Photo d'archives de Feltman avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem. Photo Reuters
Des dirigeants arabes ont indiqué en privé aux Etats-Unis qu'ils proposaient l'asile au président syrien Bachar al-Assad pour le convaincre de démissionner face au mouvement de contestation qui agite le pays, a indiqué mercredi au Sénat Jeffrey Feltman.
"Presque tous les dirigeants arabes disent la même chose: le régime d'Assad doit prendre fin. Le changement en Syrie est inévitable", a dit le secrétaire d'Etat adjoint pour le Moyen-Orient devant une sous-commission des Affaires étrangères du Sénat américain. "Des dirigeants arabes ont déjà commencé à proposer l'asile à Assad afin de le pousser à partir dans le calme et rapidement", a ajouté M. Feltman.
Le responsable américain a par ailleurs estimé que la contestation armée contre le régime en Syrie est "contre-productive".M. Feltman a précisé que les Etats-Unis avaient "encouragé" les opposants à rester pacifiques. "Nous pensons qu'à l'heure actuelle leur force réside dans les manifestations pacifiques", a-t-il dit en citant en exemple les commerçants syriens qui baissent leurs rideaux par solidarité avec le mouvement d'opposition."Nous encourageons l'opposition, et nos alliés dans la région, à continuer de rejeter la violence. Ne pas faire cela, franchement, rendrait la répression brutale du régime plus facile", a ajouté M. Feltman.Selon M. Feltman, une "résistance armée" jouerait en faveur du régime et diviserait l'opposition. Le diplomate américain qualifie une telle résistance de "potentiellement désastreuse" pour les ennemis du régime.
"Bachar al-Assad détruit la Syrie et déstabilise la région", a également déclaré M. Feltman. "Notre message au président Assad est simple: démissionnez et laissez vos compatriotes entamer la transition vers la démocratie", a-t-il dit en précisant qu'avec les sanctions imposées contre Damas, "la Syrie est de plus en plus isolée".
Un autre responsable du département d'Etat, Luke Bronin, a ajouté que le message de Washington à M. al-Assad était le suivant: "La poursuite de la répression ne fera qu'accentuer votre isolement".
Mercredi, l'ambassadeur de France à l'ONU Gérard Araud a critiqué "l'indifférence" d'une partie des membres du Conseil de sécurité face à la répression des manifestants en Syrie, son homologue américaine appelant le Conseil à remplir "ses responsabilités".
Par ailleurs, au Caire, plusieurs dizaines de manifestants syriens ont empêché mercredi une délégation d'opposants syriens, dont l'écrivain Michel Kilo et le militant Haitham Manaa, d'accéder au siège de la Ligue arabe où ils devaient être reçus avant une réunion samedi sur la Syrie.
Plusieurs personnes issues de l'opposition syrienne en exil ont lancé des oeufs sur la délégation, sans faire de blessé, et un seul de ses membres a pu entrer, a constaté un correspondant de l'AFP.
Il s'agit d'Hassan Abdel Azim, chef du Comité national de coordination pour le changement démocratique, une coalition d'opposition regroupant des nationalistes arabes et kurdes, des marxistes et des indépendants comme Michel Kilo. Haitham Manaa, un ancien détenu politique exilé en France, et Michel Kilo, basé en Syrie, militent pour le départ de Bachar al Assad, mais ni eux ni les autres membres de leur délégation n'appartiennent au Conseil national syrien (CNS), une coalition qui regroupe la majorité des courants de l'opposition au régime du président syrien.
L'un des manifestants, Moumen Kwayfati, un opposant syrien basé au Caire, a qualifié les opposants pris pour cibles de "traîtres achetés par le régime", leur reprochant de ne pas demander le gel de l'adhésion de la Syrie à l'institution panarabe ni la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne. Ces mesures sont notamment réclamées par le CNS.
Ghassan al-Najjar, membre du CNS, a toutefois condamné cette attaque, affirmant dans un communiqué que les manifestants, qui appartiennent au Comité national de coordination, ne "représentent ni la société ni la rue syrienne".
De son côté, Nabil al-Arabi, le secrétaire général de la Ligue arabe, a dit "regretter cette attaque", lors d'une conférence de presse à l'issue de sa rencontre avec M. Abdel Azim.
Interrogé par ailleurs sur le fait que le régime syrien n'avait pas retiré ses chars comme il s'y était engagé le 2 novembre, M. Arabi a affirmé que cette question serait examinée lors de la prochaine réunion des ministres arabes en fin de semaine. "Toute proposition soumise par un Etat sera examinée par le conseil ministériel", a-t-il également répondu à une question sur le gel de l'adhésion de Damas à l'institution panarabe.
De son côté, M. Abdel Azim a affirmé avoir demandé à la Ligue arabe d'envoyer des observateurs arabes et étrangers pour évaluer la situation sur le terrain, tout en insistant sur le fait qu'il s'opposait à l'entrée de toute force militaire en Syrie.
Une délégation du CNS, qui demande à être reconnu comme "représentant légitime du peuple syrien et de la révolution", doit se rendre au siège de la Ligue arabe où des réunions ministérielles sont prévues sur la Syrie les 11 et 12 novembre.
Le CNS a annoncé mardi avoir lancé une campagne auprès des pays arabes pour réclamer des mesures sévères contre le régime de Damas, après huit mois de violences ayant fait plus de 3.500 morts selon l'ONU.
Douze civils ont encore été tués mercredi, dont six à Damas, par les tirs des forces de sécurité syriennes, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
"Huit civils sont morts dans le quartier de Barzé à Damas, cinq d'entre eux ayant été tués par les forces de sécurité qui ont tiré sur les funérailles d'un jeune homme", a précisé l'OSDH. "Dans la région de Deraa (sud), trois autres civils ont péri sous les balles des forces du régime à Inkhel, et sept manifestants ont été blessés dans la localité voisine de Jassem qui protestaient" contre la répression", a ajouté l'ONG.
Dans la ville assiégée de "Homs (centre), deux civils ont été tués dans les quartiers de Khaldiyé et Al-Qahira par les tirs des agents de sécurité et des milices pro-régime", selon l'OSDH qui précise que les forces gouvernementales poursuivaient les perquisitions et les arrestations à la recherche de militants pro-démocratie.
Dans l'est de la Syrie, un civil a été tué à Abou Kamal, lors de perquisitions, ajoute l'ONG.
Mardi, la répression avait fait 12 morts parmi les civils. Huit soldats ont en outre été tués, selon l'OSDH.
"Presque tous les dirigeants arabes disent la même chose: le régime d'Assad doit prendre fin. Le changement en Syrie est inévitable", a dit le secrétaire d'Etat adjoint pour le Moyen-Orient devant une sous-commission des Affaires étrangères du Sénat américain. "Des dirigeants arabes ont déjà commencé à proposer l'asile à Assad afin de le pousser à partir dans le calme et rapidement", a ajouté M. Feltman.
Le responsable américain a par ailleurs estimé que la contestation armée contre le régime en Syrie est "contre-productive".M. Feltman a précisé que les...



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