Après des années de croissance soutenue (+5 % en moyenne), l’économie tunisienne s’est fortement repliée dans les semaines qui ont suivi le début de la révolution en décembre 2010 et la chute, le 14 janvier, du régime de Zine el-Abidine Ben Ali. L’économie s’est contractée de 3 % lors des trois premiers mois de l’année et les estimations de croissance pour l’ensemble de 2011 sont de l’ordre de 0,5 %. C’est une croissance « faible » mais qui va s’améliorer avec « le retour de la confiance », estime le gouverneur de la BCT. Pourtant, les projections économiques fixent, selon M. Nabli, à un seuil très élevé (7 %) le taux de croissance nécessaire « pour créer suffisamment d’emplois et remédier à la fracture sociale ».
Le chômage en Tunisie a été l’une des causes majeures de la chute du pouvoir de Ben Ali. Il s’agit de résorber un fléau qui représente près de 20 % de la population active (700 000 demandeurs) mais aussi d’intégrer dans les rouages économico-financiers quelque 300 000 diplômés tunisiens en quête de travail.
Selon M. Nabli, la Tunisie est néanmoins « sortie de la zone de danger » et son économie est de nouveau « sur une pente ascendante ». Le tourisme, un secteur que le dirigeant qualifie de « sinistré », a commencé à reprendre de la vigueur après avoir dégringolé de quelque 60 % lors du premier trimestre. Cette chute a été partiellement résorbée et n’est plus aujourd’hui que de l’ordre de 25 %.
Parallèlement, se félicite M. Nabli, « les services publics ont continué de fonctionner et, dès le mois d’avril, nous avons pu noter une augmentation sensible des exportations de produits manufacturés », relève-t-il.
« La reprise économique est là. Cela reste fragile mais les équilibres macroéconomiques sont satisfaisants », assure-t-il. Pour le gouverneur de la BCT, l’année 2012 devrait être « une bonne année ». « Si la transition se passe bien, la démocratie va nous donner un net avantage parce que la société va fonctionner de façon plus transparente. Nous sommes débarrassés d’un régime au sein duquel la corruption était la règle et cela devrait ouvrir des champs énormes aux investissements », a-t-il déclaré. « L’évolution de notre économie dépendra aussi, a-t-il nuancé, de la conjoncture en Europe (80 % des échanges en moyenne) et de la situation en Libye », deuxième partenaire commercial de la Tunisie après la France.

