Le recours annoncé au référendum a replongé la zone euro dans la tempête. Photo AFP
Le Premier ministre grec Georges Papandréou a créé la surprise et pris un risque politique lundi soir en annonçant l'organisation d'un référendum sur l'accord européen d'effacement d'une partie de la dette du pays, critiqué en Grèce pour l'abandon de souveraineté qu'il implique.
Les Grecs "veulent-ils l'adoption du nouvel accord ou le rejettent-ils ? Si les Grecs n'en veulent pas, il ne sera pas adopté", a déclaré le Premier ministre devant le groupe parlementaire du parti socialiste (Pasok) lundi soir en laissant entendre que le référendum était attendu pour le début 2012. "La volonté du peuple grec s'imposera à nous", a-t-il ajouté, tout en indiquant qu'il allait également demander un vote de confiance, vendredi, sur l'accord sur la dette au Parlement, où il dispose d'une étroite majorité.
Une majorité qui s'est encore effritée aujourd'hui, pour descendre à 152 députés sur 300 sièges, alors que des membres du camp de Papandréou ont dit leur opposition à la décision du Premier ministre d'organiser un référendum.
La députée et ex-secrétaire d'Etat au développement Milena Apostolaki, a ouvert le feu en annonçant mardi qu'elle quittait le groupe parlementaire socialiste. Elle dénonce l’annonce de référendum comme une "procédure créant la division" en Grèce. De son côté, la ténor socialiste Vasso Papandréou (sans lien de parenté avec le Premier ministre) a publiquement réclamé la formation d'un "gouvernement de salut national", se portant ainsi en faux contre l'option retenue par le Premier ministre. "Le pays est menacé d'une faillite immédiate", a-t-elle lancé. Un gouvernement de "salut national" devrait, selon elle, "garantir le plan européen" de soutien au pays décidé la semaine dernière "puis organiser des élections" anticipées.
Un avis partagé par six autres membres influents du parti de M. Papandréou qui ont réclamé mardi la démission du Premier ministre. "Le pays a besoin immédiatement d'un gouvernement politiquement légitime et d'un projet de renouveau national", écrivent-ils dans une lettre conjointe.
Le pari du Premier ministre grec intervient alors que le pays entre dans une série de négociations techniques très sensibles avec ses partenaires européens et ses banques créancières, qui ont accepté jeudi dernier d'échanger les obligations grecques qu'elles détiennent contre de nouveaux titres dont la valeur est réduite de 50%.
Au terme d'un sommet marathon, les dirigeants européens ont trouvé un accord pour effacer une partie de la dette grecque qui s'élève aujourd'hui à plus de 350 milliards d'euros, niveau jugé intenable. L'accord conclu avec les banques porte sur un renoncement à cent milliards d'euros. Athènes recevra en outre de nouveaux prêts internationaux de 100 milliards d'euros. Par ailleurs, 30 autres milliards sont réservés aux banques grecques, qui jouent leur peau dans l'opération d'échange de dette, étant les plus grosses détentrices d'obligations souveraines grecques.
En échange, le pays doit accepter un renforcement des contrôles sur sa politique budgétaire, jusqu'à présent contrôlée tous les trois mois par une "troïka" où sont représentés les trois principaux créanciers du pays: Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international.
Le lendemain de cet accord, des manifestations se sont déroulées dans de nombreuses villes à l'occasion des défilés de la fête nationale, pour protester contre les conséquences de l'accord européen qui donnent aux créanciers plus de contrôle sur la politique budgétaire du pays, faisant craindre à certains une perte totale de souveraineté. Aux cris de "Traîtres, traîtres", des milliers de manifestants massés à Salonique (nord) sur l'avenue où devait avoir lieu le défilé militaire annuel du 28 octobre ont empêché le déroulement de la parade, contraignant le président de la République Carolos Papoulias à quitter les lieux, du jamais vu dans la jeune histoire de la Grèce moderne.
Et un sondage paru le week-end dernier montre qu'une majorité de Grecs jugent les décisions du sommet européen négatives, 12,6% seulement les jugeant positives. Le sondage, mené par l'institut Kapa Research pour le journal To Vima, a été mené auprès de 1.009 personnes.
Pour Ilias Nikolakoulos, politologue, la décision "dangereuse" de M. Papandréou relève d'une "réaction de panique" devant l'effondrement que subit le Pasok dans les sondages. Jusqu'à présent, la Grèce a connu un seul référendum en 1974 après la dictature des colonels.
Une panique qui a gagné les marchés. Ce matin, la décision de M. Papandréou a engendré une véritable dégringolade des Bourses européennes. Des Bourses plombées notamment par le plongeon des valeurs bancaires, les investisseurs étant à nouveau inquiets pour la zone euro après la décision de la Grèce d'organiser un référendum.
Vers 14H15 (13H15 GMT), les marchés d'actions accentuaient leurs pertes de la matinée et plongeaient de plus de 6% à Francfort, de plus de 5% à Paris et Madrid, tandis que Milan s'écroulait de 7% et que Londres cédait plus de 3%.
L'Asie n'a pas échappé à la morosité, la bourse de Tokyo cédant en clôture 1,70%, Hong Kong 2,49%, tandis que Shanghai finissait à l'équilibre. Même les Etats-Unis n’ont pas été épargnés : La bourse de New York a ouvert en forte baisse mardi, le Dow Jones lâchant 2,20% et le Nasdaq 2,55%.
L’annonce du référendum grec "a pris les marchés par surprise et les a choqués", a souligné à Paris le courtier IG Market dans sa note quotidienne. "Que va-t-il se passer si le peuple dit +Non+? Le risque est que la communauté internationale coupe l'arrivée d'argent et que le pays finisse par quitter l'euro. Il y a de quoi inquiéter sérieusement les investisseurs", a commenté à Francfort Christoph Weil, analyste de Commerzbank. "Le risque d'une faillite à la Lehman (Brothers) a encore grandi", estimait, de son côté, Holger Schmieding, économiste de la banque Berenberg, qui juge "plus important que jamais de construire un pare-feu autour de la Grèce pour prévenir une contagion à l'Italie".
Si les Grecs devaient rejeter par référendum le dernier accord de renflouement international, on ne pourrait exclure une faillite de la Grèce, a déclaré, de son côté, Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, à la radio RTL.
Le président de la Banque mondiale Robert Zoellick a également critiqué le référendum estimant que c'était un "coup de dés" et que si les électeurs votaient non, "ce sera le bazar".
Le Premier ministre grec Georges Papandréou a créé la surprise et pris un risque politique lundi soir en annonçant l'organisation d'un référendum sur l'accord européen d'effacement d'une partie de la dette du pays, critiqué en Grèce pour l'abandon de souveraineté qu'il implique.
Les Grecs "veulent-ils l'adoption du nouvel accord ou le rejettent-ils ? Si les Grecs n'en veulent pas, il ne sera pas adopté", a déclaré le Premier ministre devant le groupe parlementaire du parti socialiste (Pasok) lundi soir en laissant entendre que le référendum était attendu pour le début 2012. "La volonté du peuple grec s'imposera à nous", a-t-il ajouté, tout en indiquant qu'il allait également demander un vote de confiance, vendredi, sur l'accord sur la dette au Parlement, où il dispose d'une étroite majorité.
Une majorité...


Le très cher André Jabbour se fait du mauvais sang pour le destin de la Grèce. Entre Salakis ( dont vous seul retenez le secret, et Salamis ( île que vous auriez préféré être du Jambon pour la gober, grand Gargantua ) je crois que le SIRTAKI vous irait tant mieux. Allez ! Dansez ! Dansez ! et mangez de la Feta à satiété... Anastase Tsiris
09 h 42, le 02 novembre 2011