 Mars, qui dispose de la majorité en Conseil des ministres.
Mais auparavant, il avait établi sa feuille de route en se concertant avec le président Michel Sleiman, qui était le premier à militer pour la reprise du dialogue. En base, il faut le souligner, d’un a priori précis : la mise au point de mécanismes permettant la concrétisation des résolutions prises par la première table ronde de dialogue national initié au Parlement, il y a cinq ans, par le président Berry. On en connaît la teneur : démantèlement des bases palestiniennes hors camps et régulation de l’arsenal à l’intérieur ; saisie de tout armement n’entrant pas dans le cadre de la stratégie de défense ; tracé des frontières commençant par Chebaa et création du TSL.
Réaffirmées lors des rencontres à Baabda, ces résolutions initiales restent toujours lettre morte. Le chef de l’État tient donc à ce que l’on se consacre à leur donner corps. En même temps, il attend des protagonistes qu’ils s’entendent sur ce qu’il faut faire pour protéger le pays de tout danger potentiel. Il leur a fait savoir qu’il est ouvert à toute discussion et au traitement de tout problème qu’ils voudraient aborder.
Mercredi, le président Nabih Berry a donc rendu compte de ses démarches au président Sleiman. En précisant que, pour sa part, il entend regarder vers le futur sans se retourner sur le passé. Car le Liban risque de se retrouver au cœur de la tempête, si l’on n’y prend garde par le dialogue. Il ajoute que les Libanais doivent tracer leur avenir de leurs propres mains, sans attendre qu’on le leur dicte du dehors.
Après avoir également consulté le Premier ministre, Nagib Mikati, M. Berry a relancé Walid Joumblatt. Le leader de la Montagne a posé des questions sur l’ordre du jour. En émettant des doutes sur l’utilité d’un dialogue, du moment que les résolutions antérieures restent sans application. Il a en outre indiqué qu’il ne souhaite pas de nouvelle friction avec le Hezbollah, réticent par rapport à l’initiative de Berry. Ni, par ricochet, d’aggravation de ses relations avec la Syrie. Il a cependant précisé qu’il tient à des rapports stables avec le Hezbollah, indépendamment de sa relation avec Damas. C’est ce qu’il avait du reste communiqué au secrétaire général du Hezb, Hassan Nasrallah, lors de leur dernière rencontre.
Du côté de l’opposition, on affirme que c’est le Hezbollah lui-même, malgré son jeu de scène, qui est derrière l’initiative Berry. En même temps d’ailleurs que le régime syrien, car ils sont également inquiets de ces développements en Syrie qui pourraient affaiblir leur axe au Liban.
Les efforts du président Nabih Berry en faveur d’une réouverture de la table ronde de dialogue sont maintenant dans le rouge. Ils ont été contrés autant par le Hezbollah que par l’opposition. Cependant, l’intéressé ne désespère pas. Il met momentanément un bémol, pour préparer un nouveau round de concertations. En prenant soin sans doute de se concerter avec le Hezb, qui lui reproche de ne pas l’avoir fait avant de rencontrer les autres parties concernées.Certains analystes, qui prêtent au parti de Dieu une subtilité machiavélique, méphistophélique même, avancent qu’il a simplement fait semblant de se démarquer de Berry. Pour que l’opposition se rallie ipso facto à ce dernier, par réaction automatique, et qu’ainsi le dialogue puisse reprendre !Mais ce n’aurait été qu’un coup d’épée dans...
commentaires (7)

Saleh Issal, si tous ne veulent pas le dialogue et chacun veut imposer ses conditions aux autres, où croyez-vous que tous vous entrainerez le pays ? Personne ne peut imposer son hégémonie sur les autres. Qu'on se le mette en tête. Sinon, vous entrainez le pays à une nouvelle guerre civile de beaucoup plus destructrice que la précédente. Moi, je suis contre. Je suis pour le DIALOGUE, quoi que difficile il puisse être, et quoi qu'il coûte, et pour l'Unité du pays. Dire NON au Dialogue ( le Hezb doit s'intégrer à l'armée définitivement ), que ce soit le Hezb et le 8 mars ou le 14 mars ( refuser le Dialogue ), c'est pousser le pays à la catastrophe. Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

13 h 44, le 11 novembre 2011

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Commentaires (7)

  • Saleh Issal, si tous ne veulent pas le dialogue et chacun veut imposer ses conditions aux autres, où croyez-vous que tous vous entrainerez le pays ? Personne ne peut imposer son hégémonie sur les autres. Qu'on se le mette en tête. Sinon, vous entrainez le pays à une nouvelle guerre civile de beaucoup plus destructrice que la précédente. Moi, je suis contre. Je suis pour le DIALOGUE, quoi que difficile il puisse être, et quoi qu'il coûte, et pour l'Unité du pays. Dire NON au Dialogue ( le Hezb doit s'intégrer à l'armée définitivement ), que ce soit le Hezb et le 8 mars ou le 14 mars ( refuser le Dialogue ), c'est pousser le pays à la catastrophe. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    13 h 44, le 11 novembre 2011

  • C'est bien nous qui avons dit, après le coup d'Etat de 2011 , que l'on s'assied à la table de dialogue si les accords précédents sont appliqués et si les armes de l'ANTI-DIALOGUE sont mises sur la table du dialogue ! Et c'est le Hezbollah qui a refusé! C'est bien le huit mars qui a annoncé officiellement qu'il se retirait de la table de dialogue parce que l'on refusait de jouer sa mascarade des faux témoins et tout le monde sait aujourd'hui que ce n'était qu'une mascarade. Qu'à fait alors notre président que l'on avait nommé par amour du dialogue ? Rien. Strictement rien . Quel dialogue de dupes. Nous avons été les dindons de la farce du dialogue. Vous voulez que l'on en devienne la basse -cour ?

    Saleh Issal

    11 h 07, le 11 novembre 2011

  • Lorsqu'une personne ou un parti appelle au dialogue, on dit : voilà un vrai démocrate qui veut le bien de son pays , voilà la voie à suivre pour arriver à rétablir l'entente entre toutes les communautés. Cela est beau mais cela est faux. C'est bien parce que le mouvement spontané et populaire du quatorze mars a voulu et exigé et combattu et est mort pour le dialogue qu'il a été éjecté du pouvoir de décision par ceux-là même qui se cachaient derrière le slogan du dialogue pour tuer le dialogue. C'est bien nous qui avons accepté un président consensuel an nom de Mr Michel Sleimane au lieu de voter pour un président de la majorité tel que le permet la Constitution. C'est du dialogue cela. C'est bien nous qui avons accepté le fait accompli par la prise de Beyrouth le 7 mai et avons accepté les accords de Doha qui donnaient un tiers de sabotage au huit mars. C'est bien du dialogue cela. C'est bien nous qui nous sommes assis à la table de dialogue avant le désastre divin organisé par le Hezb et ses alliés en juillet 2006 et avons conclu l'acceptation du TSL et du désarmement et des frontières et des camps palestiniens avant que le hezb ne fasse tout sauter lorsque l'on en est arrivé à devoir parles de ses armes. C'est du dialogue cela.

    Saleh Issal

    11 h 02, le 11 novembre 2011

  • Christian, as-tu bien lu mon commentaire ? Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    10 h 35, le 11 novembre 2011

  • Saleh Issal a raison...plus de table de dialogue,jamais!C'est une mascarade pure et simple!çà suffit...on ne dialogue pas à sens unique,de toute façon!

    GEDEON Christian

    09 h 31, le 11 novembre 2011

  • Tous, sans exception aucune, devraient accepter le Dialogue. Dialogue, en continuation du Dialogue Passé et des Accords déjà Conclus, sans conditions préalables de qui que ce soit, et tous les différends, sans exception aucune, sur la table pour Négociation et Entente. Tout le Peuple Libanais attend avec anxiété de voir se réunir ses représentants, se Dialoguer et s'Entendre, pour que la confiance et l'espoir en l'avenir remplacent l'appréhension et la crainte dans les coeurs. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    05 h 11, le 11 novembre 2011

  • À chaque fois , depuis 2005, que le président Berry s'est posté en tant que médiateur pour "trouver une solution commune acceptable par toutes les parties", cela a eu comme résultat de faire tomber le quatorze mars dans les filets du huit mars. Le résultat suprême a été son soutien au coup d'état du Hezbollah contre les institutions le 7 mai et en 2010, et cela à l'encontre des résultats des élections de 2009. Nous avions une opinion élevée du gouvernement d'union nationale. Le Hezbollah et la Syrie nous ont donné tort. Nous n'allons pas retomber dans le piège enfantin de la table de dialogue avec un revolver sur la tempe dont la seule fonction est de ne pas parler des armes mais du TSL.

    Saleh Issal

    04 h 18, le 11 novembre 2011

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