« Être originaire du Liban, naître au Sénégal et vivre à Marseille, c’est plus qu’un itinéraire, c’est une identité ; elle ne m’a pas été livrée d’emblée, mais elle s’est imposée, une fois éliminé l’ultimatum du choix », écrit Liliane Rada Nasser, au début de son ouvrage Ces Marseillais venus d’Orient (éditions Karthala), qu’elle signe aujourd’hui au Salon du livre, après une table ronde prévue à 19h00. Retraçant l’immigration libanaise à Marseille aux XIXe et XXe siècles, cet ouvrage richement documenté veut mettre la lumière sur l’enracinement progressif de ceux qui se sont éloignés du pays, l’enracinement dans une « cité méditerranéenne (pourtant) si proche de Beyrouth ». Ce sont à la fois la ressemblance et la complémentarité des identités marseillaise et libanaise qui illustrent, sur fond historique, une expérience proprement humaniste. Cet humanisme vient de l’adaptation au renouveau et de la sensibilité aux nuances des rapports sociaux, créant en somme un modèle de vie que ces Marseillais du Liban incarnent désormais.
La première partie de l’ouvrage décrit les parcours migratoires des Libanais d’origines diverses, ayant afflué à Marseille à partir de 1800. L’historienne distingue notamment les périodes s’étendant de 1900 à 1943, puis de 1943 à 1975, et enfin de 1975 à 1990, qu’elle dénomme respectivement « Le temps des émigrants », « Le temps de la nation » et « Le temps de l’exil ». La deuxième partie porte le titre révélateur d’« Immigration invisible », qui valorise la proximité historique, linguistique et commerciale entre le Liban et la France, notamment Marseille. De l’attitude de Libanais qui s’évertuent à rejeter leur statut d’immigrés, jusqu’à l’affermissement de leur présence au sein de l’économie marseillaise et de la fonction publique, c’est presque un parcours initiatique de l’intégration exemplaire que l’auteure tenterait de communiquer. Mais si cette intégration s’est faite naturellement, au point d’ôter au terme jusqu’à sa consistance, elle aura tissé « une identité plurielle », avec le fil « d’identités emboîtées ». Elle aura en même temps permis de repenser « les identités confessionnelles », notamment « le fait religieux dans l’immigration ». Ce sont ces différents thèmes que Liliane Rada Nasser exploite enfin dans la troisième partie, « Être libanais à Marseille », comme pour tirer de la spécificité de cette expérience les moyens de se frayer une sérénité citoyenne, apte à absorber, peut-être, les tourments identitaires...
Cinéma
« Les Toilettes du pape », un film uruguayen
L’ambassade d’Uruguay organise le visionnage d’un film de 2007, Les Toilettes du pape (The Pope’s Toilet), le dimanche 6 novembre à 20h, au cinéma Métropolis Empire. Le film sera sous-titré en anglais. Cette œuvre uruguayenne primée de 97 minutes a été écrite et dirigée par Enrique Fernández et César Charlone, et sera projetée dans le cadre du second Festival ibéro-américain.
Le film raconte une histoire qui évolue autour de la visite du pape Jean-Paul II en 1988 dans une petite ville uruguayenne, à la frontière du Brésil. Il décrit les efforts de la population locale pour mettre au point des services qui leur rapporteront de l’argent, dont l’installation de toilettes publiques pour les visiteurs.
Pour plus d’informations, appeler le 01-402080.
Aide humanitaire
Centre social du CJC – cas 4570
Une femme âgée de 80 ans, veuve, à la charge de son fils, malade ayant un lymphome de bas grade, depuis deux ans, et traitée par chimiothérapie tous les trois mois, a besoin d’être hospitalisée. Malgré l’aide du ministère de la Santé, elle n’arrive pas à couvrir les frais. Nous souhaiterions réunir une somme de 300 000 LL comme contribution à ce cas. Le cas 4569 est couvert. Merci. Fransabank – Tabaris n° du compte : 20.10.0302648.03
Pour plus d’informations, appeler le 01/335844 et l’après-midi le 01/335750, cell. : 70/145301.
Concert
Musique de chambre à l’église Saint-Joseph
L’école de musique des pères antonins à l’Université antonine organise, en collaboration avec l’Institut culturel italien, un concert de musique de chambre, ce soir à 20h, en l’église Saint-Joseph, Rue Monnot-Achrafieh, avec Mario Rahi – d’origine libanaise – au violon et Fabio Centanni au piano.
Au programme : la Sonate en la majeur pour violon et piano de C. Franck (1822-1890) et notamment Allegretto ben moderato, Allegro, Recitativo-Fantasia (ben moderato) et Allegretto poco mosso ; La Tzigane du compositeur français Maurice Ravel (1875-1937) et La Romanza andaluza de P. De Sarasate (1844-1908).


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