Rechercher
Rechercher

À La Une - Tunisie

Ennahda réaffirme son "engagement envers les femmes"

Violences à Sidi Bouzid après l’invalidation des listes de Hachmi Haamdi; un couvre-feu sera instauré ce soir.

"Nos cœurs sont ouverts à tout le monde", a déclaré aujourd'hui Rached Ghannouchi, le chef de file du parti tunisien islamiste Ennahda. Zoubeir Souiss/Reuters

Au lendemain de l’annonce officielle par la commission électorale (Isie) de la victoire du parti islamiste Ennahda aux élections du 23 octobre avec plus de 41% des sièges de la nouvelle assemblée constituante, Rached Ghannouchi a réaffirmé aujourd’hui "son engagement envers les femmes de Tunisie pour renforcer leur rôle dans la prise de décision politique, afin d'éviter toute marche arrière sur leurs acquis", lors d'une conférence de presse, précisant que 42 des 49 élues au sein de l'Assemblée constituante étaient des femmes de son parti.

"La démocratie, c'est pour tout le monde, nos cœurs sont ouverts à tout le monde, on demande à tous nos frères quelles que soient leurs orientations politiques de participer à l'écriture de la constitution et l'instauration d'un régime démocratique", a ajouté le leader d’Ennahda.

 

Interdits, persécutés, emprisonnés ou condamnés à l'exil par la dictature de Ben Ali jusqu'à la chute de ce dernier en janvier, les islamistes se retrouvent en position de force dans la future assemblée qui va devoir constituer un nouvel exécutif et élaborer une constitution.

Ennahda dispose en effet de 90 élus dans la nouvelle assemblée qui en comprend 217 et devance les quatre principales formations de la gauche tunisienne -le Congrès pour la République (CPR), Ettakatol, le Parti démocrate progressiste (PDP) et la coalition du Pôle démocratique moderniste (PDM)-, qui en totalisent 73. Des partis avec qui Ennahda devra composer.

Les islamistes peuvent se targuer, aujourd'hui, d'avoir remporté les premières élections libres organisées dans la foulée du "printemps arabe" qui devait conduire à la chute de Ben Ali en Tunisie et d'Hosni Moubarak en Egypte.

 

Rached Ghannouchi a également appelé au calme à Sidi Bouzid, théâtre de violences depuis l’annulation, annoncée jeudi soir par l’Isie, des sièges remportés par la Pétition populaire de Hachmi Haamdi, riche homme d’affaires originaire de cette ville du centre de la Tunisie, berceau de la "révolution du Jasmin". Ces sièges ont été annulés dans six districts électoraux en raison d'infractions aux règles de financement de la campagne électorale. Hachmi Haamdi avait soutenu Ben Ali par le passé et a effectué une campagne électorale aux accents populistes sur une télévision basée en Grande-Bretagne, dont il est propriétaire.

 

Les forces de sécurité tunisiennes tentaient aujourd’hui de disperser une foule de manifestants qui cherchaient à attaquer les bureaux du gouvernement régional de Sidi Bouzid, ont rapporté vendredi des témoins. "L'armée tente de disperser les manifestants en tirant en l'air et en utilisant du gaz lacrymogène", a indiqué un des témoins Attia Athmouni, joint par Reuters au téléphone. Selon un autre témoin, Mahdi Horchani, l'armée est intervenue lorsque la foule a tenté de s'en prendre au bureau du gouverneur.

 

En début-d'après midi, un porte-parole du ministère de l'Intérieur a annoncé qu'un couvre-feu serait instauré à Sidi Bouzid à partir de ce soir 19H00 (18H00 GMT) jusqu'à 05H00 demain matin (04H00 GMT), "et ce tous les jours jusqu'à nouvel ordre".

 

Hachmi Haamdi avait soutenu Ben Ali par le passé et a effectué

une campagne électorale aux accents populistes. Photo AFP

 

Dans la nuit, la police avait tiré des grenades de gaz lacrymogène pour disperser des centaines de manifestants rassemblés à Sidi Bouzid, agglomération à l'origine de la révolte provoquée par le suicide d'un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, il y a dix mois.

"Ils ont incendié une grande partie des locaux de la mairie et on n'a pas vu la police", a commenté un habitant de la ville joint au téléphone par Reuters. Les manifestants auraient également mis le feu au bureau de campagne d'Ennahda et ont brûlé des pneus dans les rues.

 

"Je me retire officiellement de cette opération politique suite à l'annonce de l'invalidation des suffrages exprimés par des milliers de votants, en particulier à Sidi Bouzid, le flambeau de la révolution", avait déclaré Haamdi jeudi soir après l’annonce de l’invalidation de ses listes par la commission électorale. "La participation de la Pétition populaire n'a plus aucun sens, nous ne ferons aucun recours, nous nous retirons simplement de l'assemblée", avait-il ajouté, dénonçant "une violente campagne de dénigrement" et un "black-out total sur sa liste durant la campagne" en Tunisie.

 

Dans une campagne continue sur la chaîne de télévision Al-Mustakilla, dont il est propriétaire, le riche businessman avait promis la gratuité totale des soins médicaux et une allocation de 200 dinars (100 euros) pour chacun des 500.000 chômeurs du pays. Il avait s'était aussi engagé à injecter 2 milliards de dinars (un milliard d'euros environ) dans le budget de l'Etat adopté par le Premier ministre sortant Beji Caid Essebsi.

Sa percée dans le pays a été qualifiée de "hold-up électoral" par un dirigeant de la gauche.

 

L'invalidation de six des listes annoncée par le président de le Commission électorale Kamel Jendoubi a été accueillie par un tonnerre d'applaudissements et un hymne national lors de la conférence de presse sur le résultat final provisoire des élections.

 

Au lendemain de l’annonce officielle par la commission électorale (Isie) de la victoire du parti islamiste Ennahda aux élections du 23 octobre avec plus de 41% des sièges de la nouvelle assemblée constituante, Rached Ghannouchi a réaffirmé aujourd’hui "son engagement envers les femmes de Tunisie pour renforcer leur rôle dans la prise de décision politique, afin d'éviter toute marche arrière sur leurs acquis", lors d'une conférence de presse, précisant que 42 des 49 élues au sein de l'Assemblée constituante étaient des femmes de son parti.
"La démocratie, c'est pour tout le monde, nos cœurs sont ouverts à tout le monde, on demande à tous nos frères quelles que soient leurs orientations politiques de participer à l'écriture de la constitution et l'instauration d'un régime démocratique", a ajouté le leader...
commentaires (2)

Promesses bourdes. Calmons les esprits aujourd'hui pour mieux les asservir demain. Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

15 h 03, le 28 octobre 2011

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • Promesses bourdes. Calmons les esprits aujourd'hui pour mieux les asservir demain. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    15 h 03, le 28 octobre 2011

  • - - Allez c'est bon , encore quelques annulations , et Ennahda se retrouve avec une majorité absolue au parlement ! Et ce n'est pas fini mes cocos Tunisiens , vous allez voir ce que vous allez voir , que de promesses pour les femmes et les autres .. Mabrouk et commencez à transformer vos hôtels ' vides " en mosquées ou écoles coraniques , reste à savoir avec quel argent , et quels instructeurs ! Saoudiens ou bien d'Afghanistan ou peut-être des frères musulmans d'Egypte , et pourquoi pas des émirats ou du Pakistan ..... Ya haram .

    JABBOUR André

    10 h 03, le 28 octobre 2011

Retour en haut