La reine Élisabeth II lors de l’ouverture officielle du sommet des chefs de gouvernement des 54 nations du Commonwealth, à Perth. Photo Reuters
Cet accord, soutenu par les 16 pays membres du Commonwealth qui ont pour chef d’État la reine Élisabeth II, représente « un moment historique » pour la monarchie, a déclaré le Premier ministre britannique David Cameron. Les changements, qui doivent à présent être approuvés officiellement par chacun de ces 16 pays, vont mettre fin à des règles « qui n’ont plus aucun sens », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse. « Nous allons mettre fin à la primauté masculine de manière à ce que l’ordre de succession soit déterminé simplement par l’ordre de naissance », a-t-il dit, permettant ainsi au premier-né de William et Catherine de devenir monarque quel que soit son sexe. Élisabeth II a été couronnée en juin 1953 uniquement parce qu’elle n’avait pas de frère.
En outre, M. Cameron a déclaré : « Nous avons décidé d’effacer la règle qui dit que celui/celle qui épouse un(e) catholique ne peut pas devenir monarque », évoquant une loi qui date de 1701. Mais le roi ou la reine doit rester protestant puisqu’il ou elle est le chef de l’Église anglicane, a-t-il rappelé.
Un groupe international va être mis sur pied pour guider ces réformes afin qu’elles entrent en vigueur au même moment dans les 16 pays, parmi lesquels figurent l’Australie, le Canada, la Jamaïque, la Nouvelle-Zélande, des nations du Pacifique et bien entendu le Royaume-Uni.
Les autorités britanniques s’étaient jusqu’à présent montrées réticentes à revoir les règles de succession de peur que la réforme ne soit pas adoptée par tous les royaumes, et de crainte que le sujet n’alimente les mouvements antimonarchistes. Mais le dossier est redevenu d’actualité avec le mariage en avril du prince William, deuxième dans l’ordre de succession au trône, et les célébrations l’an prochain des soixante ans de règne de la reine Élisabeth II, deux événements susceptibles de rallier des soutiens, selon des experts. « L’objectif est d’obtenir un accord l’an prochain, en profitant du jubilé de diamant de la reine qui devrait générer de la bienveillance », estimait la semaine dernière à Londres Robert Hazell, responsable du département droit constitutionnel à l’University College London.
Si le sentiment républicain reste relativement fort au Canada et en Australie, il n’en est pas moins minoritaire : un tiers des Canadiens veulent couper tout lien avec la monarchie britannique, selon un sondage en juin, et ils sont 41 % en Australie, selon une enquête en mai.
L’archevêque catholique de Westminster, Vincent Nichols, s’est félicité peu après l’annonce de David Cameron des décisions du Commonwealth, saluant la fin d’une « discrimination injuste ».
Pour sa part, le Premier ministre néo-zélandais John Key, a préféré hier visiter les décors du film Le Hobbit, actuellement en tournage dans son pays, que d’assister à l’ouverture officielle du sommet du Commonwealth, où trônait Élisabeth II. Le Premier ministre, en campagne pour un second mandat, a chargé son ministre des Affaires étrangères Murray McCully de le représenter à la réunion.
(Source : AFP)

