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À La Une - L'homme De La Semaine

Berlusconi : le sketch touche à sa fin

De gaffes en scandales...

Silvio Berlusconi. Photo Reuters

Silvio Berlusconi, 75 ans ne se représentera pas à la présidence du Conseil italien

La crise dans laquelle s'est enfoncée l'Italie et le plan d'austérité requis auront eu raison du Cavaliere.

Après huit années cumulées (1994-1995, 2001-2006, 2008-2011) à la tête du gouvernement italien, le milliardaire, self-made man, a annoncé, mardi soir, sa démission prochaine, une décision qui met un terme à une longue carrière politico-affairiste, ponctuée par des scandales à répétition.

 

Silvio Berlusconi avec Nicolas Sarkozy

et Angela Merkel. Photo Reuters.

 

Silvio aura tout fait. Vendeur d'aspirateurs, chanteur et animateur de boîte de nuit, il s'est constitué un empire économique composé de la holding Fininvest, qui contrôle de nombreuses sociétés dont le groupe de télévision Mediaset. Un empire dont il a continué de tenir les rênes pendant ses mandats politiques, malgré le risque de conflit d'intérêts avec sa gestion des affaires du pays. Berlusconi est également propriétaire du Club de Football Milan AC.

 

Une collusion entre deux mondes, celui de la politique et des affaires, qui aura fasciné les Italiens, au point de les inciter à passer l'éponge sur toute une série de gaffes voire de scandales. Un temps du moins, les derniers sondages montrant que sa cote de popularité avait chuté à 22%.


 

Berlusconi semble complimenter Michelle Obama

...à sa manière. Photo Reuters.

 

En matière de gaffes, Silvio Berlusconi s'est illustré sur la scène internationale.

Au cours de sommets officiels, le Cavaliere pouvait se cacher derrière un buisson pour faire "coucou" à Angela Merkel ou s'amuser à faire les cornes derrière un ministre espagnol pendant la photo de famille.

En 2003, il compare l'eurodéputé allemand Martin Schulz à un gardien de camp de concentration. "Je sais qu'en Italie, il y a un homme qui produit un film sur les camps de concentration nazis, je vous vois bien dans le rôle de Kapo, vous serez parfait !".

En 2006, il parvient à offenser la Chine : "Lisez le livre noir du communisme et vous découvrirez que, dans la Chine de Mao, ils ne mangeaient pas les enfants, mais les cuisaient pour fertiliser les champs".

En novembre 2008, en visite officielle à Moscou, Silvio Berlusconi dit de Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, qu'il est "jeune, beau et même bronzé".

En février 2011, il déclare qu'il "ne veut pas déranger" son ancien allié Mouammar Kadhafi, en train de réprimer violemment les premiers mouvements de contestation en Libye...

 

 

"Il Cavaliere" et son ami l'ex Guide Libyen

Mouammar Kadhafi. Photo Reuters.

 

Mais c'est surtout sur le sujet des femmes, que Berlusconi a franchi toutes les limites.

Il est difficile de lutter contre le viol "car il y a trop de belles filles italiennes", n'a-t-il pas hésité à dire.

En 2003, c'est encore lui qui appelle les investisseurs américains à revenir dans la péninsule en vantant les atouts italiens : "Une autre raison d'investir en Italie est que nous avons les plus belles secrétaires, des filles superbes!".

 

Alors qu’il est la cible d’une enquête sur des accusations de prostitution, Berlusconi se vante de ses prouesses et se lamente de ses obligations politiques avec Gordon Brown, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel qui interfèrent avec sa "vie sociale" : "La nuit dernière, j'avais une file d'attente devant la porte de ma chambre... Il y en avait 11... Je n'en ai reçu que huit parce que je ne pouvais pas faire plus".

 

Poursuivi pour prostitution de mineure et abus de pouvoir, pour des relations sexuelles présumées avec une Marocaine surnommée "Ruby la voleuse de coeurs", mineure au moment des faits, Berlusconi se défend en répliquant : "C'est mieux d'être friand de jolies filles que d'être gay".

 

Ruby, au coeur du scandale de prostitution

dans lequel est impliqué Silvio Berlusconi.

 

Berlusconi a aussi mis les pieds dans le plat italien.

"Mussolini n'a jamais tué personne. Mussolini a envoyé des gens en vacances en exil", a-t-il dit. Aujourd'hui encore, Berlusconi déplore dans une interview accordée à La Stampa au lendemain de l'annonce de sa prochaine démission, avoir manqué de pouvoir à la tête du gouvernement italien, en citant l'ex-dictateur fasciste Benito Mussolini qui regrettait lui aussi de ne pouvoir faire que des "recommandations". "Je lis un livre sur les lettres de Mussolini à (sa maîtresse) Claretta, et lui, à un certain moment dit: +Mais tu ne comprends pas que je ne compte pour rien, je peux faire seulement des recommandations+. Voilà, je me sens dans la même situation", explique le Cavaliere au quotidien italien.

 

En avril 2009, il avait conseillé aux rescapés du tremblement de terre de l'Aquila, hébergés provisoirement sous des tentes, de "prendre ça comme un week-end de camping".

 

Berlusconi est le premier président du Conseil en exercice poursuivi par la justice. Accusé entre autres de corruption et d'évasion fiscale, il a toujours refusé de se démettre de ses fonctions pour assurer sa défense. Bientôt, "Il Cavaliere" ne pourra plus arguer de ses fonctions gouvernementales pour éviter de comparaître aux audiences des trois procès en cours contre lui.

 


 

 

 

Silvio Berlusconi, 75 ans ne se représentera pas à la présidence du Conseil italien
La crise dans laquelle s'est enfoncée l'Italie et le plan d'austérité requis auront eu raison du Cavaliere.
Après huit années cumulées (1994-1995, 2001-2006, 2008-2011) à la tête du gouvernement italien, le milliardaire, self-made man, a annoncé, mardi soir, sa démission prochaine, une décision qui met un terme à une longue carrière politico-affairiste, ponctuée par des scandales à répétition.
 

Silvio Berlusconi avec Nicolas Sarkozy
et Angela Merkel. Photo Reuters.
 
Silvio aura tout fait. Vendeur d'aspirateurs, chanteur et animateur de boîte de nuit, il s'est constitué un empire économique composé de la holding Fininvest, qui contrôle de nombreuses sociétés dont le groupe de télévision Mediaset. Un empire dont il a...
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